‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 34 sur 179 · SITUATION ET FORME GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

SITUATION ET FORME GÉNÉRALE

l'état de relâchement. Henle attribue cet aspect aux plis de la gaine, mais il est dû ici, comme dans les nerfs que nous ayons examinés auparavant, aux zigzags que forment les Gbres dans son intérieur.

Les auteurs qui ont étudié les fibres de Remak ont choisi de préférence, pour sujet de leurs observations, les nerfs gris du sympathique ou de la rate. Nous avons déjà vu que les nerfs de la rate contiennent seulement quelques fibres nerveuses à myéline et nous avons fait ressortir l'avantage que Ton en peut tirer pour Texamen de ces dernières.

A propos de l'étude de ces nerfs, je dois vous donner une première indication pratique. Leur dissociation est beaucoup plus difficile que celle des autres nerfs ; lorsqu'on cherche à les séparer en faisceaux, on les déchire ou on les brise. Henle, qui a déjà signalé ce fait, l'attribue à la résistance de la gaine qui les enveloppe, mais c'est là une erreur, et la difficulté tient à une autre cause. Remarquons d'abord que, comme ces nerfs se ramifient du côté de l'organe, il est aisé d'en séparer un segment qui se bifurque en forme d'Y. Saisissons avec des pinces les extrémités des deux faisceaux figurant les branches de TY et écarlons-les de manière à déchirer la gaîne du tronc commun. Au lieu de se séparer, comme le sciatique de la grenouille, traité de la même façon, en deux filaments à peu près égaux, ce nerf se fend d'une manière irrégulière : l'un des faisceaux obtenus va en s'amincissant, comme il arrive lorsque l'on fend en deux un morceau de sapin qui n'est pas de droit fil.

Ce fait seul nous montre déjà que ce nerf n'est pas constitué par des fibres reclilignes situées parallèlement les unes à côté des autres, sans anastomoses.

L'examen au microscope justifie cette opinion; en effet, si ces fibres nerveuses sont observées après avoir été dissociées dans l'eau, on constate qu'elles ne sont pas réguliè-

remenl disposées comme les fibres nerreases à myéline, à la manière des javelots dans un faisceau ; elles sont ramifiées et anastomosées, et forment un réseau dont les branches sont rapprochées, dont les travées sont inégales et qui offrira plus de résistance à la déchirure dans un sens que dans Tautre.

Lorsque les fibres de Remak sont en minorité dans un nerff comme par exemple dans les nerfs du tronc et des membres, il est relativement facile de les isoler par la dissociation; mais, lorsqu'elles en constituent la grande majorité, cette opération devient beaucoup plus malaisée et ne se fait bien que quand on connaît la constitution du nerf et que l'on part de cette connaissance pour diriger les aiguilles et pour eiercer une traction convenable. Le pneumogastrique est le nerf qu'il est le plus avantageux de choisir pour les premières recherches, parce que la proportion des fibres à moelle et des fibres de Remak y est telle que l'isolation do ces dernières ne rencontre pas trop de difficultés.

Avant de procéder à la dissociation, il est utile d'avoir dos notions sur le rapport des deux espèces de fibres : pour cola nous conseillons d'avoir recours à des coupes transversales. A cet effet, il suffît de soumettre le nerf à une macération 15 à IS heures dans une solution d'acide osmique i\ I jHMir 100, de le faiœ déjrorger pendant quelques heuivs dans Teau et de le plonger ensuite dans Palcool ordinaiiv |H'ndant il heures. Nous avons vu que, lorsque les nerfs si>nt et>uslituês surtout par des tubes nerveux a myéline, iv traitement no suflit jvas, et qu'il est nécessaire de t^unploter lo duivissomont j^r la gomme et Talcool pour l^mxoir pratiquer convonablemont dos coupes. Mais, pour loH tauv sur le nerf pnoumogastriquo. cette dernière partie do ro|HM\uiou n\^t |ms r.t\v>s;ùre; grâce au grand nombre do tibivîi do Konutk compri^os onla^ les tubes à myéline,

ANASTOMOSES. . 14i

Ja disposition relative des éléments est conservée, et il est possible de faire de bonnes coupes, sans avoir recours à la gomme.

Sur une coupe transvei'sale bien réussie, le nerf pneumogastrique du chien présente un faisceau unique, divisé par des cloisons en plusieurs départements secondaires, dont chacun contient un certain nombre de tubes nerveux à myéline de différents diamètres et une grande quantité de fibres de Remak.

Cette première notion obtenue, revenons à l'isolation des fibres sans myéline. Nous pouvons à cet effet ou bien dissocier le nerf frais que nous colorerons ensuite par le picrocarminate, ou bien plonger d'abord le segment nerveux pendant quelques heures dans l'alcool au tiers, ou dans une solution d'acide picrique à i pour 200, puis le dissocier, le colorer au picrocarminate et l'examiner dans la glycérine.

Nous savons déjà que les fibres de Remak sont disposées en réseau ; par conséquent, si nous pratiquons la dissociation comme nous l'avons fait pour les tubes nerveux à myéline, nous romprons les branches anastomotiques, et nous n'observerons plus que des fragments de fibres isolés. Pour les obtenir dans leur ensemble, il est donc indispensable d'agir avec ménagement, et dans ce but le meilleur moyen consiste à appliquer les aiguilles en un point du nerf et à les écarter doucement, de manière à former en ce point une espèce de fenêtre; celle-ci sera traversée par les fibres de Remak, entre-croisées en différents sens et formant une sorte de treillis.

En faisant alors une observation attentive, nous reconnaîtrons très-nettement que ces fibres sont anastomosées les unes avec les autres. Les mailles du réseau qu'elles constituent ainsi, bien qu'assez irrégulières, ont toujours leur

Si nous traitons par ce procédé le. pneumogaslrique du chien et que nous soumettions ensuite, pendant 24 heures, les fibres dissociées à Faction du picrocarminate, elles se montreront à nous avec un aspect si net qu'il ne nous restera plus aucun doute sur les différents détails de structure dont nous avons parlé.

Nous y reconnaîtrons d'abord une striation longitudinale bien marquée, de telle sorte que ces fibres paraissent formées par une série de petits bâtonnets juxtaposés.

Les noyaux avec leurs nucléoles et la masse protoplasmique qui les entoure sont parfaitement nets, et Ton peut s'assurer ici, encore mieux qu'avec le procédé indiqué précédemment, qu'ils sont toujours appliqués à la surface des fibres. Quand ils paraissent être dans leur intérieur, c'est qu'ils sont en des points où deux fibres de Remak viennent de s'unir ou sont près de se séparer, de telle sorte que le noyau, situé au milieu d'une travée composée de deux fibres, appartient en réalité à l'une d'entre elles, à la surface de laquelle il est appliqué (fig. 6, PI. II).

Après l'action de l'acide osmique et lorsqu'elles ont séjourné seulement 24 heures dans le pierocarminate, les fibres de Remak ont une coloration faible, qui suffit cependant à les distinguer des fibres du tissu conjonctif. Si l'on veut obtenir une coloration plus forte, il faut, après la dissociation dans Tacide osmique, traiter les fibres par le rouge d'aniline et pratiquer l'examen dans la glycérine. Cette observation suffit à dissiper tous les doutes que l'on pourrait conserver sur la différence entre les fibres de Remak et les faisceaux connectifs. Les premières sont fortement colorées en rouge, tandis que les derniers demeurent incolores. Il importe cependant défaire remarquer que, pour obtenir cette élection, la solution de rouge d'aniline ne doit pas être trop concentrée et ne doit pas agir trop longtemps. En effet, les

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