‹ Leçons sur la génération des vertébrésChapitre 10 sur 35 · NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

NEUVIÈME LEÇON

Diverses théories de Tovogénèse, — Théories de Bischofi et de Coste. — Recherchèâ de Pflûger. — Travaux de Waldeyer. — Structure de Tovaire de Tembryon et du nouveau-né.

Nous ne nous sommes occupés, jusqu'à présent, que de l'organisation de Tœuf dans les différentes classes de Vertébrés en Tenvisageant seulement depuis le moment où il abandonne l'ovaire jusqu'à celui oîi il arrive dans l'utérus chez les vivipares, et jusqu'au moment de la ponte chez les ovipares. Nous l'avons vu pendant ce trajet s'entourer en général de parties nouvelles, plus ou moins nombreuses, toujours accessoires et fournies par Foviducte. Nous devons rechercher maintenant l'origine de cet œuf dans l'ovaire, c'est-à-dire étudier cette partie de l'histoire de Tœuf à laquelle on a donné le nom d'ovogé7ièse,

Jj'œuf ovarien est toujours contenu dans une loge formée par le tissu même de l'ovaire, et que l'on a appelée follicule de Gruaf^ovisac, capsitle ou follicule ovarien. L'intérieur du follicule est tapissé par une couche de cellules granuleuses, connue, depuis Baer, sous le nom de membrane granuleuse; il vaudrait mieux l'appeler, avec M. Coste, membrane celluleuscy puisqu'elle est formée de cellules, et non de granulations, mais nous lui conserverons cependant le nom qui lui a été donné par Baer, puisqu'il est généralement adopté. Cette membrane est plus ou moins développée suivant les différentes classes de Vertébrés, et c'est chez les Mammifères qu'elle acquiert le plus d'importance. L'œuf de ces animaux est entouré de plusieurs couches de cellules, et il occupe dans le follicule une position excentrique. Par suite du développement, une petite cavité se forme dans l'intérieur du follicule par liquéfaction d'un certain nombre de cellules de la membrane granuleuse. Cette liquéfaction gagne de proche en proche, et il ne reste que les cellules qui sont à la périphérie du follicule et celles qui entourent l'ovule; ces dernières constituent le cum^ulus proliger de Baer.

Chez tous les autres Vertébrés, il n'y a jamais qu'une seule rangée de cellules autour de l'ovule et le follicule ne présente pas de cavité.

Tous les embryogénistes admettent que l'enveloppe du follicule est une dépendance de l'ovaire, mais ils sont loin d'être d'accord sur Tori-

gine de la membrane granuleuse et de l'ovule. On peut distinguer trois périodes dans l'histoire de Tovogénèse.

La première période commence avec Baer, qui découvrit l'œuf des Mammifères, en 1827. Elle comprend les travaux de Purkinje, R. Wagner, Bischoff, Barry, Warthon Jones, Valentin, Steinlein, Leuckart, Goste, H. Meckel, Allen Thomson, Vogt, etc. ; elle dure jusqu'en 1862, époque à laquelle parut le remarquable travail de Pfltiger, qui inaugura une seconde période et provoqua les recherches de Borsenkow, Spiegelberg, Letzerich, Langhans, Kœlliker, His, etc. Enfin, la troisième période datede lapublication du mémoire de Waldeyer(1870), qui ouvrit une ère nouvelle aux recherches des embryogénistes.

Bischoff (1), parmi les auteurs de la première période, est celui qui a donné la description la plus complète de l'œuf et qui a le mieux résumé les idées de ses contemporains : c'est pour cette raison que je ferai un court exposé de sa théorie.

ÎBischoff a constaté que le follicule de Graaf apparaît de très-bonne heure dans l'ovaire de l'embryon de la Vache et de la Truie. Carus, avant lui, avait déjà signalé l'existence de follicules bien développés dans l'ovaire de la petite fille au moment de la naissance. D'après Bischoff, les premières traces des follicules se montrent sous la forme de petits groupes arrondis de cellules nues, plongés au sein même de l'ovaire. Chaque groupe s'entoure ensuite d'une enveloppe qui, pour Bischoff, serait une différenciation du stroma de l'ovaire, et qui, pour Leuckart et Steinlein, serait une sécrétion des cellules périphériques du follicule. Bientôt le centre du jeune foUicule s'éclaircit et l'on y distingue une vésicule claire ; c'est la vésicule germinative qui n'est qu'une cellule transformée ; cette vésicule s'entoure par attraction de granulations qui forment le vitellus, lequel sécrète ensuite une membrane d'enveloppe. Ainsi, Bischoff fait naître l'œuf par formation centrifuge, c'est-à-dire que la vésicule germinative apparaît la première et la membrane vitelline en dernier lieu.

Cette opinion avait été déjà émise par Purkinje, lorsqu'il eut découvert la vésicule connue sous le nom de vésicule de Purkinje, et que Baer appela vésicule germinative, lui attribuant un rôle très-important dans l'œuf.

La théorie de Bischoff fut adoptée par les observateurs de son époque et principalement par Leuckart. Cette description de la genèse de l'œuf était, en effet, très-séduisante, car elle se rapprochait des observations faites par Schleiden sur la genèse des cellules végétales; cet auteur faisait

(i) Bischoff, Traité du développement de Vhomme et des YnamYniff)res^ Paris, 1843.

apparaître en premier lieu le nucléole, c'est-à-dire la tache germinative, puis le noyau qui représente la vésicule germinative de Tœuf , ensuite le protoplasma de la cellule qui correspond au vitellus, et enfin la membrane d'enveloppe. Aussi Schwann s'appuya sur cette analogie pour démontrer que l'œuf n'est qu'une cellule.

