SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE. — ALTÉRATIONS DU CYUNDRE-AXE
parations faites suivant les indications que je vous ai données, les faits sont tellement évidents qu'il n'est pas possible de s'y tromper.
Dans l'historique général que je vous ai présenté au début de ces études sur les modifications qui surviennent dans les nerfs à la suite des sections transversales, je vous ai dit que M. Schiff a annoncé autrefois que le cylindre-axe persiste indéfiniment dans les tubes nerveux du segment périphérique. Remak se rattacha à cette opinion, qu'adoptèrent aussi MM. Philippeaux et Vulpian. M. Vulpian soutenait encore, en 1872, cette manière de voir à la Société de Biologie. Je lui fis remarquer qu'il est facile de constater la disparition du cylindre-axe, au moins dans un certain nombre des tubes nerveux du segment périphérique. M. Vulpian relate le fait sans donner de détails, a Dans la séance même, dit-il, où je faisais cette communication, M. Ranvier assurait qu'il s'était convaincu de la disparition d'un certain nombre de cylindres-axes dans ces conditions. J'ai dû faire de nouvelles études pour contrôler toutes celles que j'avais faites jusque-là, et j'ai reconnu facilement que j'avais été abusé par une cause d'erreur que je n'avais pas su éviter*. »
Comme j'ai déjà parlé de la nouvelle opinion de M. Vulpian au sujet du cylindre-axe (voy. p. 275), je n'y reviendrai pas ici, mais je prends occasion de cette discussion pour vous indiquer les méthodes à l'aide desquelles on peut établir que le cylindre-axe se résorbe et reconnaître le mode suivant lequel se produit cette résorption.
Parmi ces méthodes, je vous signalerai d'abord celle qui consiste à faire des coupes transversales du nerf dégénéré après durcissement par un séjour de huit à quinze jours
* Vulpian, Influence des lésions des nerfs sur les muscles. Archiv. de phy- «iol., t. IV, 1871-7-i, p. 744.
dans r.nciiîe cliromiqite ù 2 pour 1000, et tnacéralïon subs(îqucnle dans l'alrool pendant vingl-fjuatro heures.
Si nous appliquons ce procédé à l'examen du sogmcnl périphérique d'un nerr sectionné cinq jours auparavant, nous apercevrons des cylindres- axes dans ni: grand nombre de tuljcs nerveux. Au premier abord, on serait tenté de croire qu'il en exista encore durs tous les tubes; mais, quand on y regarde avec alteulïon, on se convainc qu'un certain nombre de ces derniers en sont dépourvus.
Si l'examen est fait avec un objtictif fl fort grossissement et à grand angle d'uuverture, et s'il porte sur une coupe épaisse, bien éclaircie, on rcconnail, en faisant varier le point du la vision distincte de manière à pcnciror successivement dans les diverses couches de la préparation, que certains tuhcs nerveux, qui présentent un eylindre-axe à la surface, en sont dépourvus dans la profondeur. D'autres tubes, au cuntniîre, qui paraissent manquer de cylindresaxes quand on les examine à la surface de la coupe, en montrent un lorsqu'on rapproche l'objectif de façon à apercevoir distiiictemi'Hl une parlio sitin'i.' plus profondément. De ces observations, il faut conclure que presque tous les tubes nerveux contiennent des cylindres axes, mais qu'ils sont interrompus et que leurs fragments sont situés à des hauteurs diverses.
Dans ces mômes préparations, on remarque encore un fait dont je vous donnerai bientôt l'explication. À mesure que l'on abaisse l'objectif, on voit le cylindre-axe occuper dans l'intérieur du tut>e nerveux des situations différentes par rapport à l'axe de celui-ci. Cette observation nous montre que ce cylindre s'est contourné, qu'il a pris une forme serpentine. Du reste, on peut l'observer dans son ensemble el reconnaître qu'il a réellement cette forme, en employant pour l'examiner un objectif faible.