HYDROPHILE. — É.MINENCE TERMINALE A L'ÉTAT VIVANT
niveau de cette éminence. Le cylindre-axe s'épanouit-il simplement dans Téminence, comme le pense Rouget, ou se continue-t-il en deux ou trois fibres pâles, comme Ta dit Krause, ou enfin présente-l-il un arrangement plus compliqué, analogue à celui qui a été décrit par Kûhne et par Cohnheim ?
Ces questions peuvent déjà être résolues en grande partie par l'étude des faisceaux musculaires des pattes de Thydrophile à Tétat vivant. Les nerfs qui se distribuent dans ces faisceaux sont extrêmement nombreux, et chacun d^eux reçoit plusieurs fibres nerveuses qui s'unissent à lui sur dîiTérents points de sa surface et dans différents plans. Pour faire une observation convenable, il faudra choisir une fibre nerveuse qui arrive exactement au bord du faisceau musculaire, ou, pour parler plus exactement, au niveau de sa coupe optique. Il est indispensable également que ve faisceau soit à Tétat d'extension. En effet, s'il est rétracté, Téminence, qui adhère à une portion de sa surface, se trouve par le fait ramassée sur elle-même, et il est impossible d'en distinguer nettement la disposition. Si, au contraire, le faisceau sur lequel elle est appliquée est assez tendu pour que sa double strialion soit très-apparente, l'éminence est étalée en surface, et elle se montre avec tous ses détails, comme dans la préparation qui est placée sous vos yeux.
Lorsqu'elle arrive sur l'éminence terminale, la fibre nerveuse s'élargit ; sa gaine se confond avec le sarcolemme, tandis que le cylindre-axe se décompose en ses fibrilles constitutives. Celles-ci s'écartent les unes des autres et se répandent à la surface d'un cône de matière granuleuse, parfois muni d'un noyau et qui se confond avec une couche protoplasmique extrêmement mince étendue sur toute la surface du faisceau musculaire. Vou«
•m l■KllHINAlso^ i»Ks M'RKs iiANs i,Es iiisi:i>N ^nifs. ^^B se lorminent, nous allons faire une preinièm expôrinnc*;. .lu prends dans ce baquel un hydrophile, cl, après l'avoir soigneusement essuyé, ju lui arrache une des psltcs |iastérieures. Vous voyez s'iîcoukir diî la plaïe une certaim* qtianlilé du liquide cavitaire de l'animal, surtout au moment où je le presse entre le pouce et l'index appliqué* sur ses faces ventrale el dorsnie; je recueille ce liquide sur une lame de verre. Puis, ouvrant la carapace du premier article de la palle, j'enlève des Taisccaus musculaires, je les place dans le liquide recueilli et je les dissocie avec les ai- Ijuîlles. Je recouvre d'une lamelle, et la prt'^paralion est prête pour l'examen. Elle contient un grand nomhre de faisceaux primitifs vivants, présentant des ondulations variées. Au bout de peu de temps, ces mouvements s'arcôte* ront dans la plupart d'entre eux, et vous distinguerez alors parfaitement, sur ceux qui seront tendus, la double strialion transversale.
En obstîrvanl avec soin le bord de ces fibres musculaires, vous y verrez arriver des tracliées et des nerfs. Vous reLonnaitrez sans peine les premières à leurs fibres spirales et à l'air qu'elles contiennent et qui les fait paraître noiies. Quant aux nerfs, ils sont caractérisés nettement, à un fort grossissement, par leur gaîne enveloppante. Celle gaînc est unique ehez les insectes; il n'y a donc pas lieu de discuter si c'est la gaîne de Schwann ou la gaîne de Henle. Dans son milieu se dislingue le cylindre-axe, qui apparaît manifestement strié en long quand l'examen esl fait avec un bon objectif sec donnant un grossissement de 500 diamètres. Ce cylindre-axe aboutit à une éminence, qui n'est autre que l'éminence découverte par Doyère chez les tardigrades.
Ce fait étant reconnu, nous devons nous demander comment se comportent la gaine du nerf et le cylindre-axe au