‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 54 sur 179 · RAPPORTS DES VAISSEAUX AVEC LES TUBES NERVEUX · texte numérisé non relu

RAPPORTS DES VAISSEAUX AVEC LES TUBES NERVEUX

3eti(es artères; si elles étaient en contact direct avec des éléments aussi délicats et aussi sensibles que les fibres nerveuses, la secousse que cette pulsation communiquerait à ses dernières pourrait y déterminer des troubles fonctionlels.

Les capillaires, au contraire, sont dans le voisinage immédiat des tubes nerveux, sans autre séparation que les cellules plates qui recouvrent les uns et les autres. Comme cescellulosnesont pasen couches continues, elles ne forment qu'une séparation très-incomplète, et, en beaucoup de points, la membrane du capillaire est directement en rapport avec la membrane de Schwann. Du moins il en est certainement ainsi chez les jeunes animaux, où le tissu conjonctif est moins développé. Chez les adultes, les tubes nerveux étant entourés de tous côtés comme nous l'avons vu (p. 225), par des fibres connectives qui leur forment une sorte d'enveloppe de protection, ne sont pasen rapport tout à fait immédiat avec les vaisseaux.

Une queslion qui se rattache à la précédente et ne forme pour ainsi dire qu'un avec elle, est celle qui a trait aux rapports des vaisseaux avec les espaces ou les interstices intrafasciculaires. Voici comment nous avons {)rocédé pour bien observer ces rapports.

Après avoir injecté le système vasculaire sanguin d'un rat avec une masse carminée, afin de rendre bien apparents les vaisseaux des nerfs, nous avons dénudé le nerf sciatique et nous avons fait dans le gros faisceau de ce nrrf une inj(»ction interstitielle de bleu de Prusse addilionné de gélatine. Puis le nerf a été détaché et placé tendu dans l'alcool. Au bout de quelques heures, le durcissement a été suffisant pour permettre des sections transversales. Nous soumettons à votre observation une coupe ainsi faite (fig. 1, PI. IV), à laquelle nous avons donné une épaisseur assez

considérable pour que, en nous servant de la vis micromé- Irique, nous puissions y observer les vaisseaux el les tubes nerveux sur une certaine longueur.

• Sous rinfluencc de l'alcool, le gros faisceau du nerf, sur lequel j'attire votre attention, s'est un peu ratatiné, mais il est encore parfaitement reconnaissable, grâce à la gaine lamelleuse qui l'enloure. A son centre, vous apercevrez deux artères coupées en travers, et logées dans l'intérieur d'une lame intrafasculaire ; en abaissant l'objeclif, vous reconnaîtrez que plus profondément ces deux artères se rejoignent, et vous vous convaincrez que vous avez sous les yeux un exemple de division d'un tronc artériel. La lumière de ces artères, de même que celle de tous les vaisseaux capillaires, est remplie par la masse rouge. L'injection interstitielle bleue a pénétré au centre du faisceau, el, cheminant le long des lames intrafasciculaires, elle s'est répandue autour des tubes nerveux de la partie centrale, de manière à dessiner très-nettement leur contour. Dans ces tubes ainsi entourés, vous dislinguerez le cylindre-axo. Bien qu'il ne soit pas coloré, il s'y montre nettement; il y est beaucoup plus apparent que dans les tubes de la périphérie en dehors de la limite de rinjeclion. Celle nellelé du cylindre-axe tient à un phénomène d'optique bien connu : la bordure bleue agit ici comme un (li.iphragine.

Les vaisseîiux capillaires, comme les tubes nerveux, sont entourés de la masse de bleu de Prusse, de sorte que l'on peut soutenir que les uns el les autres sont dans une situation identicjue relativement aux espaces destinés à la circu- .jjjtion du plasma ou de la lymphe.

Avant de nous occuper de la manière dont se fait cette circulation, et pour être à même d'en apprécier exactement

Page 1