Auc. Epistul. cxxx, 13. Cf. Gregor. Reg. pasto7'. m
3. Ps. XXI, 26; LX, 9; LXiv, 2; lxi,13; cxv, 1^*, etc. Auo. Epistul. cxiix, 15 : « Voventur omnia quae offeruntur Beo, maxime sancti altaris oblatio. • Ambros. Epistul. xl, 1 : « Indignas sum qui pro te offeram, cui tua vota, cui tuas committas preees. »
Utile, tandis qu'elle ne l'est plus, n'y ayant point de raison de rappeler dans le texte même du canon que le Communicantes doit être intercalé dans le canon. Inp^a ^onr intra est de basse latinité.
La longue phrase du Communicantes est une phrase sans verbe, s'articulant sur deux participes présents [communicantes, (fenerantes), que l'on accordera soit avec le gui tihi offerunt tibique reddunt du Mémento des vivants, soit et mieux peut-être avec le supplices te rogamus ae petimus du Te igitur, si l'on tient à restituer à la phrase une tenue grammaticale. Cette difïiculté n'est pas la seule.
Le sens du mot communicantes est malaisé à déterminer. Le mot, en effet, appellerait un complément, encore qu'il ne soit pas inouï de rencontrer communicare pris absolument, chez Optât de Milève par exemple, qui sous-entend Ecclesiae catholicae^. Notre communicantes pourrait donc vouloir dire : Nous tous ici qui sommes dans la communion de l'Église. On a supposé aussi : Nous tous ici qui communions aux memoriae martyrum^.
Les raisons qui doivent faire attribuer le Communicantes au temps du pape Symmaque ont été propo-
1. Et déjà saint Cyprien. De dom. orat. 18 : « Abstenti et non communicantes a caelesti pace separemur... » (pécheurs exclus de la communion pour une faute grave). Cf Optât, vu, 3 et 6. '
2. Cette interprétation se rattacherait à une variante célèbre du texte de l'épître aux Romains (xii, 13) : « Prenez votre part des nécessités (xpstaiç) des saints », dit l'apôtre, et certain sont lu jAveCatç, qui donne en latin memoriis pour necessitatibus. Mais à ce prix on avait memoriis. sanctorum communicantes, leçon de l'ancienne version latine, leçon reçue à Rome (et eu Afrique) et qui persévère dans le Codex Amialinus, Lagrasge, Romains, p. 304.
séesplus haut, et elles nous dispensent de commenter à nouveau le catalogue d'apôtres et cl -^martyrs qui sont invoqués là. Le pape Grégoire III (731-741), ému sans doute par le faitque les saints du jour, et notamment les confesseurs, fussent oubliés, décréta (en 732) que, après omnium sanclorum tuorum, on ajouterait : Sed et diem natalitium célébrantes sanctorum tuorum martyrum ac confessorum, perfectorumiustorum, quorum soUemnitas hodie in conspectu gloriae tuae celebratur, >» quorum meritis precibusque concédas etc.^ La notice du pape Grégoire III [Lib. pont. t. 1, p. 417) donne une variante à cette formule : il s'agit bien des martyrs et confesseurs dont l'anniversaire est célébré « hodie in conspectu tuae maiestatis », mais on précise « toto in orbe terrarum » : les saints commémorés sont ceux de l'Eglise universelle, non ceux de l'Eglise romaine seulement. On trouve trace de l'innovation du pape Grégoire III dans des manuscrits du x®-xii® siècle (Ebner, p. 409-410), elle n'a pas réussi cependant à s'imposer. Dans d'autres manuscrits on trouve des noms de saints introduits par la dévotion locale parmi les noms du canon romain : ainsi certains manuscrits du Sacramentaire Gélasien (WilsoN, p. 234) intercalent après saints Côme et Damien : Dionysii, Rustici et Eleutkerii, Hilarii, Martini, Augustini, Gregorii, Hieronymi, Benedicti. Pareilles insertions sont des indices de provenance (Ebner, p. 408-409). Aucune n'a prévalu contre le catalogue romain du pape Symmaque.
