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DOUZIÈME LEÇON

(l8 JANVIER 1877)

Tissa conjonctiff des nerfs. — Gaine lamellense.

^inction du la gaine lamelleuse, du tissu conjonclif périfascicuiaire et du ^issu conjonctif intrafasciculaire.

ULHELLEUSE. — Histonque. — Bichat. — Bogros : Ses injections des ^^isceaox nerveux. Sa gaine pulpeuse n*est autre chose que Tensemble des ^^labes nerveux refoulés à la périphérie par Tinjection. — Cniveilhier : U dé- ^^^t la gaine du faisceau comme une séreuse. — Uenle. — Charles Robin. CIrilique de sa description du périnèvre. — Recherches de Fauteur. — Tra- "^ail postérieur d'Axel Key et Retzius.

e histologique. — Première observation de la gaine kmelleuse sur une ooupe transversale après dessiccation. — Nombre des lamelles. Divers momies de préparation pour le déterminer. — !• Coupes transversales après injection de gélatine additionnée de nitrate d'argent : Lamelles distinguées par cies lignes noires gi'anuleuses, qui sont le profil de rcndothélium. — Nomîjre variable de lamelles suivant les nerfs. — 2" Coupes après durcissement par Tacide osmique et l'alcool. Nécessité de choisir dans ce cas le pneumogastrique du chien. Coloration à la purpurine : Distinction des lamelles par les noyaux interposés. — 3* Coupes après n'importe quel procédé de durcissement, colorées et traitées ensuite par Tacide acétique : Gonflement des lamelles. — Lcui' distinction en une portion colorée et une portion incolore. — Structure des lamelles. Séparation de la gaine après macération du nerf dans le bichromate d'ammoniaque. Dissociation en lames minces. Coloration par rhématoxyline. — Endothélium et noyaux cndothéliaux.

Messieurs,

Nous allons étudier aujourd'hui le tissu conjonctif des pos cordons nerveux.

180 TISSU GONJONCTIF DES NERFS. — GAINE UMELUEDSE.

Je dois vous prévenir d'avance que celte étude est une des plus dclicales et des plus difficiles de noire sujet. Cesl on même temps l'une des plus importantes, surtout au point de vue du tissu conjonctif en général, et aussi au point de vue des altérations qui surviennent dans les ncrfe sous l'influence des maladies.

Vous reconnaîtrez, d'après l'exposé que je vais faire des phases par lesquelles a ps^ celle question, combien les dit férents auteurs ont eu des manières devoir diverses et mime opposées, et quel travail il a fallu jusqu'à ce que l'on ait acquis à ce sujet des notions un peu précises.

Avant d'aborder cet exposé historique, je dois vous rappeler la distinction que j'ai établie à la fin de la dernière leçon dans le tissu conjonctif des nerfs.

Je vous ai dit que, sur des coupes transversales, colorées par le picrocarminate, chaque faisceau nerveux est reoonnaissable à ce qu'il est entouré d'un anneau plus ou moins fortement coloré en rougé. Les différents faisceaux sont réunis les uns aux autres par un tissu conjonctif à^travées longitudinales, dans lequel circulent des vaisseaux sanguins. Enfin, à l'intérieur de chaque faisceau se monlrenl des cloisons conjonctives, également colorées par le carmin, et subdivisant ce faisceau en déparlements secondaires.

L'ensemble de ce tissu conjonctif a élé compris par les anciens auteurs sous le nom de névrilème; je vous ai dit que, pour en bien distinguer les différentes parties, nous nommerions les gaines des faisceaux, gaines lamelleuscs; le tissu conjonclif qui les entoure, tissu conjonctif périfasciculaire,et les cloisons dans Tintérieur des faisceaux, tissu intrafasciculaire.

Nous allons étudier séparément ces trois parties du névrilème, puis nous nous occuperons du rapport qu'elles ont les unes avec les autres.

HISTORIQUE. i8i

Je commencerai par l'étude de la gaîne lamelleuse des faisceaux nerveux.

Ija gaine lamelleuse est connue, plus ou moins bien, depuis longtemps. Déjà Bichàt^ avait remarqué que les cordons nerveux sont entourés d'une gaine qui les enveloppe, li décrit cette gaine comme un tube membraneux faisant partie du névrilcme, et contenant la moelle nerveuse.

Vers 1824, Bogros, prosecteur à la Faculté de médecine, ^'appliquant à faire des injections des vaisseaux lymphatiques avec un appareil à mercure, — vous connaissez tous celle méthode ancienne d'injection, — piqua par hasard avec la pointe de sa canule dans un nerf et vit le mercure y pénétrer. Il poursuivit alors cette expérience et s'essaya à injecter les nerfs. Dans le travail qui a été publié après sa mort par un de ses amis, en 1827, et où les nerfs injectés de cette façon sont figurés*, Bogros a soutenir qu'il existe un petit canal au centre de chaque faisceau nerveux. C'est ce canal que remplirait le mercure et dans lequel il faudrait faire pénétrer la pointe de la canule, pour que l'injection réussît. Autour de ce canal, ajoutait Bogros, il existe une gaîne spéciale, gaine pulpeuse.