Cette manière de voir n'a pas été admise par M. Coste(l). Il s'est assuré que jamais la vésicule germinative n'apparaît isolément ; pour lui, l'ovule se montre d'abord comme un petit globule plein, homogène, solide, qui se creuse d'une cavité dont les parois représentent la membrane vitelline. Dans cette cavité se forme presque en même temps un second globule, qui se transforme à son tour en une vésicule (vésicule germinative). C'est par une interposition de molécules entre les deux vésicules' emboîtées l'une dans l'autre, qu'apparaît le vitellus. A l'inverse de ce que croyait Bischoff, l'œuf, d'après M. Coste, serait donc produit par une formation centripète.

Cette théorie fut vivement critiquée par les auteurs allemands et surtout par Leuckart ; elle avait cependant quelques points communs avec les idées de certains histologistes ; ainsi Reichert admettait également que le vitellus se forme par voie endosmotique à travers la membrane vitelline ; et Schwann avait adopté ce schéma de développement pour expliquer la formation du contenu de toutes les cellules tant végétales qu'animales. Quant à la production de la vésicule germinative par formation endogène, elle ne pouvait paraître complètement inadmissible, puisque l'on savait déjà que des noyaux de cellule naissent spontanément au milieu d'une masse de protoplasma, d'un blastème, comme cela se voit par exemple dans le blastoderme des Insectes.

Tel était l'état de l'ovogénèse lorsque Pfliiger (2), en 1863, chercha à démontrer que l'ovule ne prend pas naissance dans le stroma même de l'ovaire, mais dans des canaux, des tubes, qui existent dans cet organe. Cette idée n'était pas entièrement nouvelle. En 1838, Valentin (3) avait, en effet, annoncé que, chez les embryons de Vache et de Brebis, il avait aperçu dans l'ovaire des tubes semblables à ceux du testicule. Ces tubes étaient fermés à leurs deux extrémités, disposés parallèlement au petit axe de l'ovaire, et constitués par une membrane propre renfermant des cellules épithéliales. Bientôt, ces tubes présentaient dans leur intérieur des vésicules de plus en plus volumineuses au fur et à mesure qu'on s'éloignait de la surface de l'ovaire, et entourées de cellules épithéliales.

(1) CosTB, Histoire générale et particulière du développement des corps organisés^, I. p. 148, Paris, 1847.

(2) Pfluoeb, Die Eier stocke der Saugethiere und des Menschen^ Leipzig, 1863.

(3) Valentix, Minières Archiv, p. 53!, 1838.

Valentia compara ces tubes aux gaînes ovariques des Insectes. Les

follicules se développaient, suivant lui, dans ces tubes et devenaient libres après la naissance, mais il ne dit pas de quelle manière ils se forment.

Cette observation de Valentin passa inaperçue et n'eut aucune in« fluence sur les recherches ultérieiu'es des embryogénistes. En 1856, Billroth annonça que, sur un fœtus humain de quatre mois, il avait reconnu que les follicules ovariques se forment par des étranglements sur de longs tubes cylindriques.

C'est d'une manière tout à fait indépendante de celle de ses devanciers que Pflûger est arrivé aux mêmes conclusions. Voici quels sont les principaux résultats de ses recherches .

L'ovaire, comme le testicule, chez les nouveau-nés, se compose de nombreux tubes, simples ou ramifiés, qui augmentent de diamètre en s'éloignant de la surface de Torgane ; la portion périphérique du tube représente toujours un état moins avancé que la portion centrale. Chaque tube possède une membrane propre, très-visible chez la Chatte, mais que Pfluger n'a pu trouver chez le Veau, et renferme un contenu formé d'abord de cellules épithéliales régulières qui se différencient plus tard en deux sortes d'éléments, dont les uns deviennent les ovules, et les autres donnent naissance à la membrane granuleuse.

Chez la Chatte, ces tubes sont en continuité directe avec la surface de l'ovaire, mais ils sont terminés en cul-de-sac. Pflûger a reconnu le premier que l'épithélium qui recouvre la surface de l'ovaire est cyUndrique ; il s'est même demandé si les tubes n'auraient pas leur point d'origine dans cet épithélium, si les ovules qui se forment dans les tubes ne seraient pas eux-mêmes des cellules péritonéales modifiées et si, par conséquent, les follicules ne seraient pas des vésicules séreuses séparées du péritoine. Il n'insista pas sur cette idée, mais il entrevit ce que Waldeyer a démontré plus tard être la vérité.

A l'extrémité périphérique des tubes ovariques, Pfliiger reconnut l'existence de petites vésicules, qu'il considéra comme des noyaux entourés d'une mince couche de protoplasma ; il appela cette portion du tube la chambre germinative (Keimfach).

A mesure que l'on se rapproche de l'extrémité centrale du tube , on voit certaines cellules de la chambre germinative présenter les caractères de jeunes ovules, tandis que d'autres restent à l'état de petites cellules. Les ovules primitifs se multiplient par division et par bourgeonnement ; ils sont très-contractiles, à tel point que PflUger dit avoir vu, chez la Chatte, un de ces ovules se mouvoir sur le porte-objet comme une amibe, et sortir du champ du microscope.

PflOger a pu observer directement la multiplication de ces ovules. 11 a vu un ovule présenter un prolongement qui augmente petit à petit de volume ; son noyau se divise, mais la tache germinative demeure dans la partie du noyau qui reste affectée à la cellule mère, et une nouvelle tache germinative apparaît subitement dans le noyau du nouvel ovule. Cette apparition subite d'une tache germinative dans un noyau n'a pas été seulement observée par Pflilger. Ed. van Beneden a constaté, chez la Grégarine du Homard, que le nucléole, doué de mouvements amiboïdes très-marqués, disparaît à un moment donné pour reparaître ensuite subitement.

Les jeunes ovules restent en connexion les uns avec les autres, et forment dans les tubes des chaînes ou des chapelets.

Les cellules des tubes qui ne se sont pas transformées en ovules se multiplient comme ces derniers ; les unes se disposent comme un épithélium sur les parois du tube, les autres viennent entourer les chaînes

~ Tubea de Pflugsr d'un tœtni humui

Fi», tl. ^ Tube de Pflapr da ït»

d'ovules, de manière à former une couche de cellules autour de chacun d'eux. Quelquefois, les ovules, au lieu de former des chaînes, se séparent complètement.

