‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 47 sur 179 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

TImmi eoDjonctif des nerfs. — Gaine lamellense.

Siruciure des lamelles, — Endothclium et stroma. — Le stronia est constitué par un treillis de fibres conjonctives Gnes. — Empreinte de ce treillis sur la lame endothéliale. — Comparaison de cette empreinte avec celle que l'on obsenrc sur les cellules pigmentées de la choroïde. — Une empreinte semblable se produit partout où des cellules molles recouvrent une lame librillaire.

£tude des lamelles après fixation du faisceau nerveux par Tacide osmique, dissociation de la gaine et coloration des lambeaux par le rouge d'aniline. — Différence de constitution des lamelles suivant leur profondeur. Les plus superficielles sont formées par les faisceaux coiijonctifs le$ plus épais. — Fenêtres qui se montrent dans les lames les plus externes. Leur analogie avec les trous du mésentère de la grenouille ou du grand épiploon du lapin.

Tissu élastique des lamelles. Son étude dans la gaine du pneumogastrique du chien après macération dans Tacide chromique. — Grains, fibres et plaques élastiques.

Les lamelles ont-elles un endolhélium sur chaque face? Probabilité de ce fait indiquée par le gi*and nombre des noyaux. — Observation directe de ce double endolhélium dans les corpuscules de Pacini et dans la gaine lumelleuse.

Texture de la gaine lamelleuse. — Les lamelles sont-elles indépendantes? Leur réunion par des cloisons, qui forment des piliers interrompus par des arcades. — Coupes longitudinales après injection interstitielle de gélatine argentée. — Coupes longitudinales sur la gaine lamelleuse après dessiccation, colorées au picrocarmiuate et traitées pr l'acide acétique. Les lamelles sont anastomosées en un système de tentes.

Messieurs,

Dans la leçon précédente, api^ès vous avoir exposé l'historique de la gaine lamelleuse, j'en ai commencé la

niRF8. — CAINE LAHELLECSE.

description. Je tous ai indiqué les méihodes à employer [war oomptêf les lamdles qui owiposeni la gaine ; puis nous aTODB abordé l'étude de la structure di; ces lamelles oonstituti'ves. Vous avez ra comment on dnii Tuire la - dissociation de la gatne d'un nerf durci par le bichromate d'ammoniaque, et comment il convient d'en colprw les parties minces arec riiéifiaioxyline. L'élude de préparations ainsi faites noua a montré que chaque lame constitutif de la gaine présente au mnins deux parties nettement distinctes : la lame endoihélialc et le rinma sons-jaoBnt. Je tous ai décrit rendothélium, i) me reste t vous parle)^ du rtroma et de ses rapports avec la couche endothétiale.

L'faématoxyline, en solution alunéc fortement colorée, comme il convient en gâiéral de l'emplojer, permet d'acquérir de bonnes notions sur le slroma. Elle colore les bisoeauz de tissu conjonctif moins fortement que les noyaux de la lame endotbéliale, mais assez pour permettre de reconnaître nettement la disposition, le volume et les rapports des fibres connectives. Vous avez constat» que ces Gbres sont très-fînes et qu'elles sont entrecroisées de manière à former un treillis qui limite des figures irré^lières. Ce treillis est en rapport immédiat avec les cellules.

C'est ici te cas de vous parler d'une disposition particulière des cellules endothéliales, que vous apprécierez exactement sur les préparations disposées aujourd'hui devant vous. Ces cellules ou les lames cellulaires qu'elles composent présentent des stries très-fines entrecoupées, plus claires ou plutôt moins colorées que le fond de la cellule ellemême. Cela indique ou hieo que dans ces cellules certaines régions se colorent moins fortement que d'autres, ou bien, si la substance de la cellule se colore uniformément, qu'il

ENDOTHÉLIUM DES LAMELLES. 199

y a au niveau de ces stries une épaisseur moins considérable de cette substance.

J'aurais de la peine à prendre un parti entre ces deux liypolhèses, si nous ne possédions un objet qui nous donne des indications très-précieuses sur la manière dont les stries de ce genre se produisent ; je veux parler des cellules pigmentées de la choroïde.

Chez l'homme, ces cellules, fortement pigmentées et très-ramifiées, ne sont pas commodes à observer; il est difficile même de reconnaître qu'elles sont plates : mais chez le chien, chez le chat et chez un certain nombre d'autres animaux, la choroïde présente des cellules connectives étendues, . régulières, sans prolongements ou avec des prolongements très-peu marqués, et qui sont pigmentées plus légèrement, de manière à présenter seulement une coloration brune. Ces cellules, disposées en une seule couche, diffèrent des cellules endothéliales en ce qu'elles ne se touchent pas, mais sont à une certaine distance les unes des autres. De cette façon on peut apercevoir, entre elles, le slroma sur lequel elles reposent, et qui est composé de fines fibrilles entrecroisées, analogues à celles qui forment le slroma des lamelles de la gaine lamelleuse.

