‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 48 sur 179 · REVÊTEMENT ENDOTUÉLIAL DES LAMELLES · texte numérisé non relu

REVÊTEMENT ENDOTUÉLIAL DES LAMELLES

longue m'éloignerait trop de mon sujet, et je me contenterai de vous signaler deux points dans l'observation que nous venons de faire. Le premier, c'est que le tissu élastique peut se présenter sous ces trois formes, de plaques, de crains et de fibres. Le second, c'est que ce tissu est une ibrmation péricellulaire ou extracellulaire, c'est-à-dire qu'il se développe en dehors des cellules.

Il se présente maintenant une question que nous avons déjà traitée partiellement, mais sur laquelle nous devons xevenir pour la discuter à fond. Les lames de la gaine des »erfs sont-elles recouvertes d'endothélium sur leurs deux laces, ou présentent -elles, au contraire, une face nue et xine face revêtue ?

Pour les corpuscules de Pacini, que nous étudierons plus tard, et qui présentent, comme nous avons déjà eu l'occasion de vous le dire, une enveloppe lamellaire analogue à celle des faisceaux nerveux, on admet que les lames de cette enveloppe ne sont revêtues d'endothélium que sur une de leurs faces seulement. Si le fait était vrai, l'analogie porterait naturellement à conclure qu'il en est de même dans la gaine lamelleuse, et qu'une seule face des lamelles a un revêtement cellulaire.

Il faut donc d'abord élucider la question de savoir si les couches emboîtantes qui composent les corpuscules de Pacini sont revêtues d'endotliélium sur une seule de leurs faces ou sur les deux.

Sur de bonnes préparations bien colorées, il est facile de se convaincre que chacune des lames ou des couches constitutives de ces corpuscules est revêtue d'endothélium sur ses deux faces. Je vous indiquerai les méthodes qu*il faut employer pour faire ces préparations, lorsque nous

nous occuperons des corpuscules de Pacini. Qu'il me suffise aujourd'hui de vous en montrer une sur laquelle vous pourrez vous convaincre de ce que j'avance. En examinant les lignes concentriques rouges qui, sur la coupe transversale du corps de Pacini disposée sous ce microscope, séparent les différentes couches de l'enveloppe et qui repi'ésentent le revêtement endothélial, vous remarquerez que les noyaux que Ton y dislingue sont en nombre considérable. Or, les cellules endothéliales des corps de Pacini sont très-étendues, etielles ne possèdent chacune qu'un seul noyau. Possédant cette notion, vous pourrez reconnaître, même à une observation superficielle, que le nombre des noyaux sérail beaucoup trop considérable si chacune des lames ne possédait qu'une seule couche de revélement.

Vous remarquerez encore que, dans une des lignes faiblement colorées en rouge comprises entre les lames de l'organe, il existe souvent deux noyaux tout à fait voisins l'un de Taulre. Ces noyaux apparliennent évidemment chacun à une cellule, et dès lors on doit conclure qu'en ce point il y a deux cellules superposées, l'une appartenant à la face interne de Tune des lames, l'autre à la face externe de la lame sous-jacontc.

Mais, pour résoudre ce problème, il n'est pas nécessaire d'avoir recours à l'induction, car il nous est possible d'observer directement les lames endothéliales qui appartiennent à chacune des lamelles. En effet, sur cette autre préparation, nous avons pu écarter une des lames de sa voisine sur une certaine longueur, de telle sorte qu'elles laissent entre elles un espace qui est rempli par le liquide additionnel. Chacune des lames conjonctives qui bordent cet espace possède un revêtement endothélial distinct. La question est donc résolue pour les corpuscules de Pacini. 11 faut abandonner l'opinion généralement admise, et dire aujourd'hui que deux

lames contiguës de Tenveloppe possèdent chacune un revctemenl endothélial, et qu'elles sont dès lors séparées par une sorte de cavité séreuse.

Sur les lames de la gaine lamelleuse, nous pouvons fiiire des observations absolument semblables à celles que nous venons de vous donner en détail pour le corpuscule de Pacini. Ici aussi, sur des coupes transversales, nous voyons les lignes qui représentent Kendolhélium coulenir un nombre de noyaux plus considérable que celui qui correspondrait à une seule couche de cellules. Nous observons de même des novaux très-voisins Tun de l'autre. Eniln, vous remarquerez, sur une des préparations que je vous soumets, deux lames écartées l'une de l'autre (ce que l'on ne peut obtenir du reste que par un heureux hasard), et qui sont tapissées toutes les deux d'endolhélium sur leur face libre. La démonstration est donc complète, et nous devons en effet regarder tous les espaces interlamellaires comme des espaces séreux .

Vous voyez combien ce3 observations conûrment l'opinion qu'exprimait en 1835 M. Cruvcilhier. Les considérations d'anatomie générale qui lui avaient fait assimiler la gaîne lamelleuse aux membranes séreuses se trouvent justifiées aujourd'hui; ce qui caractérise en effet les séreuses, c'est le fait qu'elles sont recouvertes d'endothélium, et c'est pour cela que nous rapprochons dans un même groupe les cavités séreuses (plèvre, péritoine, etc.), les vaisseaux lymphatiques et les vaisseaux sanguins. Nous pourrons désonnais y ajouter les corpuscules de Pacini et les gaines lamelleuses des nerfs.