Les tubes ovariques commencent à se segmenter par leur partie centrale. Leur paroi, au niveau de chaque étranglement de la chaîne d'ovules primordiaux, envoie un prolongement dans l'intérieur du tube; en même temps, les cellules épithéliales pénètrent entre les ovules, de sorte que bientôt le tube se trouve fragmenté en autant de segments qu'il y avait d'ovules, et chaque segment représente un jeune follicule.

VflUgBT a recherché s'il y avait production de tubes ovariquei aprèi la oaissance. Chez la Chatte et chez la Chienne, aux approches de chaque époque du rut, il a observé des tubes et des follicules en voie de formation ; en dehors du moment de la reproduction t il n'a pu trouver dan» Tovaire que des follicules isolés ,

Les recherches de PQtiger ont été confirmées par un grand nombre d'auteurs^ entre autres par His (1) et KcBlliker (2). Ces observateurs n'ont jamais trouvé de membrane propre aux tubes de PflQger ; aussi les appellent*il8 des cordons glandulaires, parce qu'on ne peut pas les considérer comme des tubes, Spiegelberg et Letzerich décrivent au contraire une membrane autour des cordons glandulaires* Chez la Femme, His et KcBlUker ont remarqué aussi que les amas glandulaires n'ont pas tom'ours une forme allongée, comme le croyait Pflttgerj mais que souvent ils sont irréguliers, arrondis ou ramifiés. Pour His, les cellules épitbéliales qui entourent les ovules viendraient du tissu conjonctif, qui forme le stroma de Tovaire; cette idée a été reprise dernièrement par Foulis, nous aurons à y insister plus tard.

Ed. van Beneden (3), dans son grand mémoire sur la Composition et la Signification de Vœuf^ a étudié aussi la structure des tubes de Pfliiger chez les Mammifères* Il a observé les chdnes d'ovules décrites par les auteurs précédents, mais il ne croit pas que les ovules primordiaux se multiplient par bourgeonnement, La chambre germinative de PAtiger ne serait constituée» suivant lui, que par une masse de protoplasma renfer** mant des noyaux, et ne contiendrait pas de cellules distinetesi

Les travaux de Pfifiger ont été révoqués en doute par ëobrcBU (4), Grobe (3) et BischofT. Ces auteurs nièrent Texistence de cordons glandu^ laires et pensaient que les follicules se formaient isolément dans l'inté^* rieur du stroma de l'ovaire. Schrœn, dont les recherches sont antérieures à celles de PflUger, faisait naître les ovules h l'état de cellules nuesi mais il a commis une erreur d'observation due à la manière dont il colorait ses préparations, Kœlliker, qui a eu occasion d'eiaminer les préparations de SchrcBUi a pu se convaincre que ce que ce dernier a pris pour des ovules nus n'était que de jeunes follicules dont les cellules épiihéliales étaient peu visibles. Le travail de Schroan n'en est pas moins très^impor» tant, parce qu'il renferme la première indication de l'existence des jeunes follicules & la périphérie de l'ovaire. Schrœn croyait que les jeunes ovules

(i) Hi9, 4reh* /. mikrotkop, Anat-t I| 1S65,

(2) Kœlliker, Elém,. d'histologie humaine, Paris, 1872.

(3) Ed. V. Beneden, 3fé7».coMr.flf«« sav, éU\ de l*Ac„ r, des Se, de Belgique fXKXlV ^ 1870.

(4) Schrœn^ Zeitschr, f, wis9. Zoologie, XII, 1863.

(5) Grohb^ Virchow*s Arch, f. path. Anatomie, XXVI, 186S.

s'ônfohcent dans le stroma et s'y entourent d'une couche cellulaire empruntée au tissu conjonctif de l'ovaire, de manière à constituer des follicules.

M. Sappey (i), en 1864, sans avoir connaissance des travaux de Pfliiger et de Valentin, a démontré que les jeunes vésicules ovariennes avaient pour siège la périphérie de l'ovaire et il a constaté que ces vésicules étaient des follicules et non des ovules nus, comme le croyait Schrœn.

Il résulte donc des travaux faits pendant cette seconde période de l'ovogénèse que les ovules ne se forment pas dans toute l'épaisseur de l'ovaire, comme on lé pensait antérieurement, mais qu'ils n'apparaissent qu'à la périphérie de cet organe. Waldeyer a reporté encore plus loin Torigine de l'ovule ; il la place en dehors de l'ovaire, dans la couche cellulaire épithéliale qui recouvre sa surface. Waldeyer (2) n'est arrivé à cette conclusion que successivement, en examinant un grand nombre d'embryons de divers âges appartenant à différentes espèces de Vertébrés. Nous suivrons, dans l'exposé des résultats de cet observateur, la marche qu'il a lui-même suivie dans ses recherches.

Chez la Femme, c'est à un âge très-peu avancé qu'on peut constater la formation dés ovules : dès le troisième mois de la vie embryonnaire, on distingué déjà dans l'embryon la portion périphérique ovigère et le stroma central. A cet âge, l'embryon n'a que 4 ou 5 centimètres de longueur, et l'ovaire se présente sous la forme d'une petite masse allongée parallèlement à l'axe du corps, ne mesurant pas plus de 3 millimètres de longueur, sur 1 millimètre de largeur et 0°»°^,5 d'épaisseur. Elle est appliquée sur le corps de Wolff par une face concave. Cet ovaire présente les trois zones que l'on dislingue chez l'adulte : une couche superficielle formée de cellules épithéliales, une couche parenchymateuse et un stroma vasculaire; on n'y voit aucune trace d'albuginée, c'est-à-dire de cette tunique fibreuse qui revêt plus tard l'ovaire au-dessous de l'épithélium, et qui n'est bien marquée qu'à l'âge de sept ou huit ans.

