ÉTUDE AU MOYEN DE L'ACIDE OSMIQUE
ment il modifie rarborisalion terminale. Pour appliquer Tacide osmique, le procédé qui se présente le premier à l*esprit consisterait à baigner les faisceaux musculaires dans une solution étendue de ce réactif, dans laquelle l'action nocive de Teau serait évitée en la remplaçant par l'eau salée à 1 pour 200, qui, comme on le sait(voy. 1. 1, p. 265), altère peu les éléments (acide osmique 1, eau 1000, chlorure de sodium 5). Mais, en opérant ainsi, on s'aperçoit bientôt que l'acide osmique n'agit pas assez rapidement.
Il est donc préférable de faire usage de l'injection, interstitielle^ au moyen de laquelle le liquide fixateur arrive au contact des faisceaux tendus aussi directement que s'ils étaient isolés. L'action de l'acide osmique ne doit pas être prolongée, parce que les modifications profondes survenues alors dans la constitution des éléments empêchent leur coloration subséquente par le carmin. Aussi, immédiatement après que l'on a fait l'injection, on enlève le muscle et on le plonge dans l'eau distillée. Il y est dissocié, non pas au moyen des aiguilles, mais surtout à l'aide des ciseaux et de la pince. Voici pourquoi : Lorsqu'on opère seulement avec les aiguilles pour isoler un faisceau musculaire, le tube nerveux afférent de ce dernier est déchiré, et le plus souvent il se brise au point où il entre dans Téminence terminale, ce qui empêche de reconnaître l'origine de l'arborisation; ou bien, s'il en reste un fragment adhérent au faisceau musculaire, ce fragment aura été tiraillé et il y sera survenu des modifications qui empêchent de reconnaître exactement les rapports et la disposition de l'arborisation terminale. Si au contraire on commence par diviser le muscle avec des ciseaux en petits fragments, en ayant soin de faire les sections aussi parallèlement que possible à la direction des faisceaux musculaires, et que l'on sépare ensuite ces derniers délicatement dans l'eau à l'aide des ai-
502 TEBHINAISON DES NEAFS D.W(S LES HL'SaES STRIES, l'acide forraiquc après l'aclion de l'acide osmïque et du
Celle méthode me conduit à vous parler de l'élude de la terminaison des nerfs dans les muscles à l'aide de l'acide osmiquc, soil employé seul, soit avec trailemenl consécutif par des matières colorantes diverses.
Il est à peine nécessaire de vous rappeler l'action de l'acide osmique sur les nerfs. Vous savez que, colorant la myéline en noir, il laisse le cylindre-axe h peu près incolore. Quanl à la substance musculaire, il lui communiipJC une teinle jaune lirunûtre plus ou moins intense, suivant que son action a été plus ou moins prolongée ou que la solution employée a été plus ou moins forte.
Lorsque les faisceaux contiennent des granulations graisseuses, ce qui se rencontre fréquemmenl cliez les reptiles et chez les batraciens, ils présentent, après l'action de l'acide osmique, un aspect analogue h celui qu'ils possèdent après le traitement par la méthode de l'or (voy. p. .298). Ces granulations, disposées en séries linéaires et coloréesen brun par l'osmium, figurent dans l'intérieur du faisceau .primitif une striation longitudinale grossière. Ce fait seul suffirait à montrer que les lignes colorées par l'or dans les faisceaux musculaires, et qui sont les mêmes que nous voyons noircies sous l'influence de l'acide osmique, ne peuvent pas être des expansions nen'euses terminales. En effet, chez les reptiles et chez les mammifères les ramifications nerveuses terminales ne soot pas colorées par l'acide osmique, attendu qu'il ne manifeste nettement dans les nerfs que la myéline.
Connaissant l'action de ce réactif d'une part sur les nerfs, de l'autre sur les muscles, il nous reste à rechercher com-