‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 150 sur 179 · VERTÉBRÉS. — LÉZARD · texte numérisé non relu

VERTÉBRÉS. — LÉZARD

En résumé, ces premières observations faites sur les muscles de Thydrophile nous ont permis de nous assurer de deux faits: Téminence motrice est sous le sarcolemme; la substance granuleuse dont elle est constituée n'est pas un épanouissement du cylindre-axe.

Pour aller plus loin, il faut s'adresser à d'autres objets d'étude. Passons aux vertébrés, et parmi eux choisissons le lézard. Rouget a fait ses observations sur le lézard gris (i. muralis)] Kuhne a préféré le lézard vert (Z. viridis). La différence entre les deux espèces, au point de vue de la terminaison des nerfs dans les muscles striés, n'est pas considérable. J'ajouterai même que la terminaison motrice chez le lézard diffère très-peu de celle des vertébrés supérieurs; aussi la description que je vais en faire s'appliquera-t-elle aux mammifères dans presque tous ses détails.

Les reptiles écailleux conviennent bien pour ces recherches. Comme ce sont des animaux à sang froid, leurs muscles et leurs nerfs restent à l'élat vivant assez longtemps après avoir été enlevés, et peuvent être examinés dans cet état sans qu'il soit besoin de recourir à Temploi de la platine chauffante. De plus, certains muscks des lézards présentent une disposition particulière, grâce à laquelle il est possible d'isoler aisément des faisceaux primitifs munis de leurs terminaisons nerveuses.

Les muscles que je vous conseille de choisir ne sont pas les muscles intercostaux ou ceux de la queue, que recommande Rouget. Ces muscles ont, il est vrai, comme cet auteur le dit, l'avantage d'être très-courts et par conséquent de ne pas exiger de nombreuses recherches pour trouver les terminaisons nerveuses; mais ib ne convien-

•î'i& TERMINAISON DES SERFS O/WS LES «USCLKR STBTÉS. pourrez suivre les fibrilles cjlindraxiles juaqu'it la hase de ce cône, mais il n'est pas possible de les distinguer au delà. La masse granuleuse de réminence ne saurait donc être considérée comme un épanouissenieni du cvliodreaxe.

A la base de l'éminenM, il existe le [dus souvenl, comme Kûhnc et Marge l'ont indiqué, des noyaux en assez gramie abondance; mais leur nombre n'est pas constant, et vous verrez même, sur une Jcs préparations que je »:oumet/ à votre examen, une terminaison nervcnsp au nivcnn àe laquelle il n'en esîsie aucun.

La méthode que j'ai employée pour faire cette préjiarntion permet d'snprécier le siège et le nombi-e des noyaux. Après avoir arraelié à l'animal une de ses pattes, on introduit dans l'extrémité détachée de cette patle la canule d'une seringue hypodermique, au moyen de laquelle on y inji'de de l'alcool absolu. Les faisceaux musculaires se tromenl ainsi fixés inst.intanément dans leur l'oriiie, et il csl facile ensuite, en coupant la carapace en plusieurs points, de les séparer au moyen des aiguilles. On doit pratiquer sous l'eau cette dernière partie de l'opération ; ce liquide n'exerce plus aucune action nocive sur les élémcnlsdélicats lorsqu'ils ont été fixés par l'alcool. Une fois isolées, les ûbres musculaires sont colorées au moyen du picrocarminate, lavées à l'eau pour enlever l'excès de la matière colorante et montées dans la glycérine additionnée de 1 pour 100 d'acide formiqne. Dans ce liquide conservateur, les préparations s'améliorent avec le temps. D'autre part, il arrive souvent que, sous l'influence de l'acide, le sarcolemme est soulevé et détaché de la surface sous-jacente, ce qui permet de re- .connaître que l'éminence de Doyère est bien réellement audessous de cette membrane et attachée directement à la substance striée.