L'épithélium se compose d'une seule couche de petites cellules subcylindriques ; au-dessous de lui un tissu fibreux forme de larges mailles renfermant deis cellules. Les trabécules que circonscrivent ces mailles sont des prolongements du stroma central ; les cellules proviennent de la couche épithéliale. Ces cellules épithéliales sont, en effet, englobées par le stroma de l'ovaire, qui est le siège d'une prolifération très-active et envoie sans cesse des prolongements vers la surface de l'ovaire. A mesure que ce travail histogénique se produit, les cellules épithéliales se

(1) Sappey, Traité d*anatomie descriptive^ III, Paris, 1864. (2j Waldeyer, Eierttock und Ei, Leipzig, 1870.

multiplient, de sorte qu'il reste toujours une couche de cellules à la surface de l'ovaire.

Bientôt, parmi les cellules d'origine épithéliale qui constituent les amas de la couche périphérique, quelques-unes se a ^- d adifférencient; elles aug- ' ^^^^ = \ "* /^ ^^^ mentent de volume et ao- Mu^ ^^^^^^^■. j^^^J^^^^^^^ê' quiërent un noyau assez ^ ''^' "< 'i^i^^^' iffiS^^® i^ graud avec un nucléole : ce b.l>^?<g^^^K^^^^^p£ J i sont les ovules primor- juJo^C^^^^^^^^^^S't-

Pfltiger,etilaconstaté qu'ils T* "~^" ," "^ ~j Jr ~

sont produits par une inva- Pig. tz. - Coupe d. U ,«rt»^ d« Vo^ûn à-m {«tu. hanuin

ffination de l'épithélium. a» trent^j™. .™»i™,. o, épithôiium; ». <.«.i« d.»

A sept OU huit mois delà thélial» en loie d'invaginilioD; (, fol Umte primordial

vie fœtale, les ovaires ont f™ru'i'Trïraotâiâ!.xTv.in™"s*°ce7Ml" '^^^"'.m

changé de situation et de de Hii. (O'aprè. Wuldeyer.)

structure; ils sont placés transversalement à l'axe du corps, comme ils le seront plus tard, mais ils sont moins allongés et plus épais. Les loges caverneuses de la portion périphérique sont plus petites et plus nombreuses. Les ovules sont en plus grande quantité, et l'on voit déjà, vers la partie profonde de la couche ovigère, les petites cellules épithéliales se ranger autour des ovules et constituer lesjeunes follicules; mais on ne trouve pas encore de tubes de Pfltiger proprement dits.

Comment se fait-il que le nombre des ovules augmente dans l'ovaire ? Waldeyer n'a pas constaté directement la multiplication des cellules ovulaires, il ne l'admet qu'en théorie ; cette multiplication est bien réelle et on peut l'observer. A cet âge, en effet, on constate dans l'épithélium ovarique la présence de cellules rondes, plus grandes que les cellules épithéliales, et qui ne sont autre chose que de jeunes ovules apparaissant avant leur pénétration dans l'ovaire. Ces jeunes ovules sont des cellules nues, et sans membrane d'enveloppe; elles mesurent de O^^.Olù à 0°"°,0J8 de diamètre, tandis que les cellules épithéliales n'ont que 0""°, 015 à O'°°',018 de longueur et 0°"°,0Û5 à 0"",006 de largeur.

11 existe donc chez l'embryon de septà huit mois de petits follicules parfaitement isolés dans les lacunes du stroma renfermant les amas épîthéliaux et ovulaires. Si on dilacère la substance fraîche de l'ovaire dans un liquide neutre, comme le sérum iodé, on parvient à isoler ces petits follicules, et l'on voit que les cellules épithéliales adhèrent intimement & l'ovule et que ces follicules n'ont pas de membrane propre.

BiscbofT admettait, au contraire, une membntie d'enveloppe autour du follicule ; Ptltlger, comme nous l'avons déjà vu, prétendait l'avoir observée chez certaines espèces et pas chei d'autres. Waideyer nie Têxistence de cette membrane, et pour ma part je n'ai pu encore la mettre en évidence.

Chez le nouveau-né, les ovaires ont déjà de 1 centimètre à 1~,5 de longueur. A cet &ge, on voit apparaître au-dessous de l'éplthélium un nouvel élément, une mince couche de tissu conjonetif, qui représente l'albuginée. L'existence de cette couche indique que le travail ovogénique a cessé et qu'il ne se produit plus d'invagination de l'épithélium. C'est à ce moment qu'on observe la formation des tubes de PflOger. On trouve

n, TilMiaili. (D'iprii Waldt

encore cependant, dans U couche épîthébale, de jeunes ovules primordiaux. Ce sont des ovules retardataires, qui ne peuvent plus pénétrer dans le stroma de l'ovaire, à cause de la présence de la couche de tissu conjonetif ; d'après Waldeyer, ces Ovules seraient destinés à avorter ou à tomber dans k cavité abdominale.

Waldeyer pense que la transformation en tubes des amas cellulaires de forme arrondie est due à la prolifération du tissu conjonetif, qui comprime ces amas et les force, pour ainsi dire, à s'allonger. Je ne puis partager cette opinion, et je pensa que c'est par suite de la division successive des ovules, parallèlement à la surface de l'ovaire, qu'apparaissent

les chaînes d'ovules. J'ai pu observer, chez plusieurs espèces de Vertébrés, cette division, et Kœlliker Ta également signalée. Les tubes ovîgères ont la structure décrite par Pfliiger, mais on n'y voit pas de chambre germinative à leur partie terminale, et ils ne paraissent pas avoir de membrane d'enveloppe.

DJXIÈME LEÇON

Multiplication des ovules. — Néo-formation et destruction d'ovules à différents Ages. — Structure de l'ovaire de la Chienne, de la Chatte, de la Lnpine^ etc. — Ovogénèse chez les Oiseaux. — Origine des ovules ; épithélium germinatif.

