‹ Leçons sur l'hommeChapitre 18 sur 22 · ORANG · texte numérisé non relu

ORANG

quatre

microcéphales.

Longueur du cerveau...

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Bref, le cerveau des microcéphales est, par suite de l'arrêt de développement, qui va croissant d'arrière en avant, devenu tant par sa disposition générale que par ses diverses parties, étonnamment semblable à celui du singe, et aucune des assertions qui voudraient lui reconnaître un type particulier ne saurait être conforme à la vérité.

La différence entre le cerveau du microcéphale, qui pourtant n'est qu'un homme anormalement conformé, et celui des races humaines les plus inférieures que nous connaissions, le cerveau de la femme bojesmane qui, au dire de Gratiolet, correspond au cerveau des idiots de race blanche, est donc plus grande que la différence entre le cerveau de l'idiot et celui du singe.

L'idiot d'origine humaine, mais arrêté dans son développement à un certain degré primitif d'organisation, se trouve plus voisin du singe que de son propre père. Le

chemin qu'aurait encore à parcourir son cerveau, pour arriver à la conformation normale humaine, est pins grand que la distance qu'il a déjà parcourue depuis le point de départ, le singe.

Partout où nous regardons, partout des différences graduelles, partout des stations intermédiaires qui, à la vérité, ne tendent pas vers un même point, mais signalent et conduisent vers différentes issues.

Comparaison entre le nègre et le germain. — Proportions corporelles du nègre. — Crâne. — Bassin. — Proportions des extrémités. — Bras, main, jambe, pied. — Parties internes. — Cerveau. — Race. — Déviations du type normal. — Variations dans la coloration de la peau. — Insensibilité du nègre. — Nourrissons et leur développement. — Transformation frappante à l'âge de puberté. — Infériorité intellectuelle du nègre. — Constance des différences. — Analogie avec les animaux. — Formes intermédiaires entre l'homme et les singes. — Microcéphales, particulièrement les Aztèques.

Messieurs,

Nous nous sommes convaincus, par des recherches scientifiques strictement basées sur les faits connus jusqu'à présent, qu'il existe des différences essentielles entre les singes anthropoïdes et l'homme, différences qui sont assez importantes pour assigner au corps humain une place spéciale dans le système du règne animal, mais pas assez cependant pour effacer la parenté étroite qui rattache l'homme aux animaux qui sont le plus voisins de lui. Nous avons, dans cette recherche, un peu idéalisé l'homme ainsi que les singes; car sans prendre garde aux différences qui se présentent dans l'intérieur de chacun de ces deux groupes, nous les avons remplacés par une notion abstraite, collective et générale, malgré les formes diverses que chacun d'eux renferme. Nous avons de préférence choisi les tètes des groupes, et dirigé plus particulièrement nos regards sur les trois singes anthropoïdes des tropiques, pour

le groupe des singes, et sur la race blanche, pour le groupe humain. Mais nous ne devons pas ici nous dissimuler qu'en pénétrant davantage dans le sujet, nous trouvons dans les groupes eux-mêmes, des formes très-distinctes et pouvant se comparer entre elles ; et que, de même que, les singes anthropoïdes, l'orang, le gorille et le chimpanzé forment trois types bien séparés, se rapprochant tous les trois par certains points de l'organisation humaine, et s'en éloignant par d'autres : de même, on rencontre dans le genre humain divers types qui se rapprochent du singe, tantôt par tel point, tantôt par tel autre, indiquant donc ainsi une tendance vers l'animalité, tandis que d'autres au contraire tendent vers le type le plus relevé de l'humanité. Il nous sera permis de procéder de la même manière que nous venons de le faire dans les leçons précédentes.

Nous n'opposerons plus la notion entière de genre humain à celle de singe, nous allons au contraire examiner une forme définie de l'homme, et la comparer avec une autre forme, non moins définie, mais autrement conformée, pour arriver ainsi à déterminer les points par lesquels ces types d'organisation se distinguent. Nous choisissons, pour établir cette comparaison, deux types qui se trouvent presque aux deux extrémités de la série des formes humaines, et sont d'une part, le Nègre, et le Germain d'autre part, et, en les opposant toujours l'un à l'autre dans tous leurs détails, nous obtiendrons un résultat qui nous permettra d'exprimer, par une diagnose courte et précise, le degré des différences existantes entre eux. Ce résultat sera l'expression des faits mêmes, et dans la prochaine leçon nous le comparerons à des données semblables, que nous obtiendrons en suivant la même méthode, dans la comparaison de deux espèces de singes reconnues comme telles.

