‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 135 sur 179 · SECTION DES NERFS ELE<:TR1QI:ES · texte numérisé non relu

SECTION DES NERFS ELE<:TR1QI:ES

marqué sur les préparations des lames normales faites en suivant la même méthode.

Les segments inlerannulaires, dont on apprécie encore la limite, contiennent plusieurs noyaux (voy. PL VI, fig. 3). Dans le court espace qui sépare deux étranglements, on en compte deux, trois ou quatre, à côté Tun de l'autre, ou séparés par des boules de myéline. Ces noyaux, plus volumineux qu'ils ne sont à l'état normal, remplissent exactement le calibre du tube, et le cylindre-axe est coupé à leur niveau. La myéline forme des boules colorées en gris bleuâtre, à côté desquelles se remarquent des granulations graisseuses d'une teinte brune plus ou moins foncée. Quant aux noyaux de la gaîne secondaire, ils ne présentent aucun signe de multiplication.

Sur les libres nerveuses de second ordre, c'est-à-dire sur celles qui ne présentent plus de gaine de myéline ni de segments interannulaires, le cylindre-axe est conservé ; il n'est interrompu nulle part. Cependant il ne présente pas sa constitution normale; il est légèrement atrophié; entre lui et la gaine de Schwann il existe de petits amas allongés de granulations graisseuses. Ces modifications sont analogues à celles qui surviennent dans les fibres de Remak (voy. p. 15) comprises dans le segment périphérique d'un nerf sectionné, ce qui ne doit pas vous surprendre, puisque, à ne considérer que leur structure élémentaire, les fibres terminales de l'organe électrique et les fibres de Remak ont beaucoup d'analogie.

Si nous suivons les fibres de second ordre dans leurs ramifications, nous constaterons qu'elles sont toutes parfaitement conservées jusqu'aux rameaux en bois de cerf; sur aucun point de leur trajet elles ne présentent d'autres allérations que les amas de granulations graisseuses dont je yiens de vous parler.

0IICA\E ÉLECTRIQUE DE (,A TOIH-ll-LK-

Examinons mainleiiaiil l' arborisation terminale avec im. objectif puissant; nous reconnaîtrons qu'elle est conscrrée. Son dessin, ce dessin caraelcristique, dilTère de celui des lames normales seulement en ce que le» ramusculas ner* veux qui le forment sont amincis, et que les l'spaccs qui separent cfs derniers se sont agrandis. En un mot, il y a uae ItSgère atropliin dos ramifications terminales, mais leur forme csl conservée.

Avant d'aller plus loin, je dois vous faire remanjuer combien CCS différents faits sont favorables à la manii*n! ùe voîp que je vous ai exposée sur la nature du processus dit désénéralif des nerfs seelionTiés. Je vous ai dit, vous vous en wb- i venez (p. 70, et t. I. p. 524), que ce processus consi»le dans la section des cylindres-axes sur un plus ou moins grand nombre de points h la suite de l'accroissement du protoplasma des segments interannulaires cl de la multiplicalion de leurs noyaux. lSI donc, dans un point quelconque du sysLèmo nerveux, il existe des fibres qui ne présentent pas de ff;iine de myéline, pas d'élranglemt-nls annulaires, pas de noyaux, il ne doit pas s'y produire d'interruption de leurs cylindres-axes lorsqu'elles sont séparées de leurs centres trophiques. C'est en effet ce que nous montrent les fibres nerveuses terminales de l'organe électrique de la torpille.

il me reste à vous dire quelques mots des autres éléments des lames, et du lissn muqucux qui les sépare. La couche intermédiaire ne présente aucune modification. On n'y remarque ni multiplication ni changement de volume des noyaux; parmi les granulations nombreuses qui s'y trouvent, les unes sont arrondies comme les normales, les autres sont de forme irrégulière.

Les cellules du tissu muqueux contiennent une quantité plus ou moins considérable de granulations graisseuses.

TERMINAISON DES NERFS DANS LES MUSaES STRIÉS. 215

Leur volume en est augmenté, mais elles ne présentent aucun signe de multiplication.

Les vaisseaux capillaires sont remplis de globules du sang et présentent des dilatations. Il s'est produit une diapédèse de globules rouges et de globules blancs dans le tissu muqueux qui les entoure; mais, tandis que les globules rouges contenus dans les capillaires ont leur forme normale, ceux qui sont emprisonnés dans le tissu muqueux sont déformés et présentent des vacuoles. Ces altérations tiennent au milieu dans lequel ils ont séjourné et prouvent qu'ils étaient extravasés depuis un temps plus ou moins long. Les globules blancs mis en liberté sont chargés de granulations graisseuses.

La rougeur, l'augmentation de consistance, la diapédèse qui se produisent dans l'organe électrique à la suite de la section de ses nerfs sont des phénomènes inflammatoires résultant de l'activité des éléments désormais séparés de leur centre d'innervation. Us sont du môme ordre que ceux qui se manifestent à la suite des sections des nerfs en général, et sont dus comme eux à l'activité particulière des éléments soustraits par la section à l'influence modératrice que le système nerveux central exerce sur eux à l'état physiologique (voy. p. 72).

terbunâison des nerfs dans les muscles stries A contraction volontaire

J'aborde maintenant une des questions les plus difQciles et par conséquent les plus disculées de l'histologie : la terminaison des nerfs dans les muscles.

Il y a trois espèces de muscles : les muscles striés à coniction brusque et Tolontaire ; les muscles striés à contrac-

au TKIIHINIISD.N UES NEFiKS DLNS LES JIUSXES STRIÉS.

lion brusque et involontaire; les mnscies lisses à cunlraclion lente.

Je m^occuperai d'abord des terminaisons des nerfs dans les muscles striés à contraction volontaire.

Avant de traiter cette question spéciale, je dois vous indiquer au<^si brièveineiiL que possible l'éliit actuel de Dcs connaissani^es sur les muscles striés. J'ai fait de l'élude des mii&cles le sujet de mon cours de l'année dernière; le résumé que je vais vous présenter ne sera peut-ôtrc pas inutile, même à ceux qui l'ont suivi. Du reste, Je me placerai aujourd'hui à un point de vue particulier : la signitïcalioo morphologique des éléments du muHcle et Icure rapports ave^ les nerfs.

Un mnside strié volontaire est composé d'un nombre vari;ilile d'éléments que l'on appelle faisceaux primitifs. Ci-s éléments sont reliés les uns aux autres par du tissu coujonclif, des vaisseaux et des nerfs ; c'est la raison pour laquelle il ost diClidlc de les isoler. Mais, comme la substance musculaire n'est pas diminuée dans sa consislance par un certain nombre d'agents qui ramollissent le tissu conjonctif, il est possible d'arriver, par l'application de ces agents, à séparer les uns des autres les faisceaux primitifs.

Il existe un grand nombre <le méthodes qui permettent d'atteindre ce but. Je ne vous en citerai qu'une, qui, par sa simplicité et par les bons résultats qu'elle donne, mérite la préférence. Elle consiste à immerger l'animal vivant ou fraîchement tué dans de l'eau à 55°. Voici comment se fait cette expérience, que je vais répéter devant vous. Un demilitre d'eau étant chauffé à ■>,V, on y plonge une grenouille; elle s'y raidit aussitôt et meurt; on In laisse dans ce bain pendant un quart d'heure à vingt minutes. Au bout de ce temps, on la retire de l'eau et on attend qu'elle soit conv plétement refroidie; on trouve alors, au-dessous de la peau,

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