‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 3 sur 179 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ces deux volumes contienuent les leçons que fai laites pendant Tannée scolaire 1876-1877.

Ceux qui les ont suivies comprendront le but que je me suis proposé en les puljliant; ce n'est pas jiour eux que j'écris ces quelques lignes.

Mais il en est d'autres qui, par suite de leurs occupations ou de Téloignement, n'ont pas pu assister a mon cours, tout en en avant le désir. Il importe qu'ils soient renseifoiés.

Je lear dirai d'abord qu'au Colb'^e de France rens*ri<niement de l'anatomie prénéraie est une éma- Bation de la chaire de médecine, dans laquelle il i Aé Cïjinpris durant quelques années.

jf. Claude Bernard est mon maître. J'ai adopté

8 PKOPUIÉTÉS GÉNÉRALES Dr SYSTÈME NERVEUX.

loîîues, qu'il en est de même pour Teslomac, pour Tintestin, etc., quand on les a séparés du resle de l'organisme. Leurs mouvements sont plus lents et moins apparents que ceux du cœur; mais, comme le cœur, ces organes continuent à se mouvoir, sont sensibles à l'action d'un excitant mécanique ou chimique, à la chaleur, h l'électricité.

Néanmoins, les organes ainsi individualisés ne sont pas indépendants du système nerveux central au même titre que la cellule lymphatique; ils sont en connexion avec ce système et sous sa domination. Le cœur continue de battre lorsqu*il est isolé ; mais, dans l'organisme, ses battemenis s'accélèrent, se ralentissent ou se suspendent sous l'influence du système nerveux cérébro-spinal. L'action des émotions sur les battements du cœur est un fait banal; d'autre part, si l'on reprend l'expérience classique de Weber, si l'on excite le nerf pneumogastrique, le cœur s'arrête. Ces observations, choisies entre un très-grand nombre d'autres, démontrent donc que le cœur, bien que constituant un organe individualisé, n'est pas complètement indépendant de l'action du système nerveux central.

Mais revenons aux éléments proprement dits. Nous en avons étudié le type le plus indépendant du système nerveux, et par conséquent le mieux individualisé. A l'autre extrémité de la série, nous trouverons le faisceau musculaire strié; cet élément peut être considéré comme Tesclave du système nerveux central, c est-à-dire que toute fonction paraît y avoir disparu devant celle de se contracler quand il en reçoit l'ordre. Entre ces deux extrêmes, il y a toute une série d'inli^rmédiaires dont la vie est plus oa moins indépendanU», dont Texistence individuelle est plus ou moins acciiséi*.

Il est remarquable tUt voir que, plus un élément sVloigne du type primitif que nous avons analysé en premier

SENSIBILITÉ ET MOTRICITÉ. 9

lieu, de cette cellule lymphatique dans laquelle nous n'avons trouvé aucune organisation spéciale, plus il se spécialise, pour ainsi dire, dans un travail, et dans un travail que lui commande le système nerveux central, moins sa vie individuelle est accusée.

Ainsi la cellule lymphatique, il est facile de le reconnaître, se nourrit et sécrète, sent et se meut ; elle a toutes les propriétés d'un animal complet. Mais, dans une cellule plus spécialisée par sa fonction, les propriétés qui ne sont pas en rapport avec cette fonction n'existent plus que d'une façon latente.

Cette individualisation différente des éléments qui constituent l'organisme doit encore être considérée à un autre point de vue. Plus la vie d'un élément se confond avec celle de l'être tout entier, plus aussi il dépend de la force qui maintient sa forme. Je m'explique. II y a dans l'organisme une force qui ne dépend pas du sysième nerveux, puisque le système nerveux lui-même y est soumis, force qui maintient la forme de Tanimal. Cette force, et j'entends le mot force dans le sens des physiciens, appartient non-seulement à l'animal, mais à l'espèce. On se demande même aujourd'hui, comme vous le savez, si cette force qui maintient la forme est constante ou si elle est variable.

Les différents éléments de l'organisme lui sont soumis, mais à des degrés différents. Ils en dépendent d'autant plus qu'ils sont plus él.evés en organisation. C'est ainsi que la cellule lymphatique, qui représente le degré le plus inférieur, est jusqu'à un certain point indépendante de la force qui maintient la forme du corps tout entier; elle est fixée ou en migration, circule dans un vaisseau ou s'arrête dans un tissu, sans avoir un rôle bien précis dans la forme de l'être. Le faisceau musculaire, au contraire, est absolument dépendant de la force dont nous parlons; il se développe dans

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