On verra par la si la somme des différences observées entre deux races humaines est plus grande ou plus petite

que la somme des différences existantes entre deux espèces de singes, dont la distinction comme espèces est reconnue par tous les observateurs. On verra alors si ce n'est pas avoir deux poids et deux mesures que de soutenir la diversité des espèces chez les singes, et l'unité de l'espèce chez l'homme.

Je sais bien qu'on peut faire un reproche à cette manière de procéder.

Yous choisissez, me dira-t-on, le Nègre et le Germain, en reconnaissant vous-même que ces deux types se trouvent presque aux limites extrêmes de la série humaine, puis vous choisirez probablement deux espèces de singes voisines, appartenant au même genre, et ne se distinguant l'une de l'autre que par des différences insignifiantes. Il n'y aura donc rien d'étonnant à ce que vous trouviez, entre le Nègre et le Germain, des différences plus grandes que celles que vous trouverez entre les deux espèces de singes. Je répondrai à cela : l'espèce est l'espèce, et la science zoologique est une. Vos principes doivent avoir la même valeur, qu'on les applique à l'homme ou au singe, et ce qu'on nomme espèce pour l'un de ces types, on ne peut pas le nommer race ou variété pour l'autre. Donc, si les différences qui séparent le Nègre du Germain se montrent plus grandes que celles qui distinguent le singe-capucin du sajou, il faut, ou que les deux types humains soient deux espèces comme les deux singes, ou que les deux espèces de singes jusqu'à présent déclarées par le inonde entier distinctes soient réunies en une seule.

Maintenant procédons aux recherches, sans nous préoccuper davantage du résultat.

Le Nègre est, en général, beaucoup plus petit que le Germain ; la longueur totale de son corps est en moyenne de 64 à 66 pouces. Six squelettes de nègres ont donné une moyenne de taille de 160 centimètres, tandis qu'autant de

squelettes européens ont donné une moyenne d'un peu plus de 172 centimètres. Il y a bien chez les nègres des statures athlétiques, il y a parmi eux quelques souches qui, comme chez les blancs, se distinguent par leur taille considérable ; seulement, même ces grands nègres exceptionnels restent encore fort au-dessous de la taille qu'atteignent les hommes grands des races germanique ou anglo-saxonne, et on ne pourrait jamais trouver, même parmi les races noires les plus favorisées par la taille, des géants comme on en voit quelquefois chez les races blanches.

Les proportions des différentes parties du corps paraissent fort divergentes.

Le tronc est plus petit relativement aux extrémités, surtout au bras, qui, chez le nègre, dépasse toujours le milieu de la cuisse. La plupart des nègres, peuvent sans se baisser ou se pencher, se gratter au-dessus du genou. Le cou est court, les muscles de la nuque sont puissants, les épaules sont par contre plus étroites et moins fortes que chez les blancs. Il y a clans la conformation de la nuque et dans sa voussure une certaine analogie avec le gorille, auquel le développement extraordinaire des muscles de la nuque, joints à la brièveté et à la courbure de cette partie, donnent une expression de force et de férocité. C'est certainement pour cette raison que le nègre porte toujours les fardeaux sur sa tête, jamais sur le dos ni sur les épaules, et que, dans le combat il se sert de son crâne solide pour frapper son adversaire, comme le taureau combattant. La poitrine est petite, son diamètre antéro-postérieurest presque égal au diamètre transversal, qui l'emporte chez le Germain. L'abdomen est flasque, tombant, et en forme de sac, le nombril plus rapproché de la symphyse pubienne que chez le blanc. Même avec un système musculaire complet, les bras paraissent moins arrondis, les hanches sont étroites,

LEÇTONS SUR L'HOMME.

les cuisses latéralement comprimées, les mollets maigres et sans chair. Il est rare que le nègre se tienne complètement droit; la plupart du temps ses genoux sont quelque peu plies et sa jambe recourbée et cambrée. Les mains et les pieds sont longs, étroits, plats, et constituent toujours la partie la moins attrayante du nègre.

