DISTRIBUTION DES NERFS DANS LE MUSCLE PEADCIER THORACIQUE
est, pour ainsi dire,coinparaliveinenlà l'autre, du domaine de l'anatomie macroscopique: la distribution des tubes nerveux dans un muscle. Nous choisirons à cet effet le muscle peaucier thoracique de la grenouille. Si je me limite à cet objet d'étude, je ne veux pas dire qu'il faille toujours procéder ainsi; je crois, au contraire, que Ton peut et que l'on doit en général porter ses recherches sur un grand nombre d'objets, afin d'avoir une vue d'ensemble fondée sur une plus grande quantité de faits. Mais, dans la critique expérimentale que nous entreprenons ici, il est meilleur de se restreindre. Or, comme Reichert, qui a le premier étudié cette distribution, a fait ses recherches sur le muscle peaucier thoracique, et que ce muscle est en effet excellent pour l'examen de la distribution des nerfs, nous nous y tiendrons.
11 est vrai que, antérieurement à Reichert, Jean MûUer et Brûcke ont choisi pour leurs études sur le même sujet les muscles de l'œil du brochet, qui sont assez favorables pour l'observation ; mais nous préférons le muscle de la grenouille, parce que cet animal est très-commun, qu'il est très-facile de se le procurer, et que chacun de vous pourra sans peine vérifier les résultats dont je vais vous parler maintenant.
Le muscle peaucier thoracique de la grenouille s'insère sur le sternum ; de là il se dirige obliquement d'arrière en avant et de bas en haut pour aller s'insérer à la peau. Sur de petites grenouilles, il est si transparent et si mince qu'on le reconnaît à peine et qu'on est tenté de le prendre pour un feuillet de tissu conjonctif. Le muscle peaucier gauche est réuni à celui du côté droit par une mince membrane, de sorte que leur ensemble forme une cloison qui sépare la cavité connective sous-hyoïdienne du sac lymphatique abdominal antérieur. Cette séparation, je vous le dis ici par
5fl8 TERmflMSOS HES SERFS BANS IBS ÏTSCLES STBifiS. avance, csl incomplète, c'est-à-iiire qu't;titrc l«s raisict!aux musculaires il existe une série de fenl«8 cloisonnées à Iravers lesquelles petit se faire le i>assa£;e de la Ivmptic.
Pour dégager le mnscle peaiicier el en fain! ensuite l'extension, voici «■ommcnl il Faut procéder. l,a grenouille étant immobilisée n« moyen du ru rare ou du chlororormc, elle est étendue sur une lauit: de llége, où elle e$t fixée par des épingles implantées dans les extrémités des brus, dei^ jambes el du maxillaire, de manière i, être maintenue fortetaent en extension; les bras doivent être étendus en croii perpendiculairement à l'axe du corps. Cela fuit, on pratique à la peau une incisiun longiludinale depuis la syoïphyse pubienne jusqu'à l'os maxillaire; à la partie moyenne de l'nbdomcii, on fait partir de ceite pI■enli^re iDci^ion une seconde ineisinn transversale, et, par une tmisième incision longitudinale parlant de l'extrémité de la seconde et allant jusqu'au creux du ruisselle, on délaebe un lambeau de peau en volet. Si l'on saisit avec une pince l'ettremilè de ce lambeau et qu'on le relève, on remarque un poi[il d'iirrêl ; e'i'sl à ce rivi'iiu que se fait l'inseilion supérieure on cntnnce du muscle pcaucier tlioraciquc. En tirant un peu sur U peau en même lernps qu'on la soulève, on fait apparaître la lame musculaire dans son entier. Puis, avec de petits ciseauv courbes sur le plat, on pratique sur un de ses bords ime incision ))ar laquelle il pénètre de l'air entre elle cl la couche si)iis-jaccnic,co qui permet de micm appri-cier l'étendue et la limite inférieure du muscle. Il est dès lors facile de le dégager de toutes ses inserlions, ce qu'il (aut faire avec soin, surlout |iour son bord externi?. parce que c'est au niveau de ci' ilerniei' que pénèti-e le rameau nerveux (|ui s'y distribue.