Les tubes ovariques une fois formés, on doit se demander s'il se produit de nouveaux ovules. A priori, on peut répondre affirmativement à cette question, car le nombre des ovules de l'ovaire d'une petite fille est plus considérable que celui de l'ovaire d'un nouveau-né.

Nous avons déjà vu comment Miiger explique la formation des follicules, par la pénétration dans les tubes de cloisons émanant de la membrane de ces tubes. Waldeyer, qui n'admet pas la présence de cette enveloppe, pense que la prolifération du tissu conjonctif suffit à produire l'étranglement des chaînes d'ovules et la séparation des follicules.

Le travail de segmentation des tubes de Pflûger dure jusqu'à l'âge de deux ou trois ans. A trois ans, on ne trouve plus que des follicules isolés et indépendants. Kœlliker avait déjà remarqué que, dès la première année, il n'y a plus production de cordons ovulaires ; on peut cependant observer des tubes de Pflûger à un âge plus avancé et même chez l'adulte. Pour Kœlliker, ces cordons ne seraient que des trabécules formées de cellules épithéliales et ne renfermeraient pas d'ovules. Telle est aussi l'opinion de Langhans ; Waldeyer soutient, au contraire, que ce sont de véritables tubes de Mûger contenant des ovules, visibles à l'aide de forts grossissements et sur des coupes très-minces.

Nous avons dit que les ovules se multiplient dans les tubes de Pflûger par division, après la naissance. Kœlliker décrit en outre un autre mode de production des ovules. Les follicules déjà formés donneraient naissance à de nouveaux ovules par bourgeonnement. Dans certains ovisacs, il a vu des appendices de la membrane granuleuse, représentant des cylîi>dres plus ou moins longs, terminés par une extrémité arrondie ou renflée ; mais il n'y a pas constaté la présence d'ovules, et il suppose qu'il doit s'en former dans cet appendice. Il a de plus figuré un ovule avec deux vésicules germinatives, et il admet que c'est un ovule en voie de division.

J'ai vu cfuelquefois des foUiculea semblables, et j'ai pu constater que les deux vésicules germinatives appartiennent chacune à deux ovules reitlermés dans le même follicule et pressés l'un contre l'autre. Kœlliker dit aussi avoir observé chez une Femme, morte en couches au septième mois de la grossesse, un grand nombre de jeunes follicules dans l'ovaire, et il pense qu'ils étaient de formation récente.

On peut expliquer cette néo-formation de follicules autrement que par un bourgeonnement des follicules préexistants. Koster (t), qui, en même temps que Waldeyer, a signalé, dès IBôff, l'invagination de l'épithélium à la surface de l'ovaire, Koster a vu des tubes de PflOger pendant toute la durée de la vie chez l'adulte. Cette observation de Koster est très-exacte; j'ai vu des tubes ovigères trèâ-hien formés chez une Femme de vingt-deux ans, et Pflilger, comme nous l'avons déjà dit, a constaté la' présence des tubes chez l'adulte au moment de la reproduction. Waldeyer n'admet le fait que pour la Chienne. ^Toy^{,7j-Z't.mZZ^v'n^

L'existence de tubes de PflQger chez la Femme ''eu,.B,,Hnte™wideiouiie» et les animaux adultes est démontrée aujourd'hui ; " ""''*' p""'"''elle n'a lieu, il est vrai, qu'exceptionnellement, mais elle suffît i expliquer la multiplication postembryonnaire des ovules.

Vers l'âge de deux ou trois ans, le nombre des jeunes follicules est considérable. M. Sappey a estimé qu'il y en avait 400000 dans l'ovaire dune petite fdie de trois ans; ces follicules, dans la couche périphérique, nemesurentqueS à 7 centièmes de millimètre de diamètre, et leurs ovules de 3 à 4 centièmes de millimètre ; daus la couche profonde, on peut trouver quelques follicules déjà développés, ayant de l°"° à 1"",5 de diamètre. Le nombre de ces follicules diminue rapidement avec l'âge; ainsi Henle n'en a compté que 36 000 environ chez une Femme de dix-huit ans(2); ils disparaissent par dégénérescence de leurs éléments. Un certain nombre d'entre eux sont aussi expulsés de l'ovaire, car, à chaque époque cataméniaie, il s'en détache au moins un ovule.

L'ovaire, chez l'adulte, conserve la même structure que chez la petite fille ; les follicules y sont seulement plus espacés, et les travées de tissu conjonctif plus épaisses; de plus, un certain nombre de follicules arrivent à maturité et acquièrent un volume très-grand. Chez la Femme, l'albu-

(1) Koster, Archives néerlandaises des sciences ex (I) Henle, Handbuçh dei- Bingtweidelekre, I87Î.

gbée a une épaisseur assez notable. Henle y décrit trois couches : une couche superficielle composée de fibres parallèles au grand axe de Toyaire, une couche moyenne dont les fibres sont perpendiculaires à cet axe, et une couche inférieure dont les fibres sont, comme celles de la couche superficielle, parallèles au grand axe. Cette albuginée ne forme pas une membrane isolable, et on ne peut la détacher de la surface de l'ovaire comme on le fait pour d'autres organes. Cette tunique fibreuse doit être, en effet, considérée comme une stratification du tissu conjonctif à la surface de Tovaire.

La période sexuelle détermine dans l'aspect extérieur et la structure de l'ovaire des modifications dues ft trois causes principales. Les unes sont liées à la maturation des follicules, qui, de la profondeur, arrivent vers la périphérie et font saillie à la surface sous forme de grosses vésicules claires ; les autres tiennent à la formation des corps jaunes, que nous étudierons plus tard, et aux hémorrhagies qui se font fréquemment dans le stroma môme de l'ovaire, aux époques menstruelles.

