ONZIÈME: LEÇON
(le JÀNTIBR 1877)
TIfisa conjonctlf des nerf».
Gaîxe db Henle. — Son obsenration, après Taction de Tacide osmiqiM}, dans la membrane palatine de la grenouille. — 1" Nerfs arrachés de la membrane après raclion de Tacide osmiqile. Coloration au picrocarminatc. 2* Nerfs observés en place dans la membrane colorée à la purpurine et examinée dans le baume. — Anastomoses. — Manière dont se comporte la gaine à leur niveau. — Nerfs récurrents.
Étude de la gaine de Henle à l'aide du nitrate d'argent. — Nerfs thoraciques du rat. — Endotbélium. — Avidité avec laquelle les cellules endothéliales réduisent le sel d'argent. — Double couche de ces cellules sur les faisceaux. — Première observation de l'endothélium des nerfs, lloyer, Wiensky. Hcsuiné des connaissances acquises sur la gaine de Ilenle. — Cette gaine est par rapport à celle des gros faisceaux ce que la membrane des capillaires est par rapport aux tuniques des artères.
Enveloppe des gros faisceaux nerveux. — Premières notions obtenues par lexainen de coupes longitudinales et transversales. — Méthodes diverses de durcissement. — Dessiccation. — Précautions à prendre. — Résultats généraux : Di^itinclioll du tissu conjonctif des nerfs en gaines lamelleuses, tissu conjonctif périfasciculaire et tissu conjonctif intrafasciculaire.
En commen(;ant avec vous l'étude du tissu conjonctif des ï^crfs, j'ai cherché, par Tordre même que j'ai suivi, à vous indiquer la marche de la science dans cette importante question.
164 TISbU CO.NJONCTIF DES NERFS.
Vous avez vu que les premières notions sur ce sujet ont clc données par Henle. H a découvert, non pas sur les gros Ironcs nerveux, mais sur les petits faisceaux voisins de leur terminaison, une gaine mince, possédant des noyaux, et à laquelle il convient, ainsi que je vous l'ai dit, de donner le nom ile gaine de Henle. C'est sous ce nom que je la désignerai toutes les fois que j'aurai à vous en parler.
Je vous ai indiqué plusieurs méthodes pour reconnaître cette gaine. Après vous avoir parlé de l'observation que Ton en peut faire sur les nerfs vivants et sur les nerfs examinés dans l'eau, je suis arrivé à vous entretenir de son étude h l'aide de l'acide osmique. Je vous ai montré un nerf musculaire du lézard fixé par ce réactif et constitué par un seul tube nerveux entouré d'une gaine de Henle. Cette observation réussit plus facilement chex le lézard que chez les autres animaux qui servent habituellement à nos recherches, à cause de la longueur que possèdent chez lui les nerfs isolés, depuis l'endroit où ils se séparent du faisceau commun jusqu'à leur terminaison dans la substance musculaire.
Nous avons appliqué le même réactif aux nerfs thoraciques du rat et à ceux des cordons vasculo-nerveux des sacs lymphatiques delà grenouille. Je vais aujourd'hui compléter ces indications en vous parlant d'un objet excellent pour l'étude de la gaine de Henle : la membrane palatine de la grenouille. Celte membrane, qui recouvre toute la voûte du palais et qui se continue avec l'œsophage, n'est pas soudée à la lame osseuse qu'elle rcvùl. Elle en est séparée par un sac lymphatique, et, par conséquent, il n'est pas difficile de l'isoler. Les nerfs lui arrivent par deux troncs principaux, qui se trouvent à l'union du palais et de l'œsophage.
Voici comment il faut vous y prendre pour obtenir et pour préparer celle membrane. La grenouille étant attachée,
GAEfE DK HENLE ÉTUDIÉE AVEC L*ACIDE OSMIQUE. i65
OU immobilisée par la destruction de la moelle épinière, ou encore, ce qui vaut mieux, tuée par Thémorrhagie résultant de Texcision de la pointe du cœur, on agrandit la fente buccale au moyen de deux coups de ciseaux, de manière h rabattre la mâchoire inférieure et à mettre à découvert la membrane palatine ainsi que l'œsophage à son origine. L'animal étant alors placé sur le dos, comme vous le voyez ici, Tcesophage est sectionné transversalement (ce qui se fait sans effusion de sang lorsque Ton a excisé préalablement la pointe du cœur) ; le lambeau antérieur étant soulevé avec une pince, il est facile de détacher, au moyen de quelques coups de ciseaux, ses attaches au tissu sous-jacent. Oo découvre alors les deux troncs nerveux qui entrent dans la membrane palatine. On les sectionne à leur base, et Ton achève d'isoler la membrane, en la séparant, comme je le fais ici, des bords de la mâchoire supérieure. Ainsi détachée, je la place sur cette plaque de liège, de manière que sa face profonde regarde en haut ; elle y est étalée, étendue autant que possible, et ûxée en extension au moyen d'un grand nombre d'épingles que je plante sur ses bords. J'y verse alors quelques gouttes de cette solution d'acide osmique à 1 pour 100, et je mets la plaque de liège avec la membrane sous une cloche de verre, pour n'être pas incommodé par les vapeurs de l'acide osmique. Au bout de quelques minutes, la membrane est fixée par le réactif; j'enlève alors, comme vous le voyez, les épingles, je saisis la membrane par le bord avec une pince et je la fais flotter dans l'eau. 11 est bon de ne pas laisser agir trop longtemps l'acide osmique, autrement il devient difficile de oolorer le tissu.
Après le lavage à l'eau, la membrane palatine est placée pendant vingt-quatre heures dans le picrocarminate où elle se colore, puis elle est lavée de nouveau à l'eau et disposée
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sur une lame de verre, sa face profonde regardant en hauU Les petits nerfs qui y entrent à son point d'union avec l'œsophage sont aisément reconnaissables à leur coloration noire. Ils sont saisis avec une pince et arrachés de la môme façon que Ton arrache les vaisseaux de la pulpe cérébrale. Si la traclion ne sufQt pas, il faut s'aider des aiguilles et du scalpel pour les dégager dans la plus grande longueur possible. Ils sont alors étalés sur une lame de verre et traités par une goulte d'acide acétique fort. Comme j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, ce réactif énergique n'a plus d'inconvénients après que les nerft ont été fixés dans leur forme par l'acide osmique. L'acide acétique est remplacé progressivement sous la' lamelle par la glycérine.
Les dispositions que vous pourrez observer sur ces nerfs ainsi préparés leur sont communes avec tous les petits nerfs, et, si je vous les recommande spécialement pour celte étude, c'est surtout à cause de la facilité avec laquelle ils se laissent isoler. Dans la préparî^tion que nous venons d'en faire, vous constaterez qu'ils sont couverts dans toule leur longueur de la gaîne de Ilenle ; aux points où ils se bifurquent, cette gaîne se bifurque également pour donner une enveloppe spéciale à chacun des deux rameaux. Los pelils faisceaux se lei minent par des cxlrémilés brisées, aux poinis où ils se sont rompus sous Peffort de la traclion. En ces poinis, sur un certain nombre d'entre eux, on remarque que la déchirure s'est faite plus profondément pour les tubes nerveux que pour la gaîne qui les enveloppait, de telle sorte que celte gaîne dt'passe d'une certaine longueur le bout du faisceau. J'ai disposé, sous un de ces microscopes, une préparation où ce fait se reconnaît nettement. Sur la portion de la gaîne privée de son contenu, vous distinguerez des noyaux fortement colorés en rouge et