SEGMENT PÉRIPHÉRIQUE. — ALTÉRATIONS DD CYLINDRE-AXE
absolu; puis ils sont éclaircis par l'essence de girofle, cl montés dans le baume du Canada ou dans la résine dammar.
Sur ces préparations (celle que j'ai disposée devant vous (fig. 10, PI. IV) date d'une époque antérieure à ma note à TÂcadémie des sciences), vous reconnaîtrez encore les tubes nerveux; ils ont un contour légèrement ondulé et sont colorés en rose; dans leur intérieur, de distance en distance, vous remarquerez des segments plus ou moins longs de cylindres-axes colorés en rouge, tantôt h peu près rectilignes, tantôt plus ou moins contournés.
Sur les préparations de ce genre, vous ne distinguerez pas les fragments de myéline correspondant aux fragments du cylindre-axe. Pour les apercevoir et pour reconnaître leur rapport avec ces derniers, il faut employer un autre procédé. Le nerf est mis à macérer pendant plusieurs semaines dans une solution de bichromate d'ammoniaque à 2 pour 100; ensuite, la gaine lamelleuse étant fendue, on en sépare les tubes nerveux, qui sont plongés pendant quarante-huit heures dans un mélange de picrocarminate et de glycérine. La dissociation est alors continuée dans l'eau, et les tubes nerveux, complètement isolés, sont montés dans la glycérine.
En examinant ces préparations, vous distinguerez les noyaux des segments interannulaires détachés de la membrane de Schwann, devenus sphériques, colorés en rouge et contenant des nucléoles bien marqués. Vous reconnaîtrez également le protoplasma, qui est granuleux et coloré en rose, et la myéline qui est colorée en jaune par l'acide picrique et qui forme des fragments plus ou moins irréguliers.
Dans l'intérieur de ces fragments, vous apercevrez des fragments de cylindre-axe colorés en rose (fig. H, PI. IV).
Ils sont enveloppes par la myéline, non-seulement sur toute leur longueur, mais encore à leurs extrémités. C'est là un point important à noter, car il nous explique la difliculté que l'on éprouve à réaliser leur coloration. En effet, la myéline, comme vous le savez, ne se laisse pas pénétrer par les matières colorantes, ni par les substances eristalloïdes en général ; c'est pour cela que Ton est obligé, pour qu'elle soit traversée, de modifier profondément sa constitution. Il se produit, sous l'influence du bichromate d'ammoniaque, soit des fissures, soit des vacuoles, soit une altération d'une nature qui nous est inconnue, mais qui permet le passage d'un liquide. Après deux semaines de séjour dans le bichromate, il reste encore des boules de myéline qui ne sont pas perméables, mais d'autres sont devenues plus spongieuses, et, à travers leur masse altérée, la matière colorante arrive jusqu'au cylindre-axe, qu^elle rend nettement visible en s'y fixant.
Certaines masses de myéline, les plus considérables, présentent dans leur intérieur un cylindre-axe replié sur luimême [a, lig. H, PI. IV), de telle façon que, s*il était étendu, il aurait une longueur plus grande que celle de la masse dans laquelle il est contenu. Voici comment nous pouvons nous rendre compte de ce fait :
Je vous ai montré, vous vous en souvenez, que les fragments de myéline formés pendant le processus dégénératif, obéissant aux lois de l'attraction moléculaire, tendent à prendre la forme ronde et par conséquent à diminuer de longueur pour augmenter de diamètre. Mais, tandis que le fragment de gnîno miulullaire revient ainsi sur lui-même, le fragment de cylindre-axe qui y est contenu, n'étant pas aussi ductile, doit nnlurellement se plisser pour continuer à tenir dans le segment de myéline désormais plus court.