Vers l'âge de quarante-sept à cinquante ans, la Femme devient généralement stérile, et on ne trouve plus de follicules dans ses ovaires ; mais l'épithélium germinatifpersisteàla surface de l'organe, qui est irrégulière, rugueuse et rappelle l'aspect d'une masse cérébrale. Il en résulte que l'épithélium s'enfonce dans les fentes et les circonvolutions, et que, sur une coupe, on croirait avoir affaire à des invaginations épithéliales, comme chez l'embryon, ressemblance qui n'est qu'apparente. L'albuginée a augmenté encore d'épaisseur et peut présenter jusqu'à cinq et six couches stratifiées.

En résumé, nous voyons que dans l'ovaire le tissu conjonctif est constamment en voie de prolifération; la conséquence de ce fait est que les follicules les plus développés se trouvent, du moins dans le jeune âge, à la partie profonde de l'organe. Il n'y a pas migration du follicule de la périphérie au centre, comme on le (iroyait autrefois; celui--ci se développe à l'endroit où il a pris naissance, mais de nouvelles couches de tissu conjonctif viennent s'étendre au^iessus de lui, de sorte qu'il parait descendre dans le stroma. Un phénomène analogue s'observe dans les gaines ovigères des Insectes> où l'œuf le plus ancien est le plus éloigné de la chambre germinative et le plus rapproché de l'extrémité externe de la gaine. Ici, la chambre germinative occupe l'extrémité de la gaîne, qui s'allonge à mesure que de nouveaux œufs sont produits. Chez les Mammifères, la chambre germinative est en quelque sorte étalée à la surface de Tovaire : c'est l'épithélium. Les tubes de Pflflger sont comparables aux gaines ovlgères des Insectes, et l'ovaire n'est qu'un assemblage de gaînes ovigères réunies par une grande quantité de tissu conjonctif. Cette corn-

pardson avait du l'esté déjà été faitô par Valentin et par Waldeyer. Dans Tovaire de totis les M«ammifères, on constate que, en même temps qu'il se forme de nouveaux follicules, un certain nombre de follicules déjà bien développés s'atrophient. Cette disparition s'observe même chez le fœtus, comme l'ont vu Slavianski (1) et M. de Sinéty (2). Le volume qu'acquièrent quelques follicules chez le nouveau-né peut être comparé à celui que possèdent les follicules mûrs de l'adulte; il peut atteindre jus^ qu'à 1 centimètre de diamètre. La présence de ces follicules donne à l'ovaire un aspect kystique ; aussi les premiers observateurs qui, tels que Virchow, ont examiné ces ovaires, ont-ils cru à l'existence de véritables kystes. M. de Binéty a constaté que c'étaient bien des follicules, mais qu'ils ne se rompaient pas pour émettre leur ovule. Vallisnerî avait déjà vu de gros follicules ovariens chez de jeunes sujets, et plus récemment Garus (3) les signala chez des nouveau-nés ; depuis, ils ont été observés par Bischoff, Raciborski, Courty, Depaul, Waldeyer, de Sinéty, etc. On rencontre ces follicules assez fréquemment, car Haussmann, qui a examiné quarante-six ovaires de morts-nês, en a trouvé douze fbis. Suivant Slavianski, le processus de régression de ces ovules serait analogue à celui que l'on observe dans la formation des corps jaunes ; nous nous en occuperons plus tard lorsque nous parlerons de la chute de l'œuf.

Jusqu'à présent nous n*avons étudié l'ovogénèse que dans Tespèce humaine; quelques espèces animales offrent certaines particularités intéressantes à noter.

On trouve dans l'ovaire du Chien nouveau-né les mômes tubes de Pflilger que chez le nouveau-né humain ; seulement, d'après Waldeyer, ils seraient moins longs et moins ramifiés que chez ce dernier. L'ovaire de la Chienne adulte diffère de celui de la Femme en ce que, pendant toute la durée de la vie, il présente une production de tubes ; aussi ne possède- t-il pas d'albuginée au-dessous de l'épithélium. Souvent les invaginations de cet épithélium ne renferment pas d'ovules et ne paraissent contenir que des cellules toutes semblables entre elles. EnQui chez la Chienne, beaucoup plus fréquemment que chez toute autre espèce animale, on rencontre des follicules à ovules multiples, au nombre de deux, trois ou quatre.

Chez la Chatte, au moment de la naissance, l'ovaire ne présente aucune différence essentielle avec l'ovaire du nouveau-né chez l'Homme et

(1) Slavianski, Archives de physiologie, 2« série, 1, 1874.

(2) Sinéty, Archives de physiologie, 2» série, II, 1875.

(3) Carvs, Mûller^s Arch., 1837.

chez la Chienne. Même aspect caverneux de la couche ovigère, dont les mailles renferment de nombreux groupes ou cordons d'ovules qui, par leur union, forment un réseau continu sur toute la périphérie de la glande. Quelques-unes des branches périphériques du réseau s'avancent jusqu'à la surface, oîi elles se confondent avec l'épithélium. Les ovules ne sont accompagnés que de rares cellules épithéliales formant autour de chacun d'eux une couche folliculaire très-incomplète, disposition que j'attribue à une multiplication plus active des cellules ovulaires que des cellules épithéliales.

Chez la Chatte adulte, on n'observe que rarement des cordons ovulaires. Par contre, les jeunes follicules isolés sont très-nombreux, pressés les uns contre les autres dans la couche corticale, sur toute la surface de l'ovaire, comme Schrœn (1) les a aperçus et figurés le premier, mais en les prenant à tort pour des cellules nues {cellules corticales de Schrœn), destinées à se développer ultérieurement en ovules. Waldeyer attribue cette erreur de Schrœn à ce que les cellules du follicule ne sont pas d'abord nettement délimitées les unes des autres, et paraissent former ainsi une couche continue, qui ne se différencie non plus pas très-visiblement de l'ovule qu'elle entoure. Chez les vieilles Chattes, Waldeyer n'a trouvé aucune trace de tubes de Pfltiger ni de follicules isolés jeunes, même en cherchant à constater leur existence aux époques indiquées comme les plus favorables par Pfltiger, c'est-à-dire à l'époque du rut.