Après avoir ainsi examiné en détail la structure des lamelles, il nous reste à étudier leurs rapports ou, en d'autres

RANVIER, SYST. XERV , T. I. li

808 TISSU CfflUONCTIF DU NKRFS.

nous occuperons des corpuscules I fise aujourd'hui de vous eu niontrf pourrez vous convaincre de ce qua les lignes concentriques rougos i versale du corps de Pacini dispol séparent les difTéreates couches de sentent le revêtement endothelialj les noyaux que l'on y distingue ?

rablc. Or, les cellules endothéliafl sont très-étendues, etiellcs ne possèJ noyau. Possédant celle notion, même à une observation superDcieB noyaux serait beaucoup trop consid^ mes ne possédait qu'une seule coucl

Vous remarquerez encore que, dJ blemenl colorées en rouge comprises ganc, il existe souvent deux noyaun de Taulrc. Ces noyaux appartiennd à une cellule, et des lors on doit coJ y a deux cellules superposées, l'unel inlcnic do l'une des laiuL'S, l'antre f lame sous-jaci'nlc.

Mais, poiir résoudre ce problème,] d'avoir recours à l'induction, car il i server directement les lames cndolhi nenlà cUacune des lamelles. En eiïetj ration, nous avons pu écarter une do!

sur une cerlaîne longueur, de telle sÊ entre elles un espace qui est rempli parlT Gliacunc des lames conjonctives qui bol siMc un revêtement endolhélial distinct!

résolue pour les corpuscules de Pacini l'opinion généralcmeat admise, et dire J

termes, la texture de la gaîne lamelleuse. A ce sujet, plusieurs questions doivent êlre posées ; la première est celleci : les lamelles qui constituent la gaîné sont-elles indépendantes les unes des autres et simplement disposées comme des tubes emboîtés, ou sont-elles au contraire soudées entre elles dans certains points ou reliées par des cloisons?

La difficulté de la dissociation nous a déjà prouvé que les lamelles ne sont pas entièrement indépendantes. Nous acquerrons les premières notions à ce sujet en séparant les lamelles après que le nerf aura été durci dans le bichromate d'ammoniaque, et en les colorapt par l'hématoxyline. En effet, si, en suivant ce procédé, on a enlevé trois ou quatre lamelles moyennes ou internes de la gaîne, et que Ton ait réussi à les bien colorer, en les examinant au microscope, on distingue en même temps les noyaux qui sont à la surface et ceux que Ton voit par transparence entre deux lames. Ces noyaux vont nous servir à nous orienter dans l'étude de la préparation. Dans cette lame de tissu vous verrez des parties plus claires se détacher sur le fond plus sombre. En les observant attentivement, vous reconnaîtrez que ce sont des lacunes de la lame superficielle, à travers lesquelles s'aperçoit dircclement la lame sous-jacenle. Ces lacunes, assez rapprochées les unes dos autres, ont généralement la forme d'arcades ogivales, et elles sont séparées par des piliers plus ou moins larges. Ces piliers, comme le reste de la lame superficielle, sont revêtus d'endothélium, et assez souvent on peut apercevoir sur leur bord des noyaux endothéliaux vus de profil, ce qui démonlre que les cellules qui leur correspondent se recourbent autour du pilier, et permet d'affirmer que le rcvèlement endothélial, après avoir tapissé la face supérieure de la iiremière lamelle, se replie sur les bords des arcades pour aller tapisser sa face profonde.

Cette observation, qui confirme ce que nous avons dit des espaces séreux existant enlre les lamelles, ne nous indique pas suffisamment comment elles sont reliées les unes aux autres. Pour le reconnaître, il faut employer d'autres méthodes. Je vais vous en indiquer deux, que je considère comme les meilleures, et d'après lesquelles sont faites les préparations que vous examinerez à la fin de la leçon.

La première consiste à ijijecter, dans le tissu conjonctif du nerf, delà gélatine additionnée de nitrate d'argent, d'après le procédé que nous avons indiqué plus haut (p. 189), et, après avoir obtenu le durcissement par un séjour de vingt-quatre heures dans l'alcool, à pratiquer des coupes longitudinales. Ces coupes doivent passer par l'axe du nerf, s'il est coipposé d'un faisceau unique, ou, s'il y a plusieurs faisceaux, par l'axe d'un de ces faisceaux. Elles sont placées quelques minutes dans l'eau, puis dissociées sur la lame de verre, recouvertes de la lamelle et conservées dans la glycérine.

