STRUCTURE DES LAMELLES
arrêter l'opération au moment où l'on a mis à nu la gaine lamelleuse. Cette gaîne est fendue suivant la longueur du faisceau nerveux avec des ciseaux fins ; ses bords sont rabattus, et les tubes nerveux en sont extraits à l'aide d'une aiguille ou d'une pince. La gaîne se présente alors sous la forme d'une petite membrane lisse, comme vernie, et assez semblable à de la baudruche gommée.
Celte membrane est beaucoup trop complexe pour qu'il soit possible, en l'examinant tout entière à plat, d'en faire l'analyse ; il est dès lors indispensable de la diviser en lambeaux plus 0ns correspondant à une seule ou à un petit nombre de ses lamelles constitutives. A cet égard, je ne saurais vous donner de règles précises ; il faut partir de la connaissance que l'on a de la membrane, savoir (comme nous le verrons plus tard) que les lamelles y sont nnies les unes aux autres de manière à constituer une sorte de réseau membraneux, que dans ce réseau les unions transversales sont plus solides que les longitudinales, et ^n'il est par conséquent plus facile de le ronfipre dans le sens de la longueur; il faut en outre y mettre beaucoup de patience, beaucoup de temps et beaucoup de soin.
lorsque Ton a isolé des lambeaux suffisamment fins, on y laisse tomber une ou deux gouttes d'une solution convenablement préparée d'hématoxyline (formule de Boeh- Dier); quelques minutes après on lave à l'eau, et l'on exa- Diine dans la glycérine. L'observation doit porter en premier "eu sur les bords des lambeaux, aux endroits où la lamelle, clant pour ainsi dire effeuillée, est réduite à une seule eouche. Vous y remarquerez des noyaux fortement colorés, irrégulièrement ovalaires, de dimension variable, etprésen- ^tun nucléole très-distinct. En les examinant avec soin, vous reconnaîtrez qu'ils sont compris dans une lame mince, légèrement bleuâtre., homogène et transparente.
196 TISSU CO^yJONCTlF DES NERFS. — GAINE LAMELLEUSE.
Si VOUS rapprochez celte observation de celles que nous avons faites jusqu'ici, il vous sera facile de vous convaincre que cette lame n'est autre chose qu'un lambeau endothélial mince dont les cellules soudées intimement les unes aux autres sont restées unies malgré la dissociation. C'est à cause de cette difficulté d'isoler les cellules que l'on considérait autrefois ces sortes de membranes comme des épithéliums continus parsemés de noyaux (épithélium nucléaire de Robin). Depuis que Ton a décelé les limites des cellules par l'imprégnation d'argent, les épithéliums de ce genre ont entièrement disparu des descriptions clîassiques.
Le lambeau endothélial que nous observons ainsi, et dont nous ne saurions distinguer les limites cellulaires avec la méthode que nous venons d'appliquer, présente des plis, sur lesquels on pourrait déterminer son épaisseur. Je ne l'ai pas mesurée, mais elle me paraît à peine supérieure ai millième de miHimètre.
Dans le point où vous pourrez l'observer, la membrane cndothéliale est complètement isolée; mais dans la plus grande étendue de la préparation, elle repose sur un stroraa coiineclif. Elle présente une fine structure en rapport avec ce slronia ; je vous.cn parlerai dans ma prochaine leçon.