‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 2 sur 179 · PREMIÈRE LEÇON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE LEÇON

(5 OÉCEMDRE tS'e)

Propriétés générales du système nerYenx.

Sensibilité et motricité. — Le luouTemcnt est la réaction expérimentale de la sensibilité. — Éléments individualisés jouissant de ces propriétés sans trace de système nerveux : Globules blancs du sang. Ëtude de leurs mouvements d:nis une cbaïubre bumidc, dans les vaisseaux sanguins. — Organes individualisés : Le cœur. — Diiïércnciation du système nerveux dans la série animale. — I/ainibe. — L'hydre : Cellules neuro-musculaires de Kleinenberg. — Cellules nerveuses différenciées. — Ganglions nerveux. — Le système nerveux contrai joue un rôle modérateur. — ISutritivitc. — Les centres nerveux servent à la régulation de la nutrition.

Mkssikuus ,

Le système nerveux se révèle à nous par deu.v propriétés essentielles, la motricité et la sensibilité. Il possède encore d'aiilres propriétés moins importantes en apparence, moins évidentes, et sur lesquelles nous aurons à revenir plus tard.

Nous ne connaissons d'abord la sensibilité que par l'observation que nous en faisons sur nous-mêmes. Nous pouvons répéter et modifier cette observation en provoquant,

K\?tVIEn, STST. 5ERV., T. I. 1

3 PROPRIÉTÉS GÉNÉR^^LES DD SYSTÈME IfERVEli.

en réveillant notre sensibilité, et nous faisons alor» une auto-expérience.

En dehors de cette connaissance subjective, nous ne savons rien de la sensibilité comme telle. Chez les autres hommes et chez les animaux, nous la supposons semblable à celle que nous possédons, à cause de Tanalogie des eflels visibles que nous y constatons avec ceux qu^elle provoque chez nous. Ces eflels. qui peuvent élre tnVvariés, tels que des gestes, des cris. Texpression de douleur de la face ou Tattitude du corps, sont tous, quand on les considère dans leur ensemble, des mouvements.

Tantôt ce sont des mouvements proprement dits : Tanimal que vous pincez à une {^itte déplace cette patte ou prend la fuite; tantôt c'est un cri. c'est-à-dire un mouvement de la cape thoracique et du larynx; tantôt aussi, à la suite de la douleur, il ^ument des changements de coloration d'une partie do la surface du cor{>s ou du coqis tout entier, œ sont des mouvi'mcnt> du s;mg ou des cellules pîgnientaîres; tantôt encore une modilication du poli de celte surface, c'e^t un mouvement de la peau elle-même.

â donc la réaction e\|iérimentale de la sensibilité chez .les animaux est toujours un mouvement, il convient* en •ciM^prenant l'étude du système neneux. de porter ses pivmîères recherches sur les organes du mouvement, sur les muscles. Aussi le système musculaire a-t-il d^abord été Tobjet de ni*1re examen: nous nous en sommes occupés dans r.otre cours de l'année demit*re.

Celte année-ci. n^«us ni;»us pro|H>si»ns de continuer cette étude^ d'entrer plus avant dans la question et de poursuivre avec vous Tanaljse hist»4ogique du système nerveux. En suiv.^nt cet oTvîre L'ji'jue. nôu> «Kn.>ns nou« demander maintenant quels sont K^s ra:'}y«rts du nerf et du muscle: comment agit le nerf sur le muscle pi»ur y déterminer la

SENSIBILITÉ ET MOTRICITÉ. 3

contraction. Pour résoudre ce problème, il nous faudrait examiner tout d'abord la manière dont les nerfs se terminent dans les muscles. Mais celte recherche ne saurait êlre entreprise sans une connaissance exacte du nerf lui-même, et par conséquent le premier objet de notre étude sera la structure du nerf.

Avant de vous exposer le plan que nous allons suivre^ permettez-moi de revenir sur les propriétés du système nerveux et d'insisler encore sur les phénomènes de la motricité et de la sensibilité. Sur ce terrain, en effet, la physiologie a précédé Tanatomie. L'homme a souffert, il a éprouvé des jouissances, il a exécuté des mouvements, bien longtemps avant de savoir qu'il y a dans son organisme des parties affectées spécialement n ces fonctions.

