‹ Leçons sur l'histologie du système nerveuxChapitre 91 sur 179 · SKGMENT PÉRIPHÉRIQUE DU 4- AU 25- JOUR · texte numérisé non relu

SKGMENT PÉRIPHÉRIQUE DU 4- AU 25- JOUR

excepte encore une portion située au voisinage immédiat de la section, et d'une longueur de quelques millimètres.

K partir du quatrième jour, les noyaux continuent à se multiplier, le protoplasma devient plus abondant, et la segmentation de la myéline se poursuit en donnant lieu à la formation de boules de plus en plus petites. Enfin, à une époque que Ton ne saurait indiquer d'une façon précise, la myéline, plus ou moins finement segmentée, s'accumule en certains points des tubes nerveux, et les noyaux cessent de se multiplier. Dans les points occupés par la myéline, le tube nerveux est renflé; dans le reste de sa longueur, au contraire, il est revenu sur lui-même, et son calibre est rempli par des noyaux allongés rangés en série.

Les gouttes de myéline, qui occupent seulement les parties renflées du tube, présentent, après l'action de l'acide osmique, des teintes variées allant du gris clair au noir foncé. Ce phénomène est très-marqué du onzième au vingtième jour après la section, comme vous le reconnaîtrez sur la préparation que j'ai disposée à cet effet devant vous. En l'examinant, vous remarquerez que l'intensité de la coloration n'est pas en rapport avec la dimension des boules. Dans un même tube nerveux, vous observerez des boules d'un diamètre relativement considérable et qui sont à peine teintées, tandis que tout à côté il s'en trouve de beaucoup plus petites qui sont beaucoup plus noires.

Il est impossible d'attribuer cette différence à une pénétration plus ou moins complète de Tacide osmique. En effet, comme les boules que nous observons sont toutes dans un même tube nerveux, et que par conséquent elles ont toutes été exposées à l'action du réactif de la même façon et pendant le même temps, on ne peut guère supposer que l'acide osmique aurait pénétré plus facilement dans des boules plus petites que dans des boules plus grosses. Cette différence de

10 I^GÉSÉRATlOf* DES KEUFS SECTIONNÉS,

coloration a donc une autre cause, et je crois qu'elle dépend de la consliLulion chimique de ces boules. La myéline parait, i;n effet, être foiniéc par la combinaison d'une matière proléique et d'une matière grasse; celle dernière seule, nous le savons, détermine la couleur noire de&J boules par la réduction de l'acide osmique. Par conscqucnl,,^ si la proportion de matière grasse est considérable dans unaia boule de myéline, celle-ci, quelle que soit sa dimension, sa' f colorera d'une manière intense. Si cette proportion est pluj faible, la boule prendra au contraire une teinte moins fon-^< 1 cée. Il y a donc tout lieu de croire que l&s boules qui se co- f lorent faiblement ont perdu une quantité plus considérablOij i que les antres de leur matière grasse constitutive.

En dehors des amas de myéline, le tube nerveux («iraîRl " dtre formé unicfuement par la membrane de âchvann, les noyaux et une 'substance intermédiaire. Cette sabstanos qui est te protoplasma du segment interannulaire, est stiîée suivant sa longueur.

Les auteurs attribuenf généralement la striation longitudinale qui se remarque à cette période dans les tubes nerveux aux plis que feraient les gaines vides revenues sur elles-mêmes. Pour vcriûer cette opinion, il est nécessaire d'avoir recours à des coupes transvei'sales. En effet, si la gaîne de Schwann est réellement plissée, sa section transversale devra être représentée par un anneau festonné.

Je soumets à votre observation une coupe transversale pratiquée sur le segment périphérique d'un nerf enlevé le vingt-huitième jour après la section. Le durcissement a été obtenu par une macération de huit jours dans l'acide chromique suivie d'un séjour de vingt-quatre heures dans l'alcool; la coupe a été colorée au moyen du picrocarminate. En examinant cette préparation, vous serez tout d'abord • frappés de la différence considérable du diamètre des tubes

LEÇONS

n DEGÈMUATlori DES NEUFS SECTIONNI

sans inlërét, mais dont la solulion n'esL pas encore trouvée.

Vous avez vu que le noyau, situe ijoriiialenienl au milieu du segment interannulaire, s'est d'abord hypertrophié à la suite de la section du nerf, puis divisé en deux, et ensuite eii quatre noyaux, qui, tantôt compris dans une masse protoplasmique commune, lanlôt possédant cliacun une part de pruluplasma plus ou moins distincte, occupent, de même que le noyau qui leur a donné naissance, le milieu du^sment inlerannulaire. Mais plus lard il n'en est plus amsi. Entre le cinquième et le vingtième jour, outre les noyaux compris dans une masse proloplasmique commune et occupant le centre du segment inlerannulaire, on en remarque un plus ou moins grand nombre d'autres qui sont dispersés dans toute la longueur de ce segment et jusqu'au voisinage de ses extrémités. Ces noyaux sont sëpt^rés les uns des autres par une quantité plus ou moins grande de gouttes ou de boules de myéline.

Or, comme le segment interannulains a environ un millimètre de longueur, tandis que les noyaux dont nous nous occupons n'ont guère qu'un centième de millimètre, leur déplacemeot depuis le milieu du segment jusqu'à son extrémité est pour eux un long voyage.

Le problème que nous devons nous poser est donc celuici : Quel est le mécanisme par lequel s'accomplit le déplacement des noyaux dans l'intérieur du segment interannulaire? Nous pouvons à ce sujet faire deux hypothèses. D'après la première, ta masse proloplasmique qui remplit tout le segment posséderait des mouvements semblables à ceux que l'on connaît dans le protoptasma de certaines cellules végétales; le transport du noyau serait dès lors dû à Tactivité motrice de l'élément cellulaire. D'après la seconde, cet élément ne jouerait aucun rôle actif, et le déplacement

Page 1