‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 47 sur 97 · p. B. L'eucharistie, p · texte numérisé non relu

p. B. L'eucharistie, p

2. Cité par AuBustin, Brev. collât, m, 32. Voyez la Pasiio Abitinensium, 3 : t ... célébrantes ex more dominicum... » 6 : « .„ collectam sive dominicum célébrassent... » 12 : c ... dominicum celebravimus... » etc. Cf. Auc. Sermo xxxu, 23.

une chrétienne, et tu crois pouvoir célébrer le domi' nicum sans y apporter d'offrande : tu viens au dominîcumles mains vides, et tu y reçois une part qui a été offerte par un pauvre^. Rappel à l'obligation qui s'impose aux chrétiens de contribuer à l'offrande du pain et du vin grâce auxquels ils communieront : le dominicum ne saurait être autre chose que les saints mystères. Devons-nous, demande ailleurs saint Cyprien, célébrer le dominicum après le repas? [Epistul. Lxiii, 16). Ici encore le dominicum est la liturgie eucharistique. En 304, les martyrs d'Abitina répondent à leur juge : « Collectam gloriosissime celebravimus quoniam sine dominico esse non possumus... Non potest intermitti dominicum. »

L'expression n'est pas exclusivement africaine, car on la surprend à Rome même, sous la plume d'un prêtre romain contemporain de saint Cyprien, l'auteur du De spectaculisj Novatien. Il s'indigne qu'un chrétien qui vient de communier puisse assister à un spectacle, étant donné la turpitude ordinaire des théâtres : ce chrétien, écrit-il, va-t-il se hâter vers le spectacle en sortant du dominicum et portant encore sur lui, comme c'est l'usage, l'eucharistie qu'on vient de lui distribuer 2? Notez di' missus e dominico : le dominicum où on a reçu l'eucharistie est bien la messe.

1. Cyprun. De opère et eleem. 15 (éd. hartel, p. 384) : « Locuples et dives dominicum celebrare te credis..., quae in dominicum sine sacrificio venis, quae partem de sacrificio quod pauper obtulil sumis. » Notez sacrt/îcium pour désigner l'offrande des fidèles, an sens où l'emploient nos secrètes.

2. PsEUDO-CYPniAN. De spectac. S (Hartel, t. m, p. 8) t ,,, qui festinans ad spectaculum dimissus e dominico et adhuc gerens secum ut assolet eucharistiam... »

Quel sera le substantif dont dominicum n'est que l'épithète? On n'en voit qu'un qui se puisse proposer, conviviuin. L'autel est une /wewsa^, la communion est un convivium. Tous les fidèles, dit saint Augustin (parce qu'ils sont en tant que fidèles admis à la célébration des saints mystères), connaissent les noces du fils du roi et son festin, concmum : la table dominicale est dressée qui s'offre à chacun 2. Tertullien plus ancien est plus décisif, sans doute parce que l'expression est davantage de son temps. Combien, dit-il, la femme chrétienne dont le mari n'est pas chrétien, est exposée à être gênée dans la pratique de sa foi : quel mari, en effet, laissera sans hésiter sa femme aller au festin que les calomnies païennes ont voulu déshonorer en le dénonçant comme une infamie : « Quis ad convivium dominicum illud quod infamant sine sua suspicione dimittetP » [Ad uxorem, 11, 4). Heureux au contraire les époux, s'ils sont tous deux chrétiens, car ils se retrouvent ensemble dans l'Église de Dieu et au festin de Dieu, « in ecclesia Dei pariler utrique, pariter in convivio Dei » [ibid, 9). Saint Paul (/ Cor. xi, 20) avait appelé l'eucharistie du nom de dominica cena (xuptaxov SëTtcvov).

Un troisième terme sert à désigner les saints mystères : on dit offerre, et on dit offerre tout court ^. Cette manière de parler est familière à saint

1. PsECDO-C-ïPRiAw. De alcator. ii (Hartel, p. 103) : c Pecuniam luatn adsidente Chriato angelis et raartyribus praesentibus super mensam dominicam sparge. •

Page 1