‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 37 sur 179 · SIGNIFICATION BIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

SIGNIFICATION BIOLOGIQUE

Ticonteslable ; j'aurai l'occasion de vous en citer des exemles lorsque nous parlerons du tissu des cicatrices. Une seconde considération à l'aide de laquelle nous comprendrons mieux encore la possibilité de cette transformation est la suivante : nous savons que les invertébrés ne possèdent que des fibres sans myéline, qui servent également à toutes les fonctions. Les fibres nerveuses à myéline, qui n'existent que chez les vertébrés, sont donc le résultat d'un progrès, d'un développement, d'une différenciation continuée. Si un organisme tout entier arrive, par suite du progrès de la différenciation, à être pourvu de fibres à myéline, pourquoi un système organique ne franchirait-il pas à son tour cette même limite entre les deux ordres de fibres, et n'arriverait-il pas, lui aussi, à posséder des fibres à myéline? Vous voyez qu'il n'est plus possible, en se plaçant au point de vue spécial des connaissances liistologiques actuelles, de distinguer des nerfs de la vie organique et des nerfs de la ^ie animale, puisque ces deux ordres de nerfs contiennent en proportions variées des fibres à myéline et des fibres de Rcmak. D'après les dernières considérations que nous venons d'exposer, il est môme possible que des fibres à myéline soient purement organiques.

La classificalion de Bichat, qui distinguait un système nerveux de la vie organique et un système nerveux de la vie animale, ne peut donc plus ôtre admise aujourd'hui par les histologistes, ni pour les nerfs, puisque la plupart d'entre eux contiennent en proportions variées des fibres des deux espèces, ni même, comme nous venons de le voir, pour les fibres nerveuses. Nous devrons désormais nous abstenir dans ce domaine de toute classification physiologique, et nous en •enirà la classification simplement morphologique que nous avons adoptée, en distinguant les fibres, suivant leur forme, en fibres nerveuses à myéline et fibres de Remak.

Je passe à un autre chapitre, celui dans lequel je dois m'occuper du lissu conjonctif et des vaisseaux des nerfs.

Je commencerai par le tissu conjonctif.

Le tissu conjonctif des nerfs a été décrit au siècle dernier et est décrit aujourd'hui encore sous le nom de névrilème, de même que le tissu connectif des muscles est décrit sous le nom de périmysium. Vous savez que le périmysium a été divisé, suivant sa situation par rapport au muscle tout entier, en périmysium externe et périmysium interne. Cette distinction n'a pas été faite d'une manière aussi nette pour les nerfs, et cependant, pour être logique, il faudrait aussi distinguer un névrilème externe, celui qui enveloppe le nerf, et un névrilemme interne, celui qui pénètre dans son intérieur.

Ces noms sont du reste inutiles, ou plutôt ils sont nuisibles, car ils jettent le débutant dans l'embarras, parce qu'ils s'appliquent à des objets mal définis et encore plus mal limités. Puisqu'il s'agit du tissu conjonctif des nerfs et du lissu conjonctif des muscles, disons tout simplement : tissu conjonctif des nerfs, tissu conjonctif des muscles.

On a même introduit d'aulres noms qui ne servent qu'à augmenter la confusion. C'est ainsi que M. Robin a pris le motpérinèvre pour désigner la gaîne d'un faisceau nerveux; Ayel Key et Retzius y ont ajouté les noms d'endonèvre pour le tissu qui pénètre dans un faisceau et d'épinèvre pour celui qui se trouve entre les différents faisceaux.

Si l'on voulait donner de la même (liçon des noms au tissu conjonctif des autres organes, on arriverait à créer une série de termes dont on serait fort embarrassé. Ainsi,

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