‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 12 sur 97 · P. B. Hi$l. du Brév. Romain, p. 239-2iî · texte numérisé non relu

P. B. Hi$l. du Brév. Romain, p. 239-2iî

9. L. Delisle, Mémoire sur d'anciens sacramentaires (1886). Très importante la publication de V. Leuoquais, Les sacramentaires et les missels manuscrits des bibliothèques publiques de France {1924).

livres eux aussi à part, l'épistolier et l'évangéliaire. Enfin, la description des gestes ou rites des saints mystères, et ensemble le cérémonial, est recueillie dans un livret auquel on donne le nom d'Ordo : nous en avons de tels qui nous viennent de Rome, la rédaction des plus anciens remontant au viii" siècle ^

Cette distribution de la matière liturgique en quatre ou cinq gros livres séparés, suppose que la messe est une grand'messe, avec chœur, avec diacre et sous-diacre, et que le célébrant n'a besoin d'avoir sous les yeux que sa partie. Il n'en saurait aller de même à une messe privée ou messe basse. Il a dû exister dès le v^-vi** siècle des Lîbelli missae ou livrets pour le prêtre célébrant une messe privée, livrets qui contenaient seulement quelques missae cotidianae'^.

Plus tard, les messes privées se multipliant, on fut amené à bloquer en un seul livre le contenu du sacramentaire, des lectionnaires, du Liber gradualis^ et à y joindre les indications de gestes qui allaient prendre le nom de rubriques : on eut ainsi des livres que l'on appela des missels complets, Missalia plenariaj Missalia plena. On continua de faire des sacramentaires au xi*" siècle encore et au xii°, mais à partir du x^ on entre dans la période des Missalia plena^. Ce n'est pas à dire que ces Missalia plena,

1. On trouvera leaOrdmes romani dans le tome LXXVIII, p. 973- 1372, de Isi Patrolog. lat. qui reproduit l'édition de Mabillon (1689).

2. Ebner, p. 3;i9. Les feuillets palimpsestes auxquels on doit les sept messes gallicanes publiées parMone(18S0),ont pu former un libellus de ce genre, qui serait du vu» siècle et nous viendrait d'Auxerre. Dom WiLMART, « L'âge et l'ordre des messes de Mone », Revue bénédictine, 1911, p. 390. Deusle, p. 81-83.

3. Le pape Léon IV {847-8SS), dans une soi-disant instruction au

qui abondent dans nos bibliothèques, au xi*- XII* siècle, aient été constitués sur un modèle uniforme : destinés à l'usage privé, ils furent le plus souvent compilés d'après le besoin de chacun, plus ou moins complets, tantôt se rapprochant du type du sacraraentaire pur, tantôt du vrai Missale plénum. On comprend que d'Église à Église, de pays à pays, entre le ix® siècle et la fin du xii®, plus d'une variété ait pu se produire, variété de détails dans une unité qui s'était faite à l'époque carolingienne par l'unanime adoption de la liturgie romaine dans tout l'Occident (l'Espagne mise à part, qui ne s'y rallia qu'au xi« siècle).

La liturgie romaine, telle qu'elle s'est répandue dans l'Occident carolingien, a pour base les livres grégoriens, et avant tout le Sacramentaire Grégorien, que nous possédons encore^, et qui, s'il n'est pas tel quel du pape saint Grégoire, contient du moins le sacramentaire romain envoyé à Charlemagne par le pape Hadrien entre 784 et 791. Ce sacramentaire, qui fut la norme de la liturgie romano-carolingienne à la fin du viii^ siècle, comprenait : 1° l'ordinaire de la messe {Qualiter missa romana celebratur)\ 2° les oraisons, préfaces, et autres parties variables, récitées ou chantées par l'officiant, à tous les jours de fête ou de station, y compris les fêtes de saints, et ainsi

clergé de Rome (Ja.ffe, 2639), écrit : « Missalo plenarium et lectionarium et antiplionarium unaquaeque ecclesia liabeat ». M. Edm. Bisaop, Liturgica Hi&lorica (1918), p. 28, tient ce document pour gallican, et pas antérieur à la (in du viii* siècle.

■1. La Heni'y-Bradshaw-Society en a fait donner une édition, H. A. WiLso», The gregorian Sacramentary under Charles the Great (1918). — H. LIETZM4NN, Dos Sacramentarium Gregorianum nach dem Aachener Urexemplar (1921). — Migne, t. LXXVili, p. 23-214, reproduit l'édition desMauristes (1705) etles notes de l'édition de Dom Ménaud (1642).

pour tout le cours de Tannée ecclésiastique, à commencer par Noël ; 3° les prières d'ordination, de dédicace... M^"* Duchesne^ qui propose de restituer de la sorte le contenu du sacramentaire du pape Hadrien, a soin de noter que ce sacramentaire était disposé pour l'usage romain tel qu'on l'observait à Rome : c'était « un sacramentaire essentiellement stational » . On comprend que le sacramentaire [sacramentorum lihellus) ainsi conçu ait dû, pour servir aux Églises carolingiennes, s'annexer nombre de textes (romains tout de même) en plus de ceux de la liturgie papale des grands jours. Ces suppléments, dont le principal est d'Alcuin, ont à peu près doublé le contenu du sacramentaire du pape Hadrien 2.

Antérieurement à l'établissement par Alcuin et l'imposition par Charlemagne de ce sacramentaire destiné à unifier et à codifier la liturgie carolingienne en conformité avec la liturgie du pape, nombre d'Églises franques avaient déjà spontanément pratiqué la liturgie romaine. Elles avaient pour texte un Liber sacramentOT'um Romanae Ecclesiae ordinis anni circuli, que nous possédons encore, c'est le Sacramentaire dit Gélasien^, dont le manuscrit le plus ancien qui en subsiste est du vii^ siècle et a été

1. L. DucHESNE, Origines du culte chrétien^ élude sur la liturgie latine avant Charlemagne (1889). Je cite l'édition de 1898.

2. M. Bishop, p. 65-67, eroit retrouver un spécimen du sacramentaire envoyé par le pape Hadrien dans le sacramentaire de Hildoard évêque de Cambrai {T.)0-8l6). Dans l'édition Wilson, le sacramentaire envoyé de Rome va de la page 1 à la page 143. Ce qui suit (p. 148 et suiv.) porte en tête la Praefatiuncula (Incipit : Hucusque praecedens sacramentoi^m libellus a beato papa Gregorio constat essi editus,.,), qui ne porte pas le nom d'Alcuin, mais qui est de lui.

3. H. A. WitsoR, The gelasian Sacramentary (l894j. — Migne, t. LXXIV, p. 1053-1244 reproduit l'édition de Muratori (1748).

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