SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE. — ALTERATIONS DU CYLINDRE-AXE
et TOUS convaincre qu'il est dû à la cause que je viens de vous indiquer, en examinant une préparation que j'ai disposée devant vous et qui provient du segment périphérique du nerf sciatique du rat, enlevé trois jours après la section et fixé par un séjour de vingt-quatre heures dans l'acide osmique. Les tubes nerveux dissociés s*y présentent à vous sous la forme de grosses boules noires ovoïdes reliées par filaments incolores.
Dans la description que je viens de vous donner des altérations survenues dans le tube nerveux cinquante heures après la section, j'ai laissé à dessein de côte ce qui a trait au cylindre-axe. Nous allons maintenant nous occuper de cet élément, qui est le plus important au point de vue de la fonction du nerf.
Que devient le cylindre-axe au milieu de ces modifications de la gaîne médullaire? C'est là une question difficile et sur laquelle, comme je vous l'ai dit, les auteurs ont émis des opinions variées et contradictoires; aussi devrons-nous donner à l'exposé des faits qui y ont trait un certain développement. J'ai réservé cet exposé jusqu'à ce moment, parce qu'il nous servira de transition pour passer des altérations qui s'observent cinquante heures après la section à celles qui se manifestent dans les jours suivants.
Reprenons les observations que nous avons faites pour les discuter au point de viie du sort du cylindre-axe, et occupons-nous d'abord de ce qui se passe au niveau des noyaux des segments interannulaires. Nous avons reconnu que, chez le lapin, quarante heures après la section du nerf, les noyaux proéminent fortement dans l'intérieur des tubes nerveux, et que le protoplasma qui les entoure remplit le reste de leur calibre. Il est donc bien évident qu'en ce point le cylindre-axe est coupé. J'ai insisté sur ce fait dans mes premières communications, et c'est pour cela que cer-
tains auteurs toVut fail dire <]ue la »M:tion du cylindre-aii; est due à t'hyp<;rlro|itiie du Doyau. il sudit de lire avec .illefltion ta noie que j'ai publiée pour reconnaître que j'aU Irîbne celle seclion non pas au noyau, mais bien au proloplasma.
En elTcl, comme nous r.ivons constaté, le prola[ila>iiiia augmentant d'étendue eiivabit lout le calibre du tube au niveau de chacun de ces noyaux. Après avoir refoulé ou absorbé la myéline, il attaque le cylindre-aie et le sectionne, Celte activité considérable du prolopla^ma du segment in- Icrannulairo n'a pas lieu de vous surprendre. Dans Vcxférience dont je vous ai rendus témoins dans la dernière le- ^n, vous avez vu se manifester une activité semblable. Les cellules lympliatiijues, qui sont constituées essentiellement par du protoplasma ont absorbé, en vingt-tiuatrc heures, toute la myéline que nous avions injectée dans la cavité périlonéale d'un cochon d'inde.
Gomme vous le reconnaîtrez sur les préparations que je soumets à votre observation, le cylindre-ase n'est pas coupé seulement au niveau du noyau, il est ci^alement seclionni', mais plus tardivement, en d'autres points de la longueur du segment interannutaire, par le proloplasma qui s'y développe. Aujourd'hui que nous connaissons les incisures de Schmidl et leur nature proloplasmique, il nous est facile de comprendre que ce pliénomène se iiroduil au niveau de chacune d'elles. Aussi, je ne m'explique pas comment H. Ëngetmann*, dans un travail publié récemment, alors qu'il connaissait l'existence de ces incisures, a pu soutenir que le proloplasma ne joue aucun rôle dans la dégénération du segment périphérique d'un nerf sectionné. Il faut qu'il ail eu recours à de mauvaises méthodes, car, sur des pré-
' Eng>.-)niaiui, loco cilato, Arch. Tiir die gcsammlc l'hTaiologic, L XIII, p. 487.