‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 57 sur 97 · Delisle, p. 173-174. Bisiiop, Lilurgica, p · texte numérisé non relu

Delisle, p. 173-174. Bisiiop, Lilurgica, p

vii« siècle, au viii® siècle, ne comportait pas de Mémento des défunts. Au ix^ siècle, Amalaire n'en parle pas.

Mais si, à Rome, le Mémento des défunts, de défunts désignés par leurs noms, n'avait pas sa place dans une messe stationale, pourquoi ne l'aurait-il pas eue dans une messe privée? Le Missel de Bobbio iyn" siècle) s'ouvre par une messe pour tous les temps, de type gallican, mais dont le canon est le canon romain, et dans ce canon figure (à sa place) notre Mémento des défunts : cette messe est une messe quotidienne [missa romensis cotidiana.^) , donc une messe privée.

Dans un Ordo romanus publié par Dom Gerbert, d'après un manuscrit de Saint-Gall du ix* siècle, on lit que du lundi au samedi peuvent être célébrées des messes pour les morts, et les noms des morts sont commémorés à ces messes, mais jamais le dimanche, où l'on ne doit nommer à la messe que les vivants, çworuiii nomina, regum çel principum seu et sacerdotum ^.

Le Sacramentaire Grégorien mentionne une fois une rubrique pareille, et c'est dans une messe de

\, p. L. t. LXXII, p. 4M-454, — Dom Cagin signale une réminiscence de notre Mem$nto des défunts dans un Post nomina du Sacramentaire d'Auxerre (v/i" siècle;, P. L. t. LXXJI, p. 344 : . Placare, Domine, hunaiiitatis aostrae precibus et hostiis... et eorum Nomina qui nos praecesserunt cum signo fidei et dormiunt in somno pacis, ipfeis et omnibus in Christo quiescentibus locum refrigerii lucis et pacis ut inélulgeas deprecaraur. Per ».

2. BisHOP, p. 97 et 99. M. Andrieu, c L'insertion du Mémento des morls au canon romain de la messe », Rev. des se. relia. 1921, p. 151- 154. ' *^

mort, Super episcopum defunctum (Wilson, p.

142). On y voit introduit le Mémento des défunts ainsi : .

Super cUpficia.

Mémento etiam, Domine, famulorum tuorum illORUM qui nos praecesserunt et dormiunt in somno pacis.

Post lectionem.

Istis et omnibus, Domine, in Christo quiescentibiis locum refrigerii lucis et pacis indulgenliam deprecamur. Peri.

Au contraire, le Nobis quoque peccatoribus est préisent à la place que nous lui connaissons dans tous les textes du canon romain : il n'a donc pas le caractère d'une pièce facultative. Signalé par VOrdo romanusl et tous les Ordùies^ il fait bien corps avec la messe papale du vm^ siècle. On n'hésitera pourtant pas à considérer le Nobis quoque peccatoribus comme une pièce rapportée. Dom Cagin (p. 81- 83) fait valoir qu'il n'a aucun lien avec le Per quem haec omnia qui le suit. On peut dire aussi bien qu'il n'en a aucun avec le Supplices te rogamus qui le précède (éliminé le Mémento des défunts). Les deux prières Communicantes et Hanc igitur sont dénoncées pareillement par Dom Cagin comme interpolées dans le canon, parce qu'elles en brisent violemment la ligne logique et ne se raccordent ni à ce qui précède, ni à ce qui suit.

Voici une raison plus décisive.

Dans le Communicantes sont mentionnés les

1. Signalons au passage la couleur antique des mots refrigerium, pax, si fréquents dans les inscriptions funéraires chrétiennes, sous la forme Jn pace, In refrigerium. 0. Mardcchi, Epigrafia criitiana (1910), p. 137. « Aetérnum refrigerium », Gregou. Moral, yiii, 8.

saints à la protection desquels le célébrant et ses fidèles se recommandent. En tête, la Vierge Marie, mère de Dieu, c'est-à-dire revêtue du vocable consacré par le concile d'Éphèse (431) et popularisé à Rome par la dédicace de la Basilique Libérienne sous Xystus III (432-440). A la suite, les douze apôtres (saints Pierre et Paul entête) ^ et douze martyrs. L'absence de saints qui ne seraient pas des martyre est pour ce catalogue une bonne note d'antiquité. Saint Cyprien, évêque de Carthage dont le nom figure après les noms de cinq papes martyrs et avant saint Laurent, avait son natale fêté à Rome au IV' siècle déjà, et uni à celui du pape Cornélius, au cimetière de Calliste, nous l'avons dit ailleurs.