La rubrique qui prescrit au célébrant de tenir les
\. Le décret est reproduit par Ducuksne, Lib. pont. 1. 1, p. 422.
mains étendues sur l'hostie et le calice en disant la prière Hanc igitur ohlationem et la suite jusqu'à Per Christum Dominum nostrum [Amen], est une rubrique , qui ne date que du xv^ siècle, inspirée, dit-on, par le texte du Lévitique qui prescrit de poser la main sur la tête de la victime que l'on offre, afin d'exprimer par ce geste que le prêtre l'ofïre pour son expiation personnelle [Lev. i, 4; Exod. xxix, 10). Cette rubrique tardive, consacrée par le Missel Romain de saint Pie V, et dont nous ignorons d'où elle vient, s'est substituée à un usage plus ancien, dont on trouve trace au xi° siècle (chez Bernoldde Constance), auxiiiesiècle(chezDuranddeMende), et qui était que le célébrant prononçait la prière Hanc igitur en s'inclinant profondément. L'usage de s'incliner ainsi a été très répandu jusqu'au xvi® siècle, sans être jamais général. On peut penser que cette inclination profonde est le commentaire des mots servituiis nostrae. Quant aux mots servitutis nostrae, on les entend du célébrant, tandis que familiae tuae désigne l'assistance et mieux encore l'Église ^ comme dans cette oraison que le Sacramentaire Grégorien donne aux vêpres de la fête des saints Pierre et Paul (WiLsoN, p. 88) :
Familiam tuam, Domine, propitius intuere et apostolicis défende praesidiis, ut eorum precibus gubernetur quibus nititur te constituente principibus. Per.
Les mots introduits par saint Grégoire expriment la demande que la famille de Dieu doit lui faire de la
i. s. LEON. Epistul. CVin, 3 : «Ut si quid per servitutem nostram.,. impletiHP effectu... » Servitus nostra, .notre ministère. Cf. s. Léon. Serm. n, 2; m, 1; iv, 1, 4; etc.
paix qui n'est pas selon le monde, la paix de Dieu, diesque nostros in tua pace disponas. Cette paix n'est pas celle de l'empire romain, mais des âmes. Que Dieu nous préserve de la damnation [atque ab aeterna damnatione nos eripi) , qu'il nous mette au nombre de ses élus [et in electorum tuorum iiibeas grege numerari).
Toutes les prières qui se placent entre le Sanctus et le Quipridie (si nous exceptons le Communicante^) sont des prières d'oiîrande : le célébrant présente le pain et le vin, les ohlata des ojferentes, et il exprime à quelles intentions cette offrande est faite. Le Quam oblationem reprend le thème, il demande à Dieu que . cette offrande (matérielle) soit par lui bénie sans réserve {in omnibus), reçue [adscriptam) ^ ratifiée [j^atam), raisonnable^, agréable {aoceptabilem'^)^9\\u qu'elle devienne le corps et le sang de notre Seigneur Jésus Christ, le fils bien-aimé de Dieu : par ces derniers mots nous nous élevons de l'ordre de l'offrande (matérielle) à l'ordre du sacrement. Le mot benedietam suggère le signe de croix que le célébrant dessine trois fois sur les oblats considérés comme un tout, puis séparément sur le pain qui va devenir le corps du Sauveur, sur le vin qMi va devenir son sang •*. Les liturgistes récents qui ont proposé de voir dans le Quam oblationem l'épiclèse de la liturgie
1. Rapprochez cette oraison du Sacramentairc Léoniea (Feltoe, p. G4) : « Omnipotens sempiterue Deus, qui offerenda tuo nomini tribuis, et oblata deuotioni nostrae servitutis adscribis... » Adsçribere revient à porter à l'avoir de quelqu'un.
2. Cf. Grkgor. Moral. XVII, 30 : « Requirendus crathomo qui pro hominibus olîerri debuisset, ut pro rationali peccante rationalis liostia «jactaretur ».
3. Ibid, xxiji, 1, 6 : « Haereticorma sacrificia accepta Deo esse non possunt, nisi pro eis universalis Ecclesiae maQibtt& offerantur ».