‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 31 sur 179 · DISPOSITION GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

DISPOSITION GÉNÉRALE

tieuse nous amènera à nous poser des problèmes que nous n'avons pas encore abordés, et qui sont en partie déjà résolus. Quant à ceux dont la solution est encore inconnue, nous les discuterons avec vous sous leurs différentes, faces. Dans celte discussion, nous serons conduits, comme vous allez le voir, à chercher dans les autres éléments de l'organisme des analogies qui puissent nous guider. En procédant ainsi nous ne sortirons pas de notre programme. Cette comparaison des éléments les uns avec les autres rentre au contraire essentiellement dans le plan de Tanatomie générale microscopique.

En outre, nous aurons besoin de recherches particulières ' pour certains points spéciaux dont je ne vous ai pas parlé jusqu'ici, afin de ne pas encombrer notre sujet.

Les faits que nous avons constatés sur les tubes nerveux ont trait soit à leur disposition générale, soit à leur structure.

A propos de la disposition générale des tubes nerveux,

il se présente une première question : Quelle est leur longueur ?

Il est évident que celte longueur varie suivant les animaux et suivant les nerfs: mais il n'est pas prouvé que chaque tube nerveux ait toute la longueur que nous lui supposons à prioî'i d'après le nerf auquel il appartient et d'après la distribution de ce nerf. Comme, dans nos préparations, nous ne voyons jamais un tube nerveux que sur une étendue très-limitée, il serait possible qu'il se terminât à peu de distance en deçà ou au delà de notre champ d'observation.

Si nous faisons un certain nombre de préparations d'un nerf, par exemple du nerf scialique, nous voyons, dans toutes, les tubes nerveux se terminer par des extrémités

i08 TUBES NERVEUX A MYÉLINE.

sectionnées ; jamais ils ne nous monti^nl une terminaison naturelle, telle qu'on en rencontre par exemple dans les muscles pour les faisceaux primitifs. Comme ce fait s^est montré constamment dans tous les nerfs que nous avons examinés, nous pouvons en conclure qu'un tube nerveux s'étend depuis son centre d'origine jusqu'à sa terminaison périphérique.

Une seconde question intéressante est de savoir si, dans leur parcours, les tubes nerveux présentent des divisions. Nous n'en avons pas observé sur les différents troncs nerveux que nous avons soumis à la dissociation , comme, par exemple, le nerf sciatique, le nerf médian, etc. Mais il ne suit pas de là qu'il n'en existe pas en réalité, car avec le procédé que nous mettons en usage pour séparer les tubes nerveux, elles pourraient très-bien nous échapper. Supposons en effet un de ces tubes qui présenterait une division en forme de fourche ou d'\. Si nous dissocions le nerf de bas en haut, nous déchirerons évidemment le point d'attache, et nous ne pourrons reconnaître la bifurcation.

D'autre part, les petits nerfs du poumon de la grenouille nous ont montré des exemples remarquables de divisions de tubes nerveux, et, comme nous aurons l'occasion de le voir plus lard, ces divisions sont communes dans les ramifications terminales des nerfs. Il s'agissait de savoir si ces divisions sont limitées aux rameaux périphériques ou si elles existent dans les troncs nerveux en général.

Parmi les nerfs sur lesquels des recherches relatives à cette question peuvent être faites, je dois vous signaler les nerfs de la raie. Chez le chien et le chat, animaux sur lesquels ont porté nos éludes, il est facile de découvrir et d'isoler ces nerfs dans le mcsosplénique.

Constitués surtout par des tubes nerveux sans myéline.

DIVISIONS DiNS LES TRONCS NKRYEUX. — DIAMÈTRE. 100

dont nous nous occuperons bientôt, ces nerfs contiennent en outre quelques tubes à myéline. Comme nous possédons, d'une part, des réaclils qui nous permettront de rendre le nerf transparent dans toute son épaisseur, et que, d'autre part, grâce à l'acide osmique, nous distinguerons nctlementjes tubes à myéline épars au milieu des autres, on conçoit que les nerfs de la rate soient très-favorables pour élucider la question qui nous occupe.

Dans ce but, après avoir enlevé un segment de l'un des troncs nerveux de la rate, on le plonge dans l'acide osmique pendant quelques minutes, pour en fixer les éléments et colorer la myéline; puis il est mis pendant vingt-quatre heures dans le picrocarminate, et, après avoir été lavé, il est traité sur la lame de verre par l'acide acétique concentré. Ce réactif peut être employé sans crainte, car il est loin d'avoir après l'acide osmique l'action énergique qu'il aurait sur les tubes nerveux à l'état frais. Ensuite, on ajoute de la glycérine, on recouvre d'une lamelle et l'on pratique l'examen. Le nerf est devenu transparent. Au milieu d'une masse claire, parsemée de noyaux rosés, les tubes nerveux à myéline se détachent nettement et sont aussi faciles à étudier dans tous leurs détails que s'ils avaient été isolés. On a ainsi l'avantage de les examiner sans aucune des modifications que leur aurait (ait subir Faction des aiguilles [icndant la dissociation.

Parmi ces tubes, on en rencontre qui se bifurquent au niveau d^'un étranglement annulaire. Cette ob^nation nous montré que les tubes nerveux â myéline peuvent se diviser dans rintériear même des troncs nerveux; elle doit conduire à hir^ des recherches sur les autres nerf» pour savoir si, dans leur trajet, les luLes à rniéîine qui le^ constituait préseoteot des diTÎskms du ir^':fr^ 'd/mr^,,

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iiO TUBES NERVEUX Â MYÉLINE.

veux. Je dois vous dire d'abord que ce diamètre est excessivement variable, comme le montre une coupe transversale faite sur un nerf mixte par une des méthodes que nous avons indiquées (ûg. 6, pi. II).