Lés noms des deux martyrs romains Jean et Paul ont été donnés au vieux titulus Pammachii du Gaelius : le nouveau vocable est signalé pour la première fois au temps de Symmaque (498-514), qui est dit avoir restauré l'abside « ad beatum Johannem et Paulum » [Lih, pontif, 1. 1, p. 262). Saints Côme etDamiea sont étrangères à Rome, qui les doit à la légende et à la dévotion byzantines : leurs noms seront donnés à une basilique de Rome par le pape Félix IV (526-530), déjà cependant le pape Symmaque avait dédié aux deux saints un oratoire attenant à Sainte-Marie- Majeure, « ad sanctam Mariam orutorium sanatorum Cosmae et Damiani a fundamento construxU j» {Iqc. cit.), qui est le plus ancien monument de leur

1. Le Lib. pontif. (t. l, p. 262) rapporte da pape Symmaque qu'il fait exécuter pour la basilique de Sainl-Paul une « image » en argent représentant « le Sauveur et les douze apôtres ». V«y«x dansGRtsAR, t. I, p, Oi, un dessin de la mosaïque de Ricimer dans l'église de Sainte-Ayatlie desGoths, représentant le Christ et les douze apôtres, avec eai tête saint Pierre et saint Paul.

■ZkS LEÇONS SUR LA MESSE.

culte à Rome. Saint Chrysogone, qui joue un rôle dans la légende de sainte Anastasie, n'est guère moins légendaire que les deux saints guérisseurs : la basilique romaine qui porte son nom est mentionnée pour la première fois^ dans les signatures du concile romain de 499 et dans des inscriptions datées de 521 et de 522. De ces synchronismes, que personne n'a relevés jusqu'ici, on conclura que le Communicantes reçu ne peut être antérieur au vi^ siècle et est selon toute apparence du pape Symmaque.

On peut faire des observations pareilles sur le Nobîs quoque peccatoribus. Les saints qui y sont nommes semblent choisis pour compléter le catalogue des douze apôtres et des douze martyrs du Communicantes. Il se pourrait même que les mots « cum tuis sanclis apostolis et martyrihus » fût un rappel des apôtres et des martyrs du Communîcan~ tes. Le catalogue du Nohis quoque peccatoribus énumère en première ligne saint Jean Baptiste; puis saint Etienne ; puis saint Mathias et saint Barnabe, apôtres surnuméraires que le Communicantes n'a pas comptés; puis saint Ignace évêque d'Antioche. A la suite, trois martyrs romains, les saints Alexandre (un des fils de sainte Félicité), Marcellin et Pierre (les deux martyrs du cimetière ad duas lauros). Enfin, après les martyrs, les martyres, formant un groupe de sept : saintes Félicité, Perpétue, Agathe, Lucie, Agnès, Cécile et Anastasie. On peut supposer que sainte Perpétue et sainte Lucie (comme saint Ignace) doivent leur introduction dans le canon romain à leur renommée littéraire, car aucun

i. UanSI, t. VIII, p. 236. Grisar, 1. 1, p. \&i.

souvenir monumental ne les rattache à Rome. Mais on doit rappeler que le pape Symmaque avait restauré la basilique de Sainte-Félicité et la basilique de Sainte- Agnès, qui toutes deux tombaient en ruine [Lib. pontif. 1. 1, p. 263). Si on demande pourquoi le martyr saint Alexandre est mentionné de préférence à tant d'autres, on peut répondre que le pape Symmaque avait remis en état le cimetière lordanorum (sur la voie Salaria nova) « propter corpus sancti Alexandri » (p. 263). Indice plus frappant, la grande martyre de Catane, sainte Agathe, avait sur la voie Aurélia une basilique bâtie de fond en comble par le pape Symmaque (p. 262), sans nul doute pour faire pièce à la petite église arienne de Sainte-Agathe des Goths, bâtie dans le quartier de la Suburra par Ricimer, du temps où Ricimer, chef des dernières milices romaines et patrice de Rome, était le maître de la Ville Éternelle (455-472). Le Nobis quoque peccatoribus nous ramène donc comme le Communicantes au pontificat du pape Symmaque, dont on sait par le Liber pontiflcalis que grande fut sa dévotion aux apôtres et aux saints.

Il est beaucoup moins aisé de donner une date à la prière Hanc igitur oblationem. On sait pourtant qu'elle figurait dans le canon romain au temps du pape saint Grégoire, à qui le Liber pontificalis (t. I, p. 312) attribue une retouche du Hanc igitur : « Hic augmentant in praedicationem canonis Diesque nostros in tua pace dispone et cetera ».

Le pape Vigile écrit en 538 à l'évêque do Braga ', Profuturus, qui l'a consulté sur divers articles, ceci

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