Je soumets ici à votre observation des lamelles dissociées par ce procédé et provenant de la gaîne lamelleuse du gros faisceau du nerf sciatique du chien. Vous voyez qu'elles forment des lambeaux allongés, réunis ensemble à leurs extrémités par des soudures transversales, d'une manière as* sez compliquée pour défier toute description, et qui ne peut guère être rendue que par un dessin ou par un schéma. Toutes ces lames sont noirâtres par suite du dépôt d'argent sur le ciment intercellulaire et sur les cellules endothéliales elles-mêmes, car l'endothélium de la gaîne a, dans les gros nerfs, la même affinité pour l'argent que celui do la gaîne deHenle.

La seconde méthode consiste à soumettre le nerf à la dessiccation et à y pratiquer des coupes longitudinales suivant son axe. Après avoir placé la coupe dans l'eau, qui l'imbibe d'abord et détermine ensuite le gonflement du

tîl^i TISSU CONJONCTIF DES NERFS. — G.VINE LAMELLEISE.

lîssu, on la colore au picrocarminale ; puis elle est lavée, traitée par l'acide iicétique, et montée en préparation persistante dans la glycérine additionnée d'acide formique.

Sous l'influence de Tacide acétique, les parties connectives se gonflent et deviennent élastiques comme de la gélatine imbibée d'eau. Si nous appuyons avec une aiguille sur la lamelle, nous verrons les parties s'étendre, puis revenir sur elles-mêmes quand la compression aura cessé. Mais elles ne reviennent pas jusqu'à leur première position, et, si Ton répète plusieurs fois cette manœuvre, on peut arriver à dissocier ainsi par pression les lamelles de la gaîne et à obtenir des préparations qui sont au moins égales, pour la netteté, à celles que fournissent les injections interstitielles avec la gélatine argentée. La mince tranche longitudinale de la gaîne ainsi traitée montre ses différentes lamelles trèsécartées les unes des autres, mais reliées par des bandes obliques, de manière que leur ensemble circonscrit des espaces losangiques ou irrégulièremeut quadrilatères. Ces espaces ne sont autre chose que les fentes séreuses, démesurément agrandies dans le sons Iransversal ])ar l'écarlement des lamelles et dès lors facilement démontrables. Les anastomoses des lamelles dans le sens transversal sont parfaitement évidentes. D'autre part, nous a\ons reconnu sur les coupes transversales les anastomoses qu'elles possèdent dans le sens de la longueur. De ces deux observations réunies, nous devons conclure que ces lamelles sont anastomosées dans tous les sens et qu'elles forment ce que Ton pourrait appeler un svslème de lentes.

J'ajouterai, à propos dos coupes longitudinales faites sur les nerfs desséchés, qu'à l'aide de ce procédé extrêmement simple, connu depuis plus de trente ans, on distingue d'une faron très-nette sur les tubes nerveux les étran«:lements annulaires et les noyaux des segments. On aurait

donc pu découvrir, par la seule application de celle méthode, la conslilulioii du lube nerveux par des segments. Si cette découverte n'a pas été faite plus tôt, cela tient, comme je vous Tai dit, à ce qu'il est extrêmement diflicile de remarquer dans un tissu une disposition que Ton n'y soupçonne et que l'on n'y cherche pas.

Dans la prochaine leçon, j'étudierai les rapports de la gaîne lamelleuse avec le tissu conjouctif périfasciculaire.

HiniËre dnnl m cnmporle L> gtine bmcllniM an |ininl de btrurtaiinn d'un

Tiâtu i-onjonetif pirifatcieulaire . — &Daln|;i<? do fo tisui ïvsc le tisiu fonjonclir liclie ou diffus. La* £«iM«ui connecUT* j ont une dirucUon gèn^ itle longiludinilu, ainEi qu« les umiIIm dn r<«Mu ùlatliqae t-l In tniorM d« cellules ndipMu». — A niMure qu'il se rapprooli« do te gaine bnidt«DM. il te, dispose en funiM de natlei ou de lamos. — GéaOnlilé de cette dispoûli<m du tis.tu utnjnuctif autour de tous lej organei qui ; sont plongés et y (ubÎMent des dépUcemenls (tendons et nerb). — DiflereiiM de )i gxine hiinel' leuw e\ du titsii p6rih*ciculaire chei l'anîinnt nouieau-np el choz l'adulte.

Titnu i-oiijfinctif inlriifuncii-ulaîrc. — Sa disliriclion en lames inlnifrisciciibires et tisrainirafasciculaire proprement dit. — Les lamei întrarasciculairei emiI une dcpondance de la gaine laraelteusc. Manière dont elles se diTisenl et E'anaflomosent dans le faisceau. — Cellules et fibres du tissu intrarasciculaire proprement dit. — Considéra lions sur l'origine et le déTeloppemenl

Injections iniersliliellcs dans les cordons nerrcux. Critique des opinions de Bogros et de Cniveilhier. — Impossibilité d'employer le mercure pour les injections microscopiques. — Injections au bleu de Prusse additionne de gélatine.

Messieurs,

Nous ayons examiné dans la dernière leçon la structure et les rapports des lames constituantes de la gaÎDe lamelleuse des nerfs. J'ai démontré que ces lamelles,

Page 1