Quelques auteurs attribuent à Bogros la connaissance d'uDe gaine connective propre à chaque faisceau nerveux ; wiais en lisant attentivement son mémoire, on arrive à se convaincre que, sous le nom de gaine pulpeuse, il a décrit simplement le manchon formé autour de la masse

* Bicbat. Anaiomie générale, 1812, t. I, p. 137. (Nous a^ons cité ce potage, p. 28.)

* Bogros. Mémoire «ur la structure des nerfs. Répertoire d'analomU et de ^^tiologU, t. IV, 1827, p. G5. — Dans ce mémoire, l'auteur ne dit pas comii><ntilaété conduit à faire Tinjeclion dfs nerf$. mais nous trouroof dans Tanatomie descriptive de CruTeilbîer «5* édit., t. IV, p. i59) \t'% rt:nt>e'i'/nennMtM '^PÏW5 précis à ce sujet. Or,CruTeiIhier, comme cont'-mporain, était à inéffie ^ tître très-exactement rens<figné.

injectée par les fibres nerveuses refoulées à la périphérie. Nous citerons en entier le passage de Bogros, pour ne pas laisser s'accréditer celte erreur :

« Tous les filets nerveux, à l'exception des nerfs optique, acoustique et olfactif, sont creusés d'un canal perméable à l'injection ; les parois de ce canal sont formées de deux tuniques de structure différente : l'une externe, fibreuse, dense, continue à la dure-mère, compose la gaîne des racines des nerfs du côté de leur extrémité centrale, s'identifie avec le tissu fibreux des organes dans lesquels les canaux se ramifient; l'autre, interne, molle, pulpeuse, compressible, cependant tenace, provient de la substance médullaire des racines des nerfs. La première appelée névrilème se compose de diverses lames fibreuses : les plus externes forment une enveloppe, commune à tous les filets d'un même cordon nerveux : d'autres fibres profondes s'entre-croisent autour des filets, de manière à les unir les uns aux autres : des lames plus profondes, plus serrées, plus étroitement unies, fournissent à chaque filet du nerf une tunique distincte intimement appliquée sur la tunique interne. Cette dernière, appelée pulpeuse, est particulière à cha(jue filet nerveux, et quoiqu'elle ait beaucoup de ressemblance avec la substance cérébrale, elle en diffère pourtant par une ténacité plus grande

La pulpe médullaire est tellement comprimée par son enveloppe névrilématique, que lorsqu'on exprime les lilets d'un cordon nerveux coupé en travers, on voit sur la section de chaque filet nerveux une éminence sphérique formée par la pulpe médullaire comprimée. L'injection prouve que c'est dans la substance médullaire que sont les canaux nerveux. On peut encore se convaincre de leur existence par l'inspection directe : si l'on examine à une vive lumière un

HISTORIQUE. m

cordon nerveux coupé en travers, on voit que la petite sphère qui surmonte la section de chaque filet offre à son centre un point d'une couleur plus terne; ce point est Torificc du canal nerveux dont les parois sont fortement appliquées sur elles-mêmes. Si le cordon est injecté et qu'on le comprime, on voit évidemment Tinjection sortir par les points que je viens de faire connaître*. »

Cruveilhier' reprit les injections de Bogros, toujours avec le même appareil à mercure, et il arriva, en poursuivant l'injection par des piqûres successives comme on le fait pour les vaisseaux lymphatiques, à injecter les cordons nerveux sur toute la longueur du nerf jusqu'aux branches terminales. Il dit même avoir réussi à injecter de cette façon le nerf lingual jusqu'aux papilles de la langue !

Cruveilhier savait, ce qu'ignorait Bogros, que les nerfs sont constitués par des fibres nerveuses. Il chercha le canal central indiqué par cet observateur et ne put le trouver. L'opinion à laquelle il arriva sur cette question est trèsexacte; il admet que chaque fiiisceau nerveux est constitué par des libres contenues dans une gaine analogue à une membrane séreuse et qu'il appela pour cette raison gaine séreuse. Voici comment il s'exprime à ce sujet :

« Chaque lîlet nerveux est pourvu, indépendamment de sa gaine névrilématique, d'une gaine propre, contiguë au névrilème par sa face externe, contiguë au pinceau nerveux par sa face inlerne, qui est lisse et humide. Pour démontrer celte gaînc, il suffit de couper en travers un cordon nerveux, et de saisir le bout en forme de houppe d'un des lîlets qui dépassent la gaine névrilématique rétractée : on retire alors, ordinairement sans effort, un filet nerveux de plusieurs centimètres de longueur, à surface lisse, qui

' Bogros, Mémoire cité, p. 66 et 07.

* Cruveilhier. Anatomie descriptive , 3* édil., t. IV, p. 463.

iU nSSD ONUONCnF DBS NEBFS. — GAINE UmiEDA

est complètement débarrassé de son néTrilème. Eh bieni ce filet est formé, non-seulement par la substance nerreose» mais encore par une gatne propre bien distincte du néni^ lème. Ce filet, ainsi dépouillé du né\Tilème, peut être auan parraitement injecté que s^il n^avait pas été séparé des autres filets qui entrent dans la composition du nerf dont il faisait

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