‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 68 sur 97 · L'eucharistie, p · texte numérisé non relu

L'eucharistie