La plupart des caractères qu'on peut reconnaître déjà dans la conformation extérieure, ainsi que dans les propor-

Fig. 64. — Crâne de nègre, vu de dessus.

tions des diverses parties du corps, rappellent irrésistiblement les singes. Le cou court, les membres longs et maigres, le ventre ballonné et pendant; tout cela laisse entrevoir la parenté simienne à travers l'enveloppe humaine. De pareilles analogies se font remarquer aussi dans les détails de conformation. Occupons-nous d'abord du squelette, dont les os sont toujours d'un beau blanc d'ivoire, et extrêmement durs. Les angles et les crêtes sont forte-

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ment développés, et les contours des divers os sont surtout plus anguleux et plus saillants que chez l'Européen.

Le crâne est en général allongé, à front étroit, à ligne médiane comprimée et rarement relevée en quille mousse; ses faces latérales sont aplaties, et sa partie la plus large se trouve au tiers postérieur. Le crâne nègre est le type le plus pur que nous connaissions du crâne allongé à front

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Fig. 65. — Crâne cafre, vu eu dessuus.

Cuvant. On trouve sur l'os frontal étroit, dont la face extérieure fuit en arrière, des arcades sourcilières moyennes, des protubérances frontales peu accusées, une large apophyse nasale, eu rapport avec le nez large et aplati. Les fosses temporales sont profondément excavées en avant* plates et allongées en arrière. Vu d'en dessus, le crâne a l'air d'avoir été comprimé fortement derrière les orbites.

Les pariétaux sont proportionnellement beaucoup plus grands quele'frontal et l'écaillé occipitale, qui tous les deux sont très-petits et courts. Les sutures du crâne sont ordinairement fines, et les os wormiens qui se rencontrent fréquemment dans la suture lambdoïde des Européens, sont des exceptions rares chez les nègres. La base du crâne est allongée, le trou occipital plus long que large, et situé en arrière du milieu de la ligne qu'on peut mener du bord

Fig. 06. — Crâne nègre, de profil.

dentaire antérieur au pointleplus proéminent de l'occiput. L'os basilaire est long et étroit, les apophyses mastoïdes par contre, ainsi que l'os du rocher, sont forts et épais; les bords du trou occipital font fortement saillie au-dessus de la base aplatie. Le crâne facial est extraordinairement grand par rapport au crâne cérébral; les orbites sont larges, en forme d'entonnoir, leur bord inférieur trèsépais, arrondi et saillant; l'os nasal est court et étroit,

presque carré, l'ouverture nasale plus large que haute, à angles arrondis, l'épine nasale peu indiquée, la mâchoire supérieure proéminente, présentant ordinairement des protubérances correspondant aux canines, les pommettes ordinairement saillantes, et coupées par une fosse profonde, de manière à former un angle. D'après Pruner-Bey, on peut désigner trois degrés de prognathisme. Dans le degré de prognathisme le plus faible, le bord dentaire est elliptique, au lieu d'être parabolique, convexe en dehors dans tout son pourtour, et proéminent en avant; mais les incisives sont implantées verticalement dans la mâchoire, de sorte que le prognathisme provient uniquement de la disposition même de celle-ci. Dans le second cas, les incisives sont plantées obliquement, mais dans le plan de l'inclinaison de la face extérieure de la mâchoire; enfin dans le troisième cas, elles forment à leur point d'implantation un angle ouvert avec la mâchoire, et sont encore beaucoup plus saillantes. Dans aucun cas, le prognathisme du nègre ne tient uniquement à la position des dents et de leurs alvéoles, mais toujours la mâchoire prend une part essentielle à la proéminence de la face. Il n'est pas rare d'y trouver une lacune de peu d'étendue, entre les incisives et la canine de la mâchoire supérieure. Sômmering a aussi trouvé sur quelques crânes de nègres une molaire supplémentaire à la mâchoire supérieure, deux anomalies, qui n'ont jamais, à notre connaissance, été trouvées dans des crânes germaniques. Les lacunes dentaires rappellent surtout les singes; la molaire supplémentaire de la mâchoire supérieure, d'où résultait pour ces individus 3/i dents au lieu de 32, rappelle les singes américains, qui ont 36 dents, l'augmentation portant aussi sur la mâchoire inférieure. Le palais osseux n'est pas seulement absolument plus long, mais aussi absolument plus large que chez le blanc, deux circonstances qui dénotent déjà le fort développement des

