Ibid. p. iSG. BiSHOP, p
psallentium clamantes' per plateas Urbis Kyrie eleison ». Par utrique chori, on pourra entendre d'un côté les prêtres et de l'autre les fidèles qu'ils conduisent. Nous dirons dans un instant en quoi cette litanie est sepiifoi^mis.
L'étonnant est que Rome ait adopté l'acclamation grecque Kyrie eleison. Car elle est grecque de langue et d'origine : on la signale à Jérusalem \ à Antioche et à Constantinople (saint Jean Chrysostome), elle se retrouve dans toutes les liturgies grecques ^, tandis qu'en Occident il n'y en a pas trace avant le vi* siècle. Ce n'est pas, il s'en faut, le seul emprunt que Rome et l'Occident, entre le V® et le vil® siècle, aient fait à l'Orïent grec. Nous sommes enclins à y voir l'action de Byzance : ne serait-ce pas plutôt de Jérusalem que ces emprunts procéderaient? On oublie trop que Jérusalem restait pour l'Occident un pèlerinage : si Rome était par excellence la cité des martyrs, Jérusalem était « Terre Sainte ». Il suffît de lire les itinéraires des pèlerins du vi** siècle, comme Antonin de Plaisance et ses compagnons (vers 570), dont l'un a écrit le si curieux récit de voyage De locis sanctis que nous possédons, ou le Théodore (vers 530) à qui nous de-
1. Peregrinatio ad loca sancta, 24 (éd. Geyer, p. 72) : t Diacouo dicente singulorum nomina semper pisînni plurimi st%nt respondentes semper : Kyrie eleyson. quod dicimus nos : Miserere Domine. » Etheria traduit, preuve que la formule n'était pas en usage alors en Occident. De même dans la Collatio apocryphe de S. Augustin et de l'arien Pascenti us (Aug. Epistul. Âppend, xx, 15). — Le Kyrie eleison tient une place considérable dans la liturgie de la fête de l'exaltation de la Croix (14 septembre), fête jérusalémite importée en Occident au vn"> siècle. Vincent etAsEL, t. II, p. 232.
2. Ksrc. Epistul. m. Voyez F. E. ^KiQwniLk.'Ht Liturgies Eastern and Jresfern, 1. 1(1896), p. 117 etpassina.
vons un récit pareil De situ terrae sanctae. Combien rapportaient de leur pèlerinage des reliques des Lieux Saints, dont on retrouve la trace dans tout l'Occident * !
Le pape saint Grégoire parle encore du Kyrie eleison dans une lettre adressée à l'évêque de Syracuse 2, où il s'applique à montrer que les Romains ne le chantent pas comme les Grecs. Chez les Grecs, écrit-il, toute l'assemblée dit ensemble Kyrie eleison (... in Graeciis sîmul omnes dicunt), tandis que chez nous il est dit par les clercs et répondu ou repris par le peuple [apud nos autem a clericis di' citur et a populo respondetur]. Saint Grégoire ajoute que les Grecs disent seulement Kyrie eleison^ tandis qu'à Rome on dit aussi Christe eleison, et on le dit autant defois qu'on a ditiirî//7ee^e/*o«. SaintGrégoire écrit encore : « Dans les messes quotidiennes, nous taisons certaines choses qui ont coutume d'être dites ; nous disons seulement Kyrie eleison et Christe eleison, pour nous attarder plus longtemps à ces paroles de supplication : In cotidianis missis (notez l'emploi de missae au sens de messe) aliqua quae dici soient tacemus, tantuinmodo Kyrie eleison et Christe eleison dicimus, ut in his deprecationis f ocihus paulo diutius occupemur ». M""' Duchesne entend que les formules Kyrie et Christe eleison étaient, sauf aux messes quotidiennes, donc aux messes stationales, accompagnées d'autres formules, qui constituaient une litanie véritable 3. Ainsi, à la
1. Ce qui est vraisemblable de la liturgie est vrai de l'iconograpliie. Bréuier, L'art chrétien, p. 60 et 171-172,