LÉZARD. — ÉTUDE AU MOYEiN DES AfJDES DILUÉS. 281

met, comme je l'ai fait ici, de petits fragments de muscles de lézard dans quelques centimètres cubes de la solution d*acide chlorhydrique, on constate qu'ils deviennent d'abord opaques; cet effet est dû à la coagulation d6 la myosine. Mais ensuite ils deviennent transparents, parce que le réactif, continuant à agir, produit de la syntonine qui se dissout à mesure. Gomme celte action s'exerce progressivement de la périphérie au centre, les fragments de muscle, s'ils sont un peu volumineux, se présentent au bout de vingt-qualrc heures tels que Je vous les montre ici. Ils possèdent une partie centrale opaque, entourée d'une couche périphérique transparente plus ou moins épaisse. C'est cette couche sur laquelle les histologistes ont porté leurs observations. Détachons-en une portion avec les ciseaux, et, à l'aide de la pince et des aiguilles, dissocions-la sur une lame de verre dans une ou deux gouttes de la solution d'acide chlorhydrique; recouvrons d'une lamelle et examinons.

 un grossissement faible, nous voyons les tubes nerveux à myéline, reconnaissables encore, bien que notablement altérés, arriver jusqu'aux faisceaux pi imitifs et s'y terminer brusquement. C'est sur le point où la fibre nerveuse s'unit au faisceau musculaire que nous devons porter notre attention.  cet effet, il faut chercher dans la préparation un faisceau primitif situé superficiellement et présentant à l'observation une terminaison nerveuse. Il est vrai que l'on aperçoit également cette terminaison sur les faisceaux situés dans le second ou le troisième plan, grâce, d'une part, à la transparence de la substance musculaire, et d'autre part, à la possibilité de mettre nettement au point pour une profondeur quelconque de la préparation ; néanmoins l'observation minutieuse dés détails, telle qu'il convient de la faire, serait gênée par les faisceaux superposés.

9119 TERHINAISON IffiS KRRPS tUHS LUS VCSOSS StKttS.

Ajaiit donc trouvé iiti faiweau situé supcrficifllciiicnl <|ui pos<v('rie, sur un di; sos points directetiK^iit arressible è l'observation, uns temiiriaisun nerveuse, se prèsenlanl soit de face, soit de profit, appliquons à son ex;imen un grossissement lie "lOO à 500 diamiitres. Nous y coiistat«roii* d'iibord une slrialion transversale irès-netle, bien qu'un peu irrégulifire. ta nclttlé de cetla slrialion est due à l'arlion de l'acide chiorhydriqiie. Nous savons en elTel que r« réactif, comme Inus ceux qui ramollissent les muscles {voj. p. 225), tend S din-omposer liw fiiisccaux en disques supcrpost's et exagère par conséquent les stries transversales.

Supposons que lu fibrt^ nerveuse atteigne le faisceau primitif par son bord, comme dans la préparation que j'ai disposée devant voui, et <loinie lieu par consé<|iietit à iino vue de profil.

Cette fibre semble s'nrrâter brusquement au niveau de la subslnnr:e striée, et finir par le rc^nflenieul terminal du dernier segment interannulnire. Si nous suivons à ce nivo;iii 1(! Irajel ilc h p.iriic de Ilfulc, dnnl le corilour est liès-nel, nous la voyons se confondre des deux côlés avec le sarcolonimo. De ccLle première observation nous devons conclure que ce n'est pas la membrane de Scbwann qui se conliiiin' avec l'enveloppe du faisceau mnsculairo, nuis bien la gaine secondaire du lube nerveux. QiianI :i la membrane île Scinvann, elle accompagne le ri'nllemenl terminal, sur lequel elle est exaetemenl a|ipliquée. (.lue devient-elle au delà? Il est alisolunienl impossible de s'en rendre compte au moyen de cette niétbode.

Comme je vous l'ai dit, les auteurs qui admettent la continnalion du sarcolemme avec la gaine nerveuse ne di'finisscnt pas neticment celle gaîne (\oy. p. 274). Il faut

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