L'ovaire de la Lapine se rapproche de celui de la Chienne en ce qu'on peut trouver, pendant toute la vie, des tubes de Pfltiger et de jeunes follicules en voie de formation. Waldeyer a décrit chez la Lapine de grands follicules mûrs se prolongeant du côté de la surface de l'ovaire par un long col tapissé de cellules semblables à celles qui constituent la couche granuleuse, et qui est probablement un reste du tube d'invagination de l'épithélium.

L'ovaire de la Truie ressemble beaucoup extérieurement à celui des animaux ovipares, des Oiseaux et des Reptiles. Il présente à sa surface de nombreuses bosselures, formées les unes par des corps jaunes, les autres par des follicules mûrs, tandis que la surface de l'ovaire des autres Vertébrés est, au contraire, généralement lisse. D'après Waldeyer, il n'y aurait pas chez la Truie de néo-formation de tubes de Pfliiger.

La Vache a un ovaire qui a beaucoup d'analogie avec celui de la Femme ; chez le jeune Veau de quatre mois on trouve de nombreux tubes, mais assez courts ; les follicules mûrissent de très-bonne heure , ce qui est en rapport avec ce fait que la Vache peut déjà se reproduire à dix- Ci) Schrœn, Zjitschr, f, wisa. ZooL, XII^ 1863.

huit mois. L'ovaire de Tadulte possède une albuginée formée de plusieurs couches de tissu conjonctif.

Trois ans après la publication du travail de Pflîiger sur Tovaire des Mammifères, Stricker (1) signalait dans l'ovaire d'un jeune Poulet de huit jours l'existence de tubes fermés à leurs deux extrémités ; mais il ne dit pas s'ils renfermaient des ovules et il ne parle pas de la segmentation de ces tubes pour la formation des follicules. Waldeyer a vu également les tubes ovariques des Oiseaux; mais il a été plus loin et c'est chez le Poulet qu'il a pu suivre l'origine de l'épithélium germinatif et le développement de l'ovule.

A une période très-peu avancée du développement, le feuillet moyen de l'embryon se dédouble en deux couches, dont l'une s'accole au feuillet externe, l'autre au feuillet interne. De la séparation de ces deux ^'l'J%~y^^^ ^l^^^l couches résulte une fente qui s'agrandit et devient ^«nt trois ovuiea. o,

1 • ^ 1 , • r t r^i ^% 1 • ovule ; vg, vésicule

la cavité pleuro-péritoneale. C est à 1 angle mterne germinative -, ve, véside cette cavité, dans la partie du feuillet moyen «"^e «°^»>'yo»«°«qui ne s'est pas dédoublée et qui correspond à la plaque moyenne [Mit^ telplatté) de Remak, qu'est placé, de chaque côté de l'axe longitudinal de l'embryon, le canal de Wolff. Ce canal détermine, dans la cavité pleuro-péritonéale, une saillie qui augmente rapidement par suite du développement des tubes qui constituent le corps de Wolff.

La surface du corps de Wolff est d'abord recouverte par un épithéliura cylindrique. Cet épithélium s'aplatit, comme nous l'avons déjà dit dans une leçon précédente (2), à la partie moyenne et ne conserve ses caractères que dans la région interne et la région externe de la saillie. Au quatrième jour de l'incubation on distingue parmi les cellules épithéliales cylindriques de la région interne des éléments arrondis plus grands que les cellules voisines : ce sont les ovules primordiaux au milieu de l'épithélium germinatif. Dans la partie sous-jacente à cet épithélium germinatif, le tissu embryonnaire prolifère de manière à constituer à la surface du corps de Wolff une nouvelle petite saillie que Waldeyer appelle ^'mzn^nc^ on protubérance seocuelle , D'abord étendue, sous forme de bandelette, sur une grande longueur du corps de Wolff, l'éminence sexuelle se rétracte, se ramasse et constitue en même temps une saillie plus marquée à la surface de ce dernier.

(1) Stricker, St7zwn^«6e?\ d, kais, Akad, d. Wissensch, in Wien^ 1867. f2) Voyez deuxième leçon, p. 34.

Au douaiième jour, Voyaire se présente déjà connae une petite masie nettement séparée du corps de Wdlff, et dont Tintérieur offre de larges sinus lymphatiques. Pe tous les points de la périphérie de Torgane s'avancent des fibres conjonctives qui sUnsinuent entre les cellules épitbéliales de façon h les englober avec les ovules primordiaux. L'ovaire prend alors l'aspect caverneuse que nous avons déyà signalé ehez les Mammifères, et ne contient que de jeunes follioules mesurant de 30 & 36 millièmes de millimètre, avec un ovule de iff h 18 millièmes de millimètre. Les tubes Réapparaissent que plus tardt

Avant de passer h l'étude de l'ovogénèse oheK les autres Vertébrés, nous devons examiner d'abord les objections qui ont été faites & Waldeyer.

En 1872, Kapf (1) s'attacha à combattre toutes les observations de Waldeyer. Suivant cet auteur, l'ovaire ne serait pas revêtu d'un épitbélium particulier ; la séreuse péritonéale passerait sans interruption à la surface de l'organe, ses cellules seraient seulement à ce niveau un peu plus allongées que dans le reste de la cavité abdominale. Les tubes et les inva* ginatioDS épitbéliales décrits par Waldeyer ne seraient que des appa** rences produites par des coupes passant à travers des sillons et des fentes qui existeraient à la surface de l'ovaire, et seraient tapissés par l'épithélium. Il ne faudrait pas confondre ces enfoncements avec les véri« tables tubes de PilUger, formés au^ dépens des cellules mômes du stroma de Tovaire. Enfin Kapf prétend que che* l'embryon il n'y a pas de diffé* renciation de la séreuse au niveau de l'éminence se:(uelle, et l'épithélium ne renfermerait pas d'ovules primordiaux. 11 admet bien cependant des épaississements locaux de l'épithélium, mais cette disposition serait en rapport avec l'accroissement ultérieur dont ces points doivent être le siège. Kapf me semble n'avoir raison que sur un point, c'est sur la nature de l'épithélium ovarique. Waldeyer croit en effet que le péritoine s'arrête autour de l'ovaire par un bord saillant, et il invoque les preuves suivantes en faveur de sa manière de voir ; les cellules épitbéliales du péritoine sont pavimenteuses, celles de l'ovaire sont cylindriques ; en r&clant la surface de l'ovaire on peut détacher les cellules, ce qui est impossible sur la surface du péritoine ; si l'on traite la surface de l'ovaire par une solu« tion de nitrate d argent à 1 pour 100, on voit apparaître un réseau régulier, hexagonal, analogue à celui qu'on observe sur les muqueuses; le péritoine, au contraire, dans les mêmes circonstances, ne montre qu'un réseau très-irrégulier comme celui de toutes les séreuses, Enfin, cbes la Lapine, on peut constater que l'épithélium de la surface de l'ovaire se continue directement avec celui du pavillon.

