Gélasien, Grégorien, et Missel Romain
2. Les secrètes du carême font des jeûnes des fidèles une oifrande qui s'unit à leurs offrandes. Voyez notamment la secrète du premier dimanche de carême.
3. Gélasien, Grégorien. Le Missel Romain interpole les mots que nous avons mis entre parenthèses. Voyez le commentaire que donne
Prononcée à voix basse par l'officiant, la secrète s'achève par le Per omnîa saecula saeculorum prononcé à voix haute. L'assistance répond Amen. Nous allons pénétrer au cœur de la messe.
de cette prière Bossuet dans sa belle Explication de quelques difficultés $ur les prières de la messe, n. XV (éd. de Bar-Ie-Duc, t. V, p. 690).
Nous allons pénétrer au cœur de la messe, puisque l'avant-înesse et l'offertoire ne sont qu'une introduction et une préparation à la « liturgie » proprement dite : nous n'y saurions pénétrer plus méthodiquement qu'en essayant de définir ce qu'est cette « liturgie », en d'autres mots en quoi consiste l'essence des saints mystères.
Nous tenterons, pour arriver à cette définition, de tirer parti avant tout des mots qui ont servi à l'antiquité chrétienne à désigner la messe.
Il faut renoncer à exploiter le mot même de messe, missa. Il a prévalu en Occident au vi^ siècle. Ainsi, Antonin de Plaisance raconte dans V Itinerarium (qui porte son nom, encore qu'il soit d'un de ses compagnons de pèlerinage aux Lieux Saints), que, à Jérusalem, on lui a montré, entre autres reliques, la colonne de la flagellation, la couronne d'épines, la sainte lance, des pierres de la lapidation de saint Etienne, et le calice qui après la résurrection du Seigneur servait aux apôtres à célébrer la messe :
« Ihi est et calix apostolorum^ in quo post j^esurrectienemDominimissasfaciebant » (éd. Geyer, p. 174). Vers 575 donc, à Plaisance, missa voulait dire messe. l^e pape saint Grégoire, et aussi bien saint Grégoire de Tours et saint Césaire d'Arles, emploient le mot missa avec la même acception, qui de leur temps est acquise. Mais il n'est pas sûr qu'elle le fut un demisiècle plus tôt, au temps où saint Benoît écrivait sa règle. Moins encore au iv^ siècle, où le texte qu'on allègue de saint Ambroise [Epîstul. xx, 4) est d'un<j interprétation contestée. Saint Augustin ne connaît encore au mot missa que son acception de congé, renvoi, au sens de missio {Senno xlix, 8), où l'on constate que missa a pour lui le sens que ce mot garde encore dans la formule liturgique Ite missa est, qui se découvre par là contemporaine d'Augustin' bien plus que du pape saint Grégoire.
Le mot missa au sens de messe est donc tard venu, il est un terme populaire qui ne nous apprendrait rien sur le contenu delà messe, si nous n'avions que lui pour nous en instruire ^.
En Afrique, à la fm du iv** siècle, pour direla messe, on disait quelquefois agere agendain ou agendam celehrare : ces expressions sont employées par le (second) concile de Garthage (entre 387-390), dans son 9' canon^. Saint Léon, à Rome, dira : «... hasilicam in qua agitur » [EpistuL ix, 2).