CHIMPANZÉ
petit
manque
superficiel
superficiel
moj'en
manque
superficiel
superficiel
très-court
manque presque
manque
superficiel
moyen incomplet superficiel
couvert
grand complet manque couvert
Pli de passage supérieur..
Pli de passage inférieur..
Mais n'est-il pas remarquable, que dans la seconde moitié de son travail, qui traite des singes américains, M. Gratiolet démontre précisément par des faits la nullité des affirmations qu'il établit dans sa première partie?
N'est-il pas plus remarquable encore que M. Wagner, qui a étudié ce travail, qui le cite, et écrit en long et en
large à son sujet, répète la première moitié, sans lire la seconde, quoique les phrases soulignées soient aussi soulignées dans l'ouvrage original?
N'est-il pas enfin beaucoup plus remarquable qu'en 1860 M. Gratiolet, donc dix ans après avoir lu son travail complet à l'Académie des sciences, en ait si complètement oublié les résultats, que, dans cette année 1860, il affirme sans hésiter que la superficialité du deuxième pli de passage constitue « un caractère absolument particulier à « l'homme? »
Mais M. Gratiolet nous dit encore : « Dans l'âge adulte, le mode d'arrangement des plis cérébraux est le même dans l'un et l'autre groupe, et si on s'arrêtait là, il n'y aurait point de motifs suffisants pour séparer l'homme des animaux en général, mais l'étude du développement oblige de l'en distinguer absolument. En effet les circonvolutions temporo-sphénoïdales apparaissent les premières clans le cerveau des singes et s'achèvent par le lobe frontal; or c'est précisément l'inverse qui a lieu chez l'homme; les circonvolutions frontales apparaissent les premières, les temporo-sphénoïdales se dessinent en dernier lieu, ainsi la même série est répétée ici d'alpha en oméga, là d'oméga en alpha. De ce fait constaté résulte une conséquence nécessaire : aucun arrêt de développement ne saurait rendre is cerveau humain plus semblable à celui des singes qu'il ne l'est dans l'âge adulte ; loin de là, il en différera d'autant plus qu'il sera moins développé. Cette conséquence est complètement justifiée par le cerveau des microcéphales. » Approfondissons un peu ces faits. Le premier a trait à l'histoire du développement de l'homme et des singes. Cette différence est-elle si considérable? Elle dépend certainement de la circonstance que le lobe frontal se développe et devient prépondérant chez l'homme, et que l'ac-
tivité formatrice, par conséquent, se porte de ce côté en plus grande quantité. M. Wagner remarque avec raison à ce sujet : <( Quoiqu'on veuille ultérieurement reconnaître « des différences indiquées par Gratiolet dans le dévelop- <( pement, il existe cependant une analogie bien décidée « (analogie et homologie), entre la série successive des « phrases du développement du cerveau humain et les <( degrés de développement des singes les plus inférieurs « jusqu'aux singes supérieurs anthropoïdes. D'ailleurs « les lobes frontaux offrent déjà de bonne heure chez « l'homme quelque chose de particulier, notamment dans « la précocité de la formation des plis. Mais il y a pour- « tant une ressemblance très-décidée entre les hémi- » sphères presque lisses du cerveau humain à vingt mois, « et les hémisphères privés de plis de petits ouistitis. De <( même il y a aussi, dans la plus grande symétrie et la ra- « reté des plis des deux hémisphères dans le fœtus de six u à sept mois d'une part, et un grand nombre de singes « d'une organisation un peu supérieure d'autre part, jus- « qu'aux groupes qui approchent des singes anthropomor- « phes, une analogie très-évidente. »
Enfin on pourrait demander si on a démontré cette loi de développement chez d'autres espèces humaines? Autant que je le sache, aucun observateur n'a encore étudié d'embryon nègre ou hottentot, du cinquième au septième mois. Mais nous savons que le cerveau et le crâne sont intimement liés dans leur développement et se correspondent réciproquement; nous savons de plus, et Gratiolet luimême a fait remarquer que le crâne nègre suit, relativement à la disparition de ses sutures, une autre loi que le crâne du blanc; que ses sutures antérieures, soit la frontale et la coronale, s'effacent, comme chez les singes, bien plutôt que les sutures postérieures, tandis que le contraire a lieu chez le blanc. Est-il donc si téméraire d'admettre
que cette même marche simienne, qui a lieu dans le crâne du nègre, puisse avoir lieu aussi dans le cerveau?
