‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 11 sur 97 · W. Legg, Tracts on the Mass (1904), p · texte numérisé non relu

W. Legg, Tracts on the Mass (1904), p

3. A. Ebner, Quellen tind Forschungen zur Geschichte und Kunstgeschiehte des Missale Romanum im MtttelaUer (1896).

L'ORDINAIRE DE LA MESSE DU MISSEL ROMAIN, o

des missels conservés dans les bibliothèques d'Italie. On y pourra constater que, au xiii^ siècle, auxiv®, au xv^, appartiennent entre autres les missels conformes au type du missel imprimé en 1474, et portant en titre : Jncipit ordo Missalis secundiim consuetudinem Romane Curie, quelquefois Romane Ecclesie. Ce type et ce titre ne se rencontrent pas au xii^ siècle. Vers le même temps où se produisent ces missels de la Cour de Rome, on les voit adoptés par les Frères Mineurs. L'on a alors des missels portant en titre : Incipit ordo Missalis Fratrum Minorum secundum consuetudinem Romane Curie, quelquefois Romane Ecclesie. Cette adoption du missel de la Cour de Rome par les Mineurs persévère dans les manuscrits du xiv^ et du xv» siècle, de même qu'on la voit s'étendre à d'autres ordres religieux, par exemple les Augustins, les Servîtes. Les Frères Prêcheurs, au contraire, suivent l'ordinaire de la messe en usage à Paris, que leur a donné leur maître général (1254-1264) Humbert de Romans (Ebner, p. 112), indice d'un temps où l'Université de Paris est, après Rome, l'autre pôle de l'Occident chrétien.

Il s'est donc produit pour le Missel Romain ce qui s'est produit pour le Bréviaire Romain : il a été adopté et il a été popularisé par les enfants de saint François, a« xni^ siècle. Et par Missel Romain nous entendons avant tout l'ordinaire de la messe. VOrdo de la messe pontificale conforme à la coutume du Siège Apostolique est très fermement établi ^ , autour

1. Innocent, m, De sacro altaris mysterio, prolog. : « Consuetudînem aotem Apostolicae Sedis, non illam quam olim legitur habuisse, sed eam quam nunc habere dignoscitur, prosequendam pro-

de l'an 1200 : nous en avons une description et un commentaire plus autorisé qu'aucun autre dans le traité De sacro altaiis mysterio du pape Innocent III (1198-1216), composé du temps où Innocent III n'était encore que le cardinal Lothaire, et sans doute pendant le règne de Célestin III (1191-1198). On remarquera que l'ordinaire décrit par le cardinal Lothaire n'est pas adéquat à l'ordinaire de la messe que les Mineurs ont emprunté à la Cour de Rome. Devenu pape, Innocent ÏII a-t-il fixé cet ordinaire et est-il ainsi l'auteur du Missel Romain comme ill'est du Bréviaire^ ? Ce point, qui reste problématique, vaudrait la peine d'être étudié : ce n'est pas le lieu ici.

Les recherches d'Ebner, après celles de M. Delisle^, ont établi que la période antérieure au x^ siècle (en fait, du vii*^ siècle au ix^) est l'âge des sacramentaires, c'est-à-dire de livres manuscrits, quelquefois admirablement calligraphiés et décorés, qui ne contiennent de la messe que la partie de l'officiant, oraisons, préfaces, canon. Tout ce qui est chant, c'est-à-dire la partie du chœur, est contenu dans un livre à part, le Liber gradualis (on l'appelle aussi Antiphonariits^ entendez Anttphonarius missae). Les leçons do l'épître et de l'évangile sont réunies dans deux

posuf, quae disponente Domino ceterarum Ecclesiarum mater est &t magistra ».

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