COUPES. — DURCISSEMENT DANS L'ACIDE CHROMIQUE
des zigzags plus accusés que si le nerf n'avait pas du tout été soumis à l'extension.
Je commence par les détails relatifs au durcissement des nerfs dans l'acide chromique.
Les solutions d'acide chromique doivent être faites à i ou à 3 pour 1000; elles doivent être très-abondantes. Vous trouverez du reste des renseignements à ce sujet dans tous les traités de technique. Le temps nécessaire pour obtenir un durcissement !§ufGsant varie d'une à trois semaines, suivant la grosseur du nerf et la quantité de la solution employée. Le plus souvent il est avantageux, pour augmenter la consisfonce du nerf et pour faciliter la section, de le soumettre ensuite à l'action de l'alcool, après l'avoir laissé dans l'eau un temps suffisant pour enlever l'excès d'acide chromique.
Passons maintenant à la manière de pratiquer les coupes. A moins qu'il ne s'agisse du sciatique du cheval ou du bœuf, les nerfs que Ton soumet au durcissement sont Irop minces pour pouvoir être saisis commodément entre les doigts; de plus, bien qu'ils soient durcis, ils ont encore une certaine flexibilité qui leur permettrait de se dérober plus ou moins sous la pression du rasoir et amènerait à faire des coupes irrégulières. 11 est donc nécessaire, pour les maintenir, de les inclure dans une masse que l'on puisse tenir à la main sans fatigue. J'entre dans tous ces détails, parce que, si vous voulez répéter les observations et les expériences dont je vous entretiens, ils sont indispensables à connaître.
Le premier procédé dont je vous parlerai consiste à inclure les nerfs dans de la moelle de sureau. A cet effet, on perce dans Taxe d'un fragment de cette moelle un trou avec
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une aiguille et on l'agrandit, comme vous me le voyez faire ici , en en déprimant'les parois jusqu'à ce que le segment nerveux y enlre librement. On y engage ce dernier et Ton plonge * le tout dans Teau. Ce liquide, pénétrant dans les cellules de la moelle de sureau, qui ont été comprimées, les gonfle et les fait revenir à leur volume primitif. Au bout d'un instant, comme vous pouvez le constater, l'espace entre la moelle de sureau et le nerf a disparu, et l'objet est solidement maintenu par pression dans la cavité qui lui reste.
Dans un second procédé d'inclusion, on se sert d'un mélange de cii*e et d'huile, dont on calcule les proportions de telle façon qu'à froid il ait à peu près la même consistance que l'objet à y inclure. Ce mélange est chauffé modérément au-dessus d'un bec de gaz ou d*une lampe à alcool jusqu'à fusion. Pour le contenir, on prépare une petite cuvette rectangulaire en papier, sur le fond de- laquelle on fixe le nerf dans la position favorable pour faire la coupe, au moyen d'une épingle passée à son extrémité ; il estl)on d'attendre, pour verser le liquide dans cette cuvette, jusqu'au moment où il sera près de se solidifier, de manière à ne pas risquer d'altérer les cléments par la chaleur. On obtient ainsi, après refroidissement, un petit cube commode à tenir à la main, grâce auquel on pratique à volonté sur le nerf inclus des coupes longitudinales et transversales.
Le mélange de cire et d'huile peut aussi être versé dans le microtome ; à cet effet, on introduit dans la douille de cet instrument un disque en liège qui y glisse à frottement et peut être élevé plus ou moins au moyen de la vis. La boîte cylindrique à fond mobile que l'on se procure ainsi peut cire utilisée comme la cuvette de papier dont nous venons de [)arler. Les coupes au microtome sont faciles à faire et suffisent pour certaines observations ; mais à main