Le second point a trait aux microcéphales. Ces êtres infortunés, qui, d'après M. BischofY, ne sont point des hommes, doivent précisément nous prouver que le cerveau humain conserve son type particulier dans toutes les cir-
Fig. 63. — Cerveau d'an idiot de vingt-six ans, décrit par Theile. Les hémisphères sont réduits à la longueur du cerveau du chimpanzé de la fig. 60, et le ventricule du côté droit est également mis à découvert.
constances. Lorsqu'on a besoin d'eux, on les considère comme des hommes ; lorsqu'on ne peut les utiliser, on les met de coté comme n'étant pas des hommes.
La conformation cérébrale des microcéphales dépend d'un arrêt de développement qui n'a pas atteint également le cerveau entier. L'arrêt frappe de préférence les lobes
antérieurs ou frontaux; les cerveaux de tous les microcéphales jusqu'à présent observés avaient tous, dans leur partie antérieure, le type des singes anthropomorphes; ils s'étaient arrêtés à ce point encore précoce du développement embryonnaire « où le cerveau du fœtus offre encore « moins de plis cérébraux et de sillons que n'en offrent « jamais les cerveaux simiens. »
Le cerveau du microcéphale reste encore en arrière du type simien, même clans sa partie postérieure. Le cervelet n'est pas entièrement recouvert par les lobes postérieurs du cerveau, comme cela est le cas chez tous les singes, et cette circonstance rappelle le cerveau des carnassiers et la conformation du fœtus entre le troisième et le quatrième mois.
On nous dit maintenant que cette saillie du cervelet provient de l'insuffisance des lobes postérieurs, dont le développement complet constitue précisément le caractère humain.
« Dans le cerveau de notre microcéphale, » dit Wagner, « on peut voir, sur le moule de plâtre intérieur du crâne a que les lobes pariétaux et postérieurs sont très-réduits, « ces derniers manquant presque. » Et à un autre endroit : « La ressemblance extraordinaire de sept ou huit cerveaux « de microcéphales consistait en ceci, que l'atrophie de la « masse nerveuse et des circonvolutions frappait partout « les lobes postérieurs, et la partie postérieure des lobes « pariétaux. Le cerveau des microcéphales n'a pas, dans <( sa partie postérieure , la moindre analogie avec les « cerveaux simiens, dont les lobes postérieurs sont si K développés; c'est entièrement le type humain, mais <( rabougri. »
J'ai voulu, Messieurs, soumettre ces différentes données au critère de la mensuration, et, faute d'autres matériaux, je me suis servi des dessins mêmes publiés par
.Wagner. Sur les figures représentant par leur face supérieure les cerveaux du microcéphale et du chimpanzé, j'ai mesuré, sur le côté gauche, deux distances : la première depuis l'extrémité antérieure du cerveau jusqu'à la scissure perpendiculaire, qui sépare les lobes postérieurs; la deuxième depuis cette même scissure jusqu'à l'extrémité des lobes postérieurs. Ces deux mesures m'ont donné, chez le chimpanzé : longueur des lobes antérieurs == 7(5 millimètres; et celle des lobes postérieurs = 21 millimètres; chez le microcéphale, lobes antérieurs = 75 millimètres ; lobes postérieurs = 20 millimètres. Je trouve de plus que, d'après des mesures de Wagner de la superficie du cerveau, celle-ci est avec la surface des lobes postérieurs (d'après une moyenne fournie par huit hommes), dans le rapport de 100 ; 16, '2 — ; et que chez les microcéphales ce rapport est de 100 : 68,5, ce qui donne pour le microcéphale une surface des lobes postérieurs quatre fois plus grande que pour l'homme adulte, d'où il résulte que l'idiot a les lobes postérieurs au moins aussi développés que les singes.
Résultat. Les lobes postérieurs sont aussi grands chez le microcéphale que chez le singe; l'idiot a ses lobes postérieurs aussi développés par rapport au cerveau que le chimpanzé.
La scissure transverse, ainsi que l'opercule du chimpanzé, ne se trouvent pas chez l'idiot, mais le Béelzébuth ne les a pas non plus, et on ne peut réellement pas demander à un embryon humain de revenir au chimpanzé, pendant que ses lobes postérieurs ressemblent tout à fait à ceux du liéclzébuth. Ici donc la grandeur et la conformation des lobes postérieurs est comme chez les singes, — le cerveau entier, les lobes antérieurs et postérieurs ont le type simien.
Il est vrai que le cervelet n'a pas autant le type simien,
parce qu'il fait saillie en arrière. Mais ceci provient seulement de ce qu'il est disproportionnément gros, et que, n'étant pas frappé d'arrêt de développement, il se rapproche beaucoup du cervelet humain normal, et par conséquent se trouve beaucoup plus grand par rapport au cerveau frappé d'arrêt de développement, et se comporte à peu près comme le cervelet des singes. C'est ce qui résulte des chiffres présentés par Wagner lui-même, d'après des mesures prises sur quatre microcéphales et un vieux orang-outang, et que voici :