‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 46 sur 97 · Et du Code Théodoslen, vr, 28, 3 (éd.MoMMsEN, p · texte numérisé non relu

Et du Code Théodoslen, vr, 28, 3 (éd.MoMMsEN, p

2.0.R0TTMAN.NER,« UebcF ucuereund aeltere Deutungen des Wortes Missa •, dans la Theolog. Quartalschrift deTubiifgen, 1889, p. S31-537.

3. saint Augustin (Sermo u, I, coll. de Michel Denys, VI, 3^ dit acta Dei, c'est un jeu de mots. Vous êtes à l'audience de Dieu, dit-il aux fidèles, on écrit vos réponses, il faut qu'elles soient sincères : « Respondetis : Habemus adDominum. Laborale ut verum respoadeati».

Le Liber pontiflcalis (t. I, p. 128), parlant du chant du Sanctus, croyait savoir que ce chant avait été introduit par le pape Xystus (115-125] dans l'action, a int?'a actionem ». Cette assertion est de celles qui dans la chronique des papes, si sûre à tant d'autres égards, sont considérées comme sans valeur. On en peut inférer du moins que, lors de la rédaction de cette partie du Liber (au début du vi« siècle), on donnait à Rome le nom à'actio à l'ensemble formé par ce que l'on a appelé depuis préface et canon, et qui alors ne faisait qu'un. Ailleurs, cette fois dans la notice du pape saint Léon (440-461), la terminologie du Liber semble se préciser : ce pape, lisons-nous, institua que l'on dirait « Sanctum sacriflcium et cetera » dans l'action, et l'action est qualifiée ici d'action du sacrifice, « intra actionem sacriflcii » (t. I, p. 239). Mais en fait le mot sacrificii a toute apparence d'être explétif : l'expression intra actionem eût suffi là, puisqu'elle avait sufïi dans la notice du pape Xystus.

Nous la retrouvons, au vu® siècle, dans le Sacramentaire Gélasien. En effet, quand une messe a une rédaction propre pour la prière Communicantes (comme il arrive encore aujourd'hui en certaines fêtes), le Sacramentaire Gélasien, après avoir donné la collecte, la secrète, et (s'il y a lieu) la préface, donne la rédaction propre du Communicantes en la faisant précéder de cette indication : Infra actionem. Ainsi, pour la messe de l'Epiphanie (Wilson, p. 11) :

Quiaapud acta Dei respondetis, sic ait quo modo dicitis ». Toutefois, quelques lignes plus loin, Augustin écrit : « Et inde iam quae aguntur in precibus sanctis... » en pensant à la prière du canon.

Infra actionem.

Communicantes, et diem saçratissimum célébrantes quo unigenitus tuus in tua tecum gloria sempiternus in veritate nostrae carnis natus, ma'gis de longinquo venientibus visibllis et corporalis apparuit. Sed et memoriara...

Les mots infra actionem (notez infra, pour intra) veulent dire que ce Communicantes propre doit prendre sa place normale ce jour-là dans le canon : actio désigne donc ce qu'est pour nous le canon. Le Gélasien dit aussi bien à plusieurs reprises infra canonem, dans le même sens (Wilson, p. ' 34, 42, 73...). Au temps du Gélasien, comme déjà au vi» siècle, Vactio comprend aussi la préface. Donnant le texte de la préface, du canon, etc., c'est-à-dire de toute la prière eucharistique, le Sacramentaire Gélasien (Wilson, p. 234) écrit:

Ingipit canon actionis .

Sursum corda.

Resp. Habemus ad Dominum.

Qratias agamus Domino Deo nostro.

Resp. Dignum et iustum est.

Vere dignum et iustum est...

Le Sacramentaire Grégorien n'emploie pas le terme actio ^. La liturgie romano-carolingienne en

1. Ebner, p. 393-396, signale le litre Inctpit canon actionis dana le Sacramentaire Gélasien, et en outre dans le Mismle Francorum (vn" siècle), dans le Sacramentaire de Gellone (viii» siècle), etc.

2. Toutefois le supplément du Sacramentaire Grégorien — c'est-àdire toute la seconde partie diidit Sacramentaire en icte de laquelle (Wn^oN,p. 143-146) se litla Prae/atiuncula d'Alcuin (f 80'*) — continue de se servir de l'expression infra actionem pour désigner les rédac-

héritera cependant, comme du mot canon, auquel elle donnera la même eompréhension que lui donne le Gélasien. Ainsi le liturgiste carolingien Amalaire (au début du ix^ siècle), fidèle à la tradition ancienne romaine, comprend sous le nom de canon -tant la préface que ce que nous appelons le canon : le Te igitur, qui est pour nous en tête du canon, est pour Amalaire au milieu [medio canone).

Que voulait donc dire le langage liturgique romain du vi®-vii® siècle en appelant la préface et le canon canon actioniSf acf/o? On pourrait prendre flci/o absolument comme saint Léon i^rend agere, et dans le sens de actio sacrificii.C^esi possible^. Toutefois Vactio s'ouvre par l'invitation que le célébrant adresse au peuple de rendre grâces avec lui : Gratins agamus Domino Deo nostro. Rendre grâces est le thème delà prière que le célébrant va prononcer : Vere dignuni et iustum est aeguum et salutare nos tihi semper et ubique gratias agere... Nous aurions là une autre explication du mot actio, qui serait l'abrégé de gratiarum actio j eôjj^apidTtK.

Rendre grâces est une forme de la prière individuelle et aliturgique : saint Paul en parle dans ce sens maintes fois, et il en fait une obligation de tous les instants à tous les chrétiens. Cependant, rendre grâces s'entend, déjà au ii^ siècle, de la prière prononcée sur le pain et le vin dans les saints mystères : saint Justin, au milieu du u° siècle à

tîoiis propres à certaines messes du Eanc igitur oblatîonem (par exemple Missa pro regibus, p. 187).

d. Voyez Thésaurus Unguae latinae, au mot « Agere »,p. 1390, pris « absolute de agendo in sacris ». Doemjeu, Sol salutis^, p. 296-290, ne veut retenir que cette signification. Autant Casel, dans sou Jaftr6Hcft,1921, p. 34-39.

Rome, atteste que la métonymie est reçue qui, clésignant par le mot eucharistie la prière par laquelle le pain et le vin sont sanctifiés, consacrés, « eucharisties» (comme il dit), désigne par le mot « eucharistie » aussi ce pain et ce vin « eucharisties » ^ . Faisons l'effort indispensable cour réaliser que, dans le langage primitif de l'Eglise, l'eucharistie est la prière au cours de laquelle et par la vertu de laquelle le pain et le vin sont consacrés. TertuUienparlaitce langage quand il disait: «t Super panein Deo gratîarum actionibiis fungi » [Adv. Marcion. i, 9).

Un autre terme, archaïque aussi, pour désigner la messe, est dominicum.

Dans des interrogatoires de martyrs africains de la persécution dioclétienne, les martyrs avouent qu'ils ont pris part en dépit des édits qui les interdisaient à des assemblées du culte chrétien, « eonfitebantiir in passionibus suis se collectam et dominicum egisse^ ». L'expression dominicum agere exclut l'hypothèse que dominicum puisse ici désigner (comme xupiaxov en grec) une basilique : le mot désigne sûrement la célébration de l'eucharistie, comme collecta désigne l'assemblée chrétienne. Saint Cyprien l'emploie avec ce sens. Tu es riche, dit-il à

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