‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 5 sur 97 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

celle de Schwartz, est acceptée par A. Harnack, Theologische LUeraturzeitung, 1920, p. 225, qui écrit : « Ici coule la plus riche source que nous possédions pour la connaissance de la conception ecclésiastique romaine de la plus haute époque. «

On sait qu'Hippolyte- fit schisme à Rome au temps du pap.e.CaUiste, etqu'il resta dansson schismegusqu'à la fib, à'ia tête: d'une petite^Église. àJaquelle il servait d!éyèiiue; Dom Connolly croit/retrouver le-titre; que, portait l'œuv^re: que nous possédons, elle s'appelait Tradition apostolique, et tout fait croire qu'elle date du temps du schisme d'Hippolyte, 218-235. On y trouve une description de la liturgie baptismale, mais d'abord une description de l'ordination de l'évêque, ordination dans laquelle s'insèrent la prière eucharistique et la communion. On. pourra voir le texte dans Funk, Didàscalia et Constitutiones Apostolorum (1905), t. ii, p. 98-102.

II. faut, pour estimer ce doGument à sa valeur, se- rappeler que, au temps d'Hippolyte et deGalliate, la prière eucharistique est encore un thème à improvisation, non un canon fixé> immobile, comme il adviendra k Rome au lY*^ siècle : l'évêque prie tout haut sur le pain, et le; vin de l'oblation,. iLprie selon son inspiration. L'anaphore d'Hippolyte n'est donc pas le canon- de la messe romaine, mais^ un modèle de prière euchswistique composé pour une communautéschismatique romaine par son évêqne. Hippoiyte n'avait d'ailleurs pas de raison de prier sur l'oblation en une autre forme que le pape Calliste dont il était le rival. On peut donc inférer que l'anaphore d'Hippolyte, en étant d'Hippolyte pour son contenu, est une anaphore romaine pour sa forme. , -

Donc l'évêque, qui vient de recevoir l'imposition des mains, va célébrer les saint» mystères. Les diacres apportent l'oblation. Le célébrant étend la main sur elle et dit : Dominus cum omnibus vobis. Le peuple répond : Cum spiritu tuo. L'évêque : Sursum corda vestra^ Le peuple : Habemus ad Bominum, L'évêque : Gratias^ aga-

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mus Domino^ Le peuple : Dignum et iustum. Alors l'évêqufret les prêtres qui l'entourent prononcent la prière euchapistique : Tévêque dit, les autres^ suivent, t episcopum praeeuntem sequentes >. Nous sommes au régime de la concéiébration.

Ici commence la prière eucharistique : Gratias agimus tibi, Domine^ per dilectum fttium tuum lesum Christum...

Nous te rendons grâces, Seigneur, par ton cher fils Jésus- Christ, que dans les derniers jours (du monde), tu nous as envoyé pour sam'cur et rédempteur, messager de ton dessein. Il est le verbe, qui est de toi, par lequel ta volonté a tout fait. Du ciel tu l'as envoyé dans le sein d'une vierge. 11 a été fait chair, il a été porté dans ses entrailles. 11 a été manifesté ton fiïs par l'Esprit saint, pour accomplir ta volonté, pour te faire un peuple en étendant ses mains (sur la croix), il a souffert pour délivrer ceux qui souffrent et qui croient en toi. Il s'est livré volontairement à la passion, pour abolir la mort, pour briser les liens de Satan, pour fouler aux pieds l'enfer, pour libérer les justes, pour fonder le statut (nouveau), pour manifester la résurrection. •>?■ ■ Et donc prenant le pain il a rendu grâces et dit : Prenez, mangez, ceci est mon corps, qui pour vous est rompu. Et semblablement le calice aussi, et il a dit : Ceci est mon sang-, qui pour vous est répandu. Quand vous faites cela, en ma commémoraison vous le ferez.

Nous rappelant donc sa mort et sa résurrection, nous t'offrons ce pain et ce calice, te rendant grâces de ce que tu nous a faits, dignes de nous tenir devant toi et de nous acquitter envers toi du sacerdoce. En suppliant, nous te prions d'envoyer ton Esprit saint sur les oblations de cette Eglise, et d'accorder aussi à tous ceux qui y pcennent part (qu'elles servent à) leur saiateté, qa'ils soiant remplis de l'Esprit saint, qu'ils soient, confirmés dans la foi dftku vérité, afin, qu'ils te célèbrent, qu'ils te louent, dans ton fils Jésus-Christ, en qui à toi soit louange et puissance: dans la sainte Église, et maintenant et . toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Telle est proprement l'anaphore d'Hippolyte : pas de Sanctus, mais une préface amenant au récit de la Cène ; à la suite, offrande à Dieu de roblation de l'Eglise. On reconnaît là les grandes lignes qui se perpétueront

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