(i) Kapp, Ârchiv f, Anat, xmd Physiologie, 1872.

Kapf a montré également par des imprégnations d'argent que la séreuse péritonéale ne s'arrête pas brusquement au niveau de rovaire, mais que les cellules passent graduellement de la forme pavimenieuse à la forme cylindrique. Plus récemment Velander est arrivé au môme résultat (1). De plus, il faut tenir compte, comme le fait Henle, du trajet du péritoine, et il est difficile d'admettre que Tovaire soit le seul organe de la cavité abdominale qui n'ait pas de revêtement séreux. Quant à la différence qui existe entre les cellules du péritoine et celles de l'ovaire, elle ne doit pas nous étonner, puisque nous avons déjà vu que, chez les Batraciens et chez certains Poissons, les cellules péritonéales se transforment à un moment donné en cellules cylindriques possédant même des cils vibratiles.

Les autres assertions de Kapf sont complètement fausses, comme j'ai pu m'en assurer moi-même. Il existe en effet des dépressions a la surface de l'ovaire, mais à côté d'elles on voit de véritables invaginations de l'épithélium renfermant des ovules. J'ai vu aussi dans Tépithélium germinatif de l'embryon de Poulet les ovules primordiaux signalés par Waldeyer.

Un auteur anglais, James Foulis (3), qui tout récemment a étudié la structure de Tovaire chei la jeune Chatte, a nié l'existence des invaginations épithéliales, mais il a observé les jeunes ovules dans Tépithélium germinatif. D'après Foulis, les éléments qui constituent cet épithélium ne sont pas des cellules, parce qu'ils n'ont pas de membrane d'enveloppe. Il les nomme simplement corpuscules épithéliaux, et chaque corpuscule serait susceptible de devenir un ovule. Le stroma conjonctif de l'ovaire envoie vers l'épithélium des prolongements très-flns qui viennent entourer les ovules primordiaux et les retiennent tandis que de nouvelles couches de stroma se forment au-dessus d'eux et les séparent ainsi de l'épithélium. Ce seraient les cellules conjonctives plates et fusiformes qui deviendraient vésiculaires autour de l'ovule et formeraient les cellules épithéliales du follicule.

Foulis n'admet pas de tubes ovigères dans l'ovaire, et il dit n'avoir observé que des masses d'ovules logées dans les mailles du stroma ; ces * groupes {egg-clusters) se sépareraient ensuite pour donner naissance aux follicules. Ainsi Foulis diffère essentiellement de Waldeyer au sujet de l'origine de la membrane granuleuse du follicule ; le premier la fait dériver du stroma même de l'ovaire, le second lui donne pour origine l'épithélium germinatif.

Si les recherches de Waldeyer ont été contestées, leur exactitude a été

(t) Velander, t//)5a/a Làkarefiiming8FQrhandlinger,\X, 1874. (2) James Foulis, Quarterly Jowmal of Microsc, Science^ 1876.

aussi confirmée par plusieurs auteurs, Leopold(l;, Romiti (2), KcbIliker (3). Ces observateurs ont constaté l'existence de l'épithélium ger* minatif avec des ovules primordiaux chez le Poulet, chez la Truie et le fœlus humain. Mais Kœiliker se sépare de Waldeyer au sujet de l'origine de l'épithélium folliculaire; il croit que cet épithélium provient des canaux du corps de Wolff, qui enverraient des cordons cellulaires pleins venant se mettre en rapport avec les ovules et les entourant de 3 cellules. Kœltiker a commis une erreur d'ob-

servation, comme nous le verrons bientôt en étudiant les phénomènes d'ovogônèse chez les autres Vertébrés.

Quant à moi, après avoir longtemps douté de l'origine épithéliale que Waldeyer assigne aui FiK.47 prtonper|.e que de cbUuIcs delà mcmbranc granuleuse, j'ai pu fo iredoaejeuM chenne E mg convaîncrc Ap. rexacUtudc dc Cette obde'«ii!i'î"i"»nDngZ.'*F!''jeuDe^ servatiou. Sur nne coupe d'ovaire de jeune '"""="'"■ Chienne j'ai vu des ovules encore contenus

dans l'épithélium ovarien, et les cellules épithéliales s'allonger autour de ces ovules de manière à les entourer; immédiatement au-dese l'épithélium il y avait de jeunes follicules avec ces cellules

(1) Lbopold, DiiseH. inaag., 1870,

IX) RoMiTi, Arch. f. mikroilc. Anal., X, ]87!.

(3) Kœluker, Verkandl. cl. meti.-phys. Gti. ia Wûrzbui-g, 1875.

(4) Depuis la rédselion de oca liRnea, j'ai appris par uns Ictlre de mon aroi, la professeur Ch. Rouget, de MootpelUer, que, par ses recherche» poursuivies d'une maniera enlièrement indépendante, il est arrivé à comlaler également les ovules primitifs dans l'épilliélium de l'ovaire, ainsi que le groupement particulier des cellules épilhélialea autour du ces ovules, chei les embryons et les jeunes des Mammifères. B.

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