‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 17 sur 97 · Jaffe, 3H (19 mars · texte numérisé non relu

Jaffe, 3H (19 mars

du fermentum, le levain de l'évêque. On réalisera ainsi la parole de saint Paul : « Puisqu'il y a un seul pain, nous formons un seul corps, tout en étant plusieurs, car nous participons tous à un même pain » {/ Cor. X, 17).

Il avait été un temps où il ne se célébrait de messe que celle de toute l'Église et de l'évêque, messe qui se célébraiit le dimanche. Tel avait été l'usage général au second siècle, témoin ce qu'écrit saint Justin dans son Apologie publiée à Rome vers l'an 150 : « Le four dit du soleil (c'est notre dimanche) tous ceux (des nôtres) gui habitent les cilles ou les champs s'assemblent en un même lieu », et l'évêque qui les préside célèbre la sainte eucharistie ^ L'assemblée eucharistique présidée par l'évêque était unique pour toute la communauté chrétienne de la ville et des champs, et elle se tenait le dimanche.

Depuis le second siècle, la liturgie avait reçu des développements, et de pays à pays les usages s'étaient diversifiés.

En certains pays, écrit Augustin (en 400), il ne se passe pas de jours où on ne célèbre la messe; en d'autres pays, on la célèbre seulement le samedi et .le dimanche; ailleurs, seulement le dimanche 2. L'usage de célébrer seulement le samedi et le dimanche était au v* siècle l'usage de Constantinople, et, si nous en croyons l'historien Sozomène (vu,

1. Pour cette description, on me permettra de renvoyer à mon livre, L'eucharistie (1913), p. C-32.

2. AuG. Episiul. Liv, 2 : « Âlii cotidie communicant corpori et BanguiniDomini,aliicertiS(liebus acclpiunt. Alibi nuUusdies praeteruiittitur quo non offeratur; alibi aabbato tantum et dominico; »Iib Blntum dominico. » Rapprochez Basil. Epistul. XCIII. — L'assemblée du dimanche était seule de précepte : on peut l'inférer du canon 21 du, concile d'Elvire, au début du n* siècle.

19), l'usage le plus général, Rome et Alexandrie exceptées. Quand saint Augustin parle de célébration quotidienne du « sacrement du corps et du sang du Christ » sur la « table du Seigneur » ( In loa. tract. XXVI, 15), il pense à l'Afrique, où en effet les fidèles peuvent chaque jour bénéficier du service du corps du Seigneur, « cotidianum ministerium dominici corporis » [Epistul. ccxxviii,6); Saint Cyprien avait dit déjà : « ... sacerdotes^ qui sacrificia Dei cotidie celebramus » [Epistul. lvii, 3). L'usage de ne célébrer, en principe que le dimanche est l'usage de Rome et d'Alexandrie, et c'est dans ces deux Eglises certainement un archaïsme, une « tradition antique », écrit l'historien Socrates (v, 22),

En principe, disons-nous, car en fait les jours de jeûne tendirent à être sanctifiés, d'abord par une assemblée d'édificstion^, bientôt par la célébration des saints mystères. On eut à Rome, aux jeûnes plus solennels qui prirent nom de Quatre-Temps, une messe de station le mercredi et le vendre4i, institution incontestablement antérieure au pape saint Léon^. Ce qui se pratiquait aux Quatre-Temps se pratiqua en carême : on eut une messe de station tous les jours de semaines de carême, les jeudis exceptés qui reçurent leur messe de station du pape Grégoire II (715-731). M^' Duchesne estime que les

1. Rappelons en passant une bonne règle, ainsi énoncée par le P. Lebrun (édition de 1860, p. S^]: « Le mot sacerdos signifiait l'évêque durant les six premiers siècles. Au vii« et au vin*, on s'est servi de ce terme pour signifier indifféremment l'évêque etle prêtre, et depuis leix« siècle on n'a entendu communément par ce mot que le prêtre. »

2. Entendez par là une messe qui ne comprendrait que les exercices de notre avant-messe ou messe des catéchumènes. Cela est bien spécifié par l'historien Socrates {loc. cit.). H. Suawley, The early history of liturgy (1913), p. 196-198.

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