J'ai disposé sous un de ces microscopes une lame de la choroïde du chien. La préparation, conservée depuis plusieurs années dans la glycérine, a été faite en dissociant la choroïde après que l'œil avait séjourné plusieurs mois dans le liquide de Mùller. Cette lame, comme toutes celles de la choroïde, est revêtue de deux couches cellulaires ; sur l'une des faces du stroma cônjonctif, les cellules sont pigmentées et nettement visibles; sur l'autre face au contraire, les cellules étant dépourvues de pigment, il vous sera difficile de les apercevoir.

Ne nous occupons que du revêtement cellulaire pigmenté.

Comme vous pouvez vous en assurer, le pigment rend superflu l'emploi de toute matière colorante et accuse parfaitement tous les détails des cellules.

En mettant l'objectif bien au point, vous verrez se dessiner sur leur surface des stries rectilignes claires dont la. direction est continuée aux deux bords de la cellule par un^ fibrille de tissu conjonctif; ou bien, si vous préférez Tairb

l'observalion en sens inverse, suive/, une des fibrillesde tissu conjonclif qui passent sous une cellule, vous remarquerez que sa diruclion est continuée par une strie claire traversant la cellule en ligne droite jusqu'à son autre bord, où vous retrouvez la fibrille de tissu conjonclif. Les strie.' claires []ui sillonnent ainsi la surface des cellules ne sor donc autre cliose que des dépressions correspondantes ai

ENDOTllÉLIUM DES LÂ3IELLES. 201

fibres connectives, sur lesquelles leur substance, molle comme de la cire à demi fondue, s'est appliquée de manière à en prendre l'empreinte. Sur les points où les Cbres se sont ainsi moulées dans la cellule, elles en ont diminué l'épaisseur. Il s'y trouve par conséquent un moins grand nombre de grains de pigment, ce qui détermine l'apparition d'une ligne plus claire.

Les stries que nous observons sur les cellules de la gaine lamelleuse sont dues à une cause analogue. Comme vous avez pu le voir, ces cellules reposent sur un stroma fibrillaireen forme de treillis. Elles prennent donc l'empreinte des fibrilles de ce stroma, et, partout où ces fibrilles se moulent dans leur substance, elles ont une épaisseur moins considérable. Il suit de là que, lorsque ces lames cellulaires, après avoir été isolées de leur stroma, seront soumises à la coloration, leurs parties moins épaisses seront moins colorées et se montreront sous la forme de stries claihes tranchant sur le fond de la cellule.

C'est là un point de détail, du moins pour la gaine lamelleuse; mais j'y ai insisté, parce qu'il a une portée trèsgénérale. Toutes les fois en effet que des cellules plates, molles, sont ainsi disposées sur un treillis de fibres connectives, elles en prennent et elles en gardent l'empreinte. C'est un fait qu'il faut toujours avoir présent à l'esprit, quand on discute sur les formes et les aspects que présentent les cellules plates du tissu conjonctif.

J'insisterai encore sur un autre point, à propos de cette observation. Les noyaux des cellules endothéliales sont plus épais que le corps même de la cellule, et dès lors, comme ils ne font pas une saillie considérable à sa surface, il faut que le stroma soit creusé d'une fossette à leur niveau pour les loger.

Ces fossettes existent en effet. Lorsque, par les hasards de

a03 TISSU COSJONCTir DES NERFS. — GAINE UMELLEDSE. la dissocialion, un noyau a élè chassé de sa position, mi remarque à sa plaœ dans le tissu conjonclif une dépression en forme de logollc.

Une antre méthode, que je tous recommande pour l'examen de la gaîne lamcllcuse, consiste à fiser les nerfs par le moyen de l'acide osmique. Apres Taclion de ce réactif, les faisceaux connectifs péri fascicii lai res ayant été enlevés comme je yous l'aï indiqué dans ma dernière leçon, la gaîne lamelleuse est fendue dRns sa longueur, et les tubes nerveux en sont extraits à l'aide de la pince et des aiguilles. Ainsi isolée, celte gaîne présente une teinte brune, noUiblement moins foncée que celle du nerf, mais plus foncée cependant que celle du tissu conjonctif ordinaire traité par l'acide osmiquc. Elle doit être ensuite dissociée en lamelles suivant les indications rjue je vous ai également donnéfls dans la dernière leçon. Les lambeaux minces que l'on en obtient ainsi sont étalés sur la lame de verre et colorés par une solution de rouge d'»nilinc dans l'eau ou dans l'alcûol au tiers. Une fois la coloration produite, la préparation est lavée à l'eau pour chasser l'excès de la matière colorante, et montée dans la glycérine.

La plupart des faits dont je vais maintenaat vous entretenir peuvent être observés également sur tes gaines traitées par le bichromate d'ammoniaque et colorées par l'hématoxyline, mais, comme ils peuvent être mieux reconnus dans tous leurs détails au moyen de ce dernier procédé, j'en ai réservé la description jusqu'à maintenant.