Je vous rappellerai que Ton peut aussi apprécier l'épaisseur des tubes nerveux lorsqu'ils ont été dissociés après l'action de l'acide osmique, et que Ton s'en rend compte également bien sur les nerfs vivants.

En considérant maintenant les espèces animales, nous devons reconnaître qu'il n'y a pas de rapport entre la taille des individus adultes et la laideur de leurs tubes nerveux à myéline. C'est ainsi que chez l'homme, le lapin, le chien, le rat et la grenouille, les plus gros tubes nerveux ont le même diamètre, tandis que chez quelques poissons, la raie par exemple, nous rencontrons des tubes nerveux dont l'épaisseur est trois fois* plus considérable que celle des plus gros tubes nerveux des espèces que nous venons de citer.

Dans une même espèce, le diamètre des tubes à myéline varie suivant Tàge. Ils s'accroissent à mesure que l'animal grandit, jusqu'à ce qu'il ait atteint son complet développement.

On a divisé les tubes nerveux en catégories ; on en distintinguo de minces* de moyens et de gros. Celle classification est tout à fait arbitraire, car ils ont toutes les dimensions intennêdiair^ entre deux millièmes cl trente millièmes de millimètre et même plus.

Nous abordons maintenant la seconde partie de ces con* siiU^lions srêuêrales, celles qui sont relatives à la slructurv^ des tubes nerveux à myéline. Ici nous verrons les prv>blomos se prcsonler on foule.

I/anahso que nous avons faite du tube nerveux vous a

STRUCÎURE. 'ill

montré suffisamment combien sa structure est complexe. Nous avons à revenir sur toutes ses parties — la gaine de Sch^rann, la gaine de myéline, le cylindre-axe, les noyaux et le protoplasma des segments intcrannulaires, les étranglements annulaires, les incisures — pour les considérer au point de vue de leur ensemble et de leur signification morphologique.

Une première question que nous devons nous poser est celle-ci: la membrane de Schwann, la myéline et le cylindre-axe sont-ils continus? S'élendent-ils sans interruption depuis l'origine du tube nerveux dans les centres jusqu'à sa terminaison périphérique ?

Pour la myéline, comme nous l'avons vu, le problème est résolu. Elle est interrompue au niveau de chaque étranglement annulaire. Nous vous avDns démontré par une expérience (p. 61) que les étranglements incomplets admis par quelques auteurs sont le résultat de préparations insuffisantes, dans lesquelles la myéline a été déplacée artificiellement et a coulé d'un segment à l'autre en forçant ses barrières.

En ce qui regarde la membrane de Schwann, la question peut être discutée. Dans tous les cas, s'il existe pour celte membrane des interruptions, elles ne sont pas aussi complètes que celles de la myéline. Mais cependant nous avons trouvé qu'il y a, au niveau de chaque étranglement, une soudure qui la divise en autant de portions que le tube nerveux contient de segments interannulaires.

Quant au cylindre-axe, je commencerai par vous dire que j'admets à priori qu'il est continu. Certains auteurs m'ont fait dire le contraire, mais en cela ils ont été inexacts; j'ai relu ce matin même mes anciens travaux et j'ai vu que nulle part je n'ai soutenu la discontinuité. Mais, avant de discutera fond cette question, il est néces-

ils TUBES NERVEUX A MYÉLINE.

saîre que je vous entretienne de cette portion du tube nerveux que j'ai nommée segment interannulaire.

Le segment interannulaire constitue en effet une individualité histologique, et nous devons, avant d'aller plus loin, essayer de nous rendre compte de sa signification morphologique.

Dans ce but, cherchons, parmi les éléments de l'organisme mieux étudiés et plus anciennement connus, un élément qui puisse nous servir de point de comparaison. Cet élément, nous le trouverons dans la cellule adipeuse.

La cellule adipeuse est une cellule du feuillet moyen du blastoderme. C'est une cellule coimective qui s'est différenciée et a acquis la fonction spéciale d'emmagasiner la graisse.

A ce propos, il est nécessaire que j'ouvre une parenthèse pour attirer votre attention sur un point que je crois d'une certaine importance. Si je vous dis que la cellule adipeuse a acquis la fonction spéciale d emmagasiner la graisse, je n'entends pas cela dans le sens d'une spécificité absolue. En d'autres termes, je ne prétends pas que la cellule adipeuse ne possède que celte propriété ni qu'elle soit la seule à la posséder. Je vous Tai déjà fait pressentir dans ma première leçon : je ne crois pas à la spécificité absolue en histologie. En effet, la propriété stéatogénique appartient à tous les éléments cellulaires de l'organisme. Il en est chez lesquels cette propriété est plus développée que chez d'autres, mais elle leur est commune à tous à un degré plus ou moins marqué. Ainsi, comme vous le savez, la graisse se rencontre en abondance, à l'état physiologique, dans la cellule hépatique, dans les cellules épilliéliales des glandes sébacées, dans les cellules glandulaires de la mamelle pendant la lactation, enfin, dans les cellules cartilagineuses. A propos de ces dernières, je dois vous signaler un fait intéressant : pen-

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