Il convient même d'ajouter que ces fonctions essentielles, sensibilité et motricité, peuvent exisler dans des organismes où jusqu'ici on n'a rien distingué qui ressemble à un système nerveux. Ces organismes élémentaires sont les amibes. Nous y reviendrons; mais, avant de descendre dans l'échelle des êtres organisés pour y chercher nos exemples, nous trouverons chez les animaux supérieurs, chez les vertébrés, et faisant partie intégrante de ces animaux, des organismes analogues de tous points aux amibes et se comportant de même. Ce sont, comme vous le savez, les cellules lymphatiques ou les globules blancs du sang.

Examinons d'un peu plus près ces éléments.

Les cellules lymphatiques des animaux à sang chaud présentent des mouvements caractéristiques, quand on les étudie à la température du corps de l'animal dont on les a extraites. Les cellules lymphatiques de la grenouille montrent les mêmes mouvements à la température ordinaire. On a pu se demander si oes mouvements sont bien des

i PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DL SÏSTÈME NERVEUX. "

mouvements |iliysiologiqucs, (iêtcrmînés par l'activilé de la cellule, ou si ce ne seraient pas plutôt des mouvements d'ordre purement physique, analogues, par exemple, au mouvement brownien. Il suffit d'être témoin de l'activité des cellules lymphatiques pour se convaincre de la spontanéité de leurs mouvements. Quelques expériences Tonl même nous démontrer, de la manière la plus nette, que cette activité ne survient pas au hasard, qu'elle est intelligente jusqu'à un certain degré. Les prolongements que jioussc la cellule se montrent sur les points où elle subit une irritation. La cellule perçoit donc l'excitation, elle est

sensible, et elle répond par la réaction caractéristique do la sensibilité, le mouvement.

Plaçons d:ins une chambre humide {iig. l) (porte-objet spécial que vous connaissi'z tous) une goutte de lymphe recueillie dans le sac dorsal d'une grenouille. La couche de lymphe que nous allons examiner maintenant sera plus ou moins épaisse suivant la construction de l'appareil.

Supposons d'abord que son épaisseur soit un peu supériuuro au diamèlre d'un globule blanc, qu'elle mesure un à deux centièmes de, miUimèlrc.

A un grossissement de 400 ou 500 diamètres, nous ver-

SENSIBILITÉ F.T MOTRICITÉ.

rons les cellules lymphatiques les plus actives envoyer des prolongements au niveau des surfaces de verre, c'est-à-dire aux points où elles sont irritées par leur contact. Les prolongements qui naissent à la face inférieure de la cellule atteignent le disque de verre s (fig. i) , s'étalent à sa surface et s'y cramponnent. A la face supérieure de la cellule, il naît également des prolongements qui vont s'attacher à la lamelle recouvrante. Certaines de ces cellules paraissent ainsi fixées aux deux surfaces par les prolongements dont elles se hérissent à leur niveau, tandis que le reste de l'élément, suspendu entre elles, demeure lisse et régulier.

Si l'épaisseur de la couche de lymphe est plus considérable, on observera des cellules à différents niveaux, les unes immédiatement au-dessous de la lamelle recouvrante, les

autres immédiatement au-dessus du disque de la chambre humide, d'autres enfin flottant dans le liquide de la préparation. Ces différentes cellules ne se comporteront pas toutes de la même façon. En général (je dis en général, parce que le fait n'est pas consUmt et que, par exemple, lorsque l'on vient de faire une préparation, toutes les cellules sont irritées), en général, les cellules qui flottent librement dans le liquide ont une forme arrondie, ou, si au début elles présentent des prolongements, ces prolongements rentrent bientôt dans le corps de la cellule, des que l'irritation, qui les avait fait naître, a disparu. Mais bientôt un certain nombre d'entre elles, grâce à leur pesanteur spécifique, tombent à la surface du disque, et, dès qu'elles ont touché cette surface qui les irrite, elles poussent des prolongements. Ces prolongements deviennent de plus en plus longs et s'étendent sur la lame de verre, de telle sorte que la cellule tout entière finit par y être étalée sous la forme d'une lame de protoplasma très-mince.

Dans la couche supérieure de la préparation, les cellules

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