mâchoires. Les arcades zygomatiques sont larges et recourbées, de sorte que le muscle temporal, dont l'usage est de mouvoir la mâchoire inférieure massive, et qui remplit toute la fosse temporale, est beaucoup plus grand et puissant chez le nègre que chez le blanc. La mâchoire est en effet, chez le premier bien plus développée, le menton est fuyant, large et arrondi ; la branche horizontale de la mâchoire est longue ; la branche ascendante, par contre, est courte et large, formant avec la première un angle obtus, de façon à pouvoir développer une grande puissance. En rapport avec tout cela, les dents sont grandes, larges, longues et d'un blanc éclatant; leur substance paraît être beaucoup plus dure que chez les Européens, car les dents des nègres ne s'usent que peu et lentement. Il y a des dentistes qui ont dû en grande partie leur réputation à l'emploi des dents de nègre, qui trouvaient d'autant mieux leur place clans les mâchoires des dames européennes, qu'on sait que le crâne des femmes blanches se rapproche plus de celui du nègre que de celui de l'homme blanc.

Lorsqu'on considère les rapports du crâne cérébral au crâne facial, on est frappé par un caractère simien qui résulte du développement considérable de la partie postérieure du crâne chez le nègre. Par suite de cet allongement du crâne, de son étroitesse dans sa partie antérieure et de la fuite du front, le cerveau paraît pour ainsi dire glisser en arrière en s' éloignant de la face, et les toits des orbites qui s'inclinent beaucoup plus obliquement que dans l'Européen , tendent vers la position presque verticale qu'ils ont chez la plupart des mammifères, ce qui donne aux orbites la forme d'entonnoir. Malgré l'allongement de la boîte crânienne, sa capacité est notablement plus petite que dans le crâne germanique, et la différence peut aller jusqu'à 400 centimètres cubes, et même au delà d'après

les différentes mesures consignées dans le tableau que je vous ai déjà communiqué.

L'angle facial de Camper mesure chez le nègre de 60° à 70°, et descend même jusqu'à 55°, tandis qu'il s'abaisse rarement au-dessous de 80° et est fréquemment élevé de quelques degrés chez le crâne germanique. Chez ce dernier, l'angle sphénoïdal est de 134°; chez le nègre, il varie de 138° à 150° ; l'angle à la racine du nez est de 66° chez le crâne germanique, il est ordinairement au-dessus de 70° chez le nègre, et peut atteindre jusqu'à 77°.

Quant au reste du squelette, on remarque au premier coup d'oeil que la double courbure en S de la colonne vertébrale, est beaucoup moins prononcée que chez le blanc, et se rapproche par sa conformation de la courbure simple et uniforme des singes. Le bassin se distingue aussi tout particulièrement par sa longueur et son étroitesse. Les diamètres du petit bassin, par lequel doit passer à sa naissance la tète de l'enfant, sont fort petits chez le nègre. Le grand diamètre est aussi moindre, et on peut dire, en somme, que le bassin de la négresse (bien que dans le sexe féminin cette partie du bassin soit plus spacieuse que dans le sexe masculin), correspond par son étroitesse et la faiblesse de ses diamètres à celui de l'homme blanc, tandis que chez la femme blanche les dimensions normales sont beaucoup plus considérables. 11 n'y a rien là d'étonnant, car la tète de l'enfant nègre porte déjà à sa naissance les caractères de sa race, par sa forme étroite et allongée, à laquelle convient parfaitement le petit bassin avec sa conformation conique ou cylindrique. Le bassin du nègre, comparé avec celui de l'Européen, est surtout plus grêle; les os iliaques sont plus allongés en hauteur, et non pas évasés et élargis ; ils sont dressés le long de la colonne vertébrale, de sorte que leurs parties supérieures se trouvent placées, relativement au sacrum, à peu près comme

LEÇOXS SUR L'HOMME.

les omoplates le sont relativement à la colonne dorsale.

La longueur des extrémités, et tout spécialement les

rapports existants entre leurs différentes parties, paraissent

avoir une importance toute particulière1. Le bras est peut-

1. Je donne ici quelques chiffres proportionnels des parties des membres. Si on prend 100 pour la longueur totale du corps, et qu'on rapporte à ce chiffre les longueurs des différents membres, on obtient les chiffres proportionnels qui suivent, calculés d'après les mesures de Burmeister.

HÛM

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