‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 74 sur 179 · SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE. — ALTÉRATIONS DU CYLINDRE-AXE · texte numérisé non relu

SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE. — ALTÉRATIONS DU CYLINDRE-AXE

Avant d'aller plus loin, je dois vous dire que Tinterruplion du cylindre-axe en divers points de la hauteur du segment interannulaire ne m'avait pas échappé lors de ma première communication à ce sujet. Voici, en effet, comment je me suis exprimé à cette époque :

a Si l'on étudie les nerfs dégénérés sur des coupes transversales faites suivant la méthode classique, vers le quatrième jour qui suit la section, on voit que les tubes nerveux sont un peu plus larges qu'à Tétat normal ; les cylindres-axes sont légèrement gonflés, et ils manquent dans quelques-uns des tubes. Les jours suivants, le nombre des tubes sans cylindre-axe devient plus considérable, et le vingtième jour les tubes présentant des cylindres-axes sont fort peu nombreux. Il n'est pas nécessaire de donner l'explication de ces faits, car ils se comprennent facilement en partant de ce que j'ai dit plus haut sur les ûbres nerveuses observées suivant leur longueur. » {Comptes rendus^ 30 décembre 1872.)

Pour faire cette dernière observation, c'est-à-dire pour étudier à ce point de vue les fibres nerveuses suivant leur longueur, l'acide osmique n'est pas un réactif convenable. En effet, lorsqu'nprès avoir fixé le nerf dégénéré par un séjour de quelques heures dans une solution d'acide osmique, on en a dissocié les tubes nerveux, ceux-ci montrent d'une manière nette les fragments de myéline et les masses protçplasmiques qui les séparent; mais pas plus dans les uns que dans les autres, il n'pst possible de distinguer le cylindre-axe. Il est également impossible de l'apercevoir au voisinage des étranglements annulaires qui, en quelques points, sont encore reconnaissables. Dans l'espoir de le faire apparaître par la coloration, nous avons laissé séjourner les tubes nerveux dans le picrocarminate, même pendant plusieurs jours; mais ce procédé ne nous a pas per-

mis non plus de le distinguer sur aucun point de la longueur du segment.

Ces observations nous démontrent que le cylindre-axe a bien réellement disparu des tubes nerveux dans les points où tout son calibre est occupé par du proloplasma, mais elles ne nous renseignent pas sur sa persistance ou sa résorption dans Tinlérieur des fragments de myéline, et nous serions conduits à admettre qu'il a disparu dans toute la longueur du tube nerveux, si nous n^avions constaté son existence en quelques points sur des coupes transversales. Nous sommes conduits des lors à affirmer qu'il persiste réellement dans les masses de myéline, mais qu'il n'est pas possible de Ty distinguer après l'action de Tacide osmique.

Il faut donc avoir recours à d'autres méthodes. Voici celle que j'ai employée, et que je vous recommande pour déceler la présence du cylindre-axe au milieu de la myéline. Le nerf est mis à macérer pendant huit à quinze jours dans une solution d'acide chromique à 2 pour 1000, puis, la gaine lamelleuse ayant été fendue suivant sa longueur, les tubes nerveux en sont extraits, et ils sont dissociés au moyen des aiguilles. Ils sont alors placés dans une solution de picrocarminate à 1 pour dOO, ou, mieux encore, dans un mélange de cette solution et de glycérine; la glycérine favorise singulièrement la coloration. Quelquefois, après un séjour de vingt-quatre heures dans ce mélange, les éléments sont suffisamment colorés ; dans d'autres cas, il faut attendre deux et même trois jours. Les tubes nerveux sont ensuite plongés dans l'eau, qui dissout et enlève l'excès de la matière colorante, et leur dissociation est poursuivie jusqu'à ce qu'on les obtienne isolés. Ils sont alors amenés sur une lame de verre et traités successivement par l'alcool ordinaire et par l'alcool

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