11 est un premier point sur lequel je dois attirer Totreat tention : c'est la différence de constitution des lamelles de la gaîne suivant leur profondeur. En effet, les lamelles superficielles n'ont pas la même structure que les lamelles moyennes, et celles-ci diffèrent à leur tour des la-

STROMA DES LAMELLES. 203

inelles profondes. Elles sont toutes, il est vrai, composées des mêmes éléments, et ces éléments sont arrangés de la même façon ; mais leur volume et leur nombre diffèrent suivant les couches que l'on considère. Ainsi, les faisceaux de tissu conjonctif, qui ont dans les lamelles superficielles un volume assez notable, deviennent de moins en moins épais dans les couches plus profondes. La coloration au rouge d'aniline permet de reconnaître à la surface des différentes lames, aussi bien que dans leur épaisseur, un réseau élastique. Ce réseau, composé de fibres très-fines formant des mailles très-étroites dans les couches profondes, est au contraire constitué dans les superficielles par des fibres plus volumineuses et des mailles plus larges.

Dans les lames les plus externes de la gaîne lamelleuse,

on remarque des perforations, des pertes de substance,

ou, pour parler plus exactement (car à proprement dire il

n'y a pas de perte de substance) , des fenêtres rondes ou

ovalaires. Vous reconnaîtrez cette disposition sur une des

préparations que j'ai disposées devant vous et où j'ai mis

sous l'objectif une des lames externes de la gaîne, isolée par

dissociation. Cette lame présente en certains points des trous

tantôt simples, tantôt cloisonnés. Quelquefois ces fenêtres

sont isolées; d'autres fois on en rencontre deux, trois,

quatre ou plus, les unes à côté des autres.

Comme la préparation a été colorée par le rouge d'aniline, vous distinguerez les noyaux des cellules (je dois vous avertir que cette coloration s'affaiblit rapidement, et que l'observation dont je vais vous parler doit se faire sur des préparations récentes). Ces noyaux se présentent, les uns de face, les autres de profil; parmi ces derniers, il en est qui se montrent sur le rebord d'une des fenêtres ou d'un des trous dont je viens de vous parler. Cette observation vous conduit à reconnaître qu'à leur ni-

M4 nSBD COnOlfCTV DES UtEtOK. ^t

Tna, rendolhclmm de l'une des faces de la lame se replie

pour aUw gagner l'uutre face.

Cette disposition fenélrée, que vous pourrez élre surpris derai^itrer ici, esL commune dans le sjsLème conjonclif. Les membranes, qui en sont une dépendance, pré^ïntent' très-souvent des ouvertures de ce genre qui font eommoiiiquer leurs deux faees. C'est ainsi que dans le mèscn- 1 tèn de la ^renoaille, par exemple, il y a de ces soi les de

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Fl(. M. — XiHoUra de U gi

fenêtres, tantôt simples, tantôt cloisonnées, comme celles qui sont figurées dans les dessins que je vous montre ici.

Le grand épiploon du lapin présente des fenêtres semblables ; on en rencontre également en assez grand nombre dans son repli mésopéricardique. Dans le grand épiploon du rat, du cochon d'Inde, du chien, de l'homme, etc., les fenêtres occupent un espace beaucoup plus considé-

STROMA DES UMELLES. — SUBSTANCE ÉLASTIQUE. 205

rublc, et ne sont plus séparées que par des travées plus ou moins larges.

Les lames de la gaine lamelleuse des nerfs sont donc des embranes de tissu connectif tapissées d'endothélium, et mparables en tous points aux membranes conjonctives autres parties de l'organisme, comme le mésentère, le grand épiploon, etc., avec cette différence que dans ces dernières il existe des cellules qui appartiennent au stroma, landis que, dans les lames de la gaine des nerfs, le stroma connectif ne possède pas d'élémenls cellulaires dans son îmlcrieur.

Je dois vous parler maintenant des fibres élastiques qui existent dans la gaine lamelleuse. Pour les étudier, je ^ous recommande la macération du nerf dans l'acide chromique, car c'est avec ce réactif que Ton obtient les meilleurs résultats. Après son action, la dissociation delà gaine se fait assez facilement, et la coloration au picrocarmi- Bate réussit bien, si toutefois le séjour de la pièce dans l'acide chromique n'a pas duré plus d'une semaine, Si vous examinez, sur une préparation de ce genre, une des lamelles les plus internes du nerf pneumogastrique du chien, par exemple, vous verrez des corps qui, au premier abord, vous paraîtront de forme extraordinaire. Ce sont des espèces de plaques à contours irréguliers, présentant à leur centre des trous, et émettant à leur périphérie des prolongements fibrillaires. Ces prolongements sont le plus souvent moniliformcs et semblent se continuer par des grains disposés en série ou en chapelet. Des grains semblables, dont le diamètre est fort variable, sont aussi quelquefois disposés irrégulièrement sur les bords des plaques ou dans leur voisinage.

Les grains, les fibres et les plaques que vous observerez sur la préparation que je mets sous vos yeux sont consti-

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