Aiu'^i déladié, le muscle est élalésnr une lame de vorrc, sni' laquelle il faut avoir soin de l'appliquer par sa face an-
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térieure, car c'est sur sa face postérieure que se ramifie le nerf. II y est maintenu à Tabri de la dessiccation au moyen de rhaleine, jusqu'à ce qu'on l'ait recouvert d'une lamelle ou immergé dans un réactif, suivant la préparation que Ton se propose d'en faire.
Le procédé le plus simple consiste à examiner les tissus à l'état vivant sans addition d'aucun réactif. A cet effet, lorsque le muscle est disposé sur la lame et recouvert de la lamelle, cette dernière est simplement bordée à la paraffine, pour éviter la dessiccation.
Dans un second mode de préparation, le muscle, avant d'être examiné, est traité par une solution d'acide acétique à 1 pour 100. Je ne vous recommande pas cette méthode, qui est bien inférieure à la précédente.
Une troisième méthode, qui lui est préférable, consiste dans l'emploi de la potasse à 10 pour 100. Ce réactif, rendant le muscle très-transparent, permet une bonne observation de la distribution du nerf. Cependant les réparations faites à l'aide de cette méthode sont loin d'être aussi nettes que celles que l'on obtient par le procédé suivant que je vais appliquer devant vous.
Je commence par insensibiliser la grenouille en l'immergeant dans l'eau chloroformée; puis je l'étends sur une lame de liège, les bras en croix. Je lui injecte alors sous la peau de la région thoracique, au moyen de la seringue hypodermique, un demi-centimètre cube environ d'une solution d'acide osmique à 1 pour 100. Comme j'ai introduit très-peu de la solution et par conséquent très-peu d'eau, j'évite l'action nocive de ce dernier liquide. Au lieu de pratiquer l'injection sous la peau, j'aurais pu aussi faire pénétrer la canule de la seringue sous le grand pectoral, de manière à atteindre le muscle peaucier par sa face postérieure. Il m'est maintenant très-facile de delà-
3GS T£iUI[NAISON IlîtS NEKFS DAKS LES MUSCIES STIUES! cher ce miisclu. Il n'iisl que légèremeot leinlt^, mais il esi devenu rigidt;; je le mets dans l'eau, il y flotte comme un voile.
Les meilleures preparalions sont celles que l'on obtienl en plaçant liirectement le muscle ainsi fixé entre la lamett la lamelle sans addition d'aucun liquide, de telle façon que les eliirnenls sont simplement plongés dans le mélange d'acide osmique et de plasma. Dans ces conditions, les faisceaux mu<icul3ire$ sont parlbitemenl nets et montrent leur double striation Irès^rcgulière; sur leur fond légère» ment jaunâtre, les nerfs, d'une teinte grise plus ou moins foncée, sont bien distincts.
A t'aide d'un faible grossissement, on reconnaît que dans lo mu&cle peaucier îl n'entre qu'un seul nerf : c'est celui que Reieliert siguiileet qu'il dit(^trtieom|>osé de liuit à dix tubes nerveux; je crois pourtant qu'il en contient d'habitude un nombre un peu plus considérable. Du reste, le nombre exact des tubes qui constituent le nerf à son entrée dans le mu-cle et celui des ramilicalions terminales nous importent jh^ii an point de vue ou nous nous plaçons en ce moment; il nous suflit d(( savoir qu'il y a seulement quelques lubes dans le nerf d'origine, tandis que les -dernières ramifications nerveuses sont très-ahondanles. Vous serez fnippw de ce l'ait dès le premier coup d'oeil jeté sur la prép:ir;ition.
Si nous éludions de plus près la manière dont s'o|)ère la multiplication des tubes nerveux, nous constaterons qu'elle se fait par divisiqn. Ces divisions commencent d;iiis le tronc nerveux lui-même, oiî, grâce à la netteté que lacide osmiqiie donne aux tubes à myéline, il nous est lucilc de les eonslaler; elles se l'ont toujours au niveau des éliaiiglements annulaires. Plus loin, et surtout lorsqu'ils sunt isolés, les tubes nerveux présentent des divisions encon'