‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 67 sur 179 · MODIFICATIONS AU VOISINAGE DE LA SECTION · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS AU VOISINAGE DE LA SECTION

de Tenu sur cette substance, dans les expériences que je vous ai montrées (voir p. 53), vous devez être bien convaincus aujourd'hui que, loin de produire la coagulation de la myéline, comme on le croyait jusqu'ici, les liquides aqueux mis en contact avec elle sont absorbés et en déterminent le gonflement.

Vous voyez combien les éludes minutieuses que nous avons faites sur les différentes parties constitutives des nerfs sont importantes pour comprendre les phénomènes pathologiques qui s'y produisent. Si, en effet, nous en étions restés à la théorie de la coagulation, il nous serait impossible d'expliquer le gonflement qui se manifeste dans les tubes nerveux au voisinage de leur section.

Le cylindre-axe ne peut être reconnu dans l'intérieur du lube nerveux dans les points où la myéline est gonflée, parce qu'elle y est opaque, mais, en deçà de ces points , on distingue Irès-nettement la partie centrale plus claire qui correspond à cet élément. A ce niveau, le tube a conservé sa structure normale.

Si, après avoir pratiqué sur le nerf la première section, nous attendons deux jours, trois jours et même davantage, avant d'en retrancher un segment pour l'examiner, nous constatons que les altérations que nous venons de mentionner se poursuivent peu à peu à partir du bout sectionné, tant dans le segment central que dans le segment périphérique, jusqu'au premier étranglement annulaire.

Chez la grenouille, elles ne dépassent pa§ cet étranglement, ainsi qu'Engelmann* Ta constaté. Mais, chez les animaux à sang chaud, les choses ne se passent pas de la même façon. Chez ces derniers, si les modifications que nous venons de décrire ne se poursuivent pas au delà du premier étrangle-

* Engeimnnn, Uebcr Dcgeneration von Nerveufasern. Ein BcUrag zur Cellu' lar^physiologie. Arch. fiirdie gesammte Pliysiol. t. Xlll, 1870, p. 474.

ment sur le segment périphérique, c'est que d'autres altérations, dont nous nous occuperons bientôt, y commencent de suite et avant même que ces premières modifications aient atteint Télranglemcnt. Dans le segment central, où, comme vous le verrez, ce second ordre d'altérations ne se produit pas, les modifications dont nous parlons peuvent remonter au delà du premier étranglement.

Mais n'anticipons pas et, avant d'aller plus avant, examinons les phénomènes qui se passent chez les mammifères, chez le lapin, par exemple, à l'extrémité du segment périphérique et du segment central une heure après la section.

Opérons comme nous l'avons fait chez la grenouille et dissocions le nerf après l'avoir fixé par l'acide osmique. Nous constaterons qu'au niveau de la section la myéline présente du gonflement et de l'opacité, et qu'une partie de cette substance s'est échappée des tubes ouverts pour se répandre entre eux. Elle revêt alors les formes de fils et de boules qui vous sont connues (voy. p. 53).

A co((' (le ces boules et de ces filaments, on remarque, en notable ({uanlili', des globules rouges du sang provenant des vaisseaux divisés par la secliou.

Les boules de uivéline libres et les globules rouixes du sang ne sont pas les seules parties ou tMéuients qu'il y ait à signaler entre les tubes nerveux. A coté d'eux, il existe en proportions variées des cellules, le [)Ius souvent ari'ondies, quel(|uelV)is irréi^ulières, contenant dans leur intérieur des gouttelettes de myéline.

Ces cellules doivent maintenant attirer notre attention. 11 im[)orte, en effet, de savoir ce (prelles sont et d'où elles viennent. A ce propos, je vous lerai renuirquer d'abord que riiémorrhaj^ie qui s'est produite à la suite de la section a mis en liberté, en même temps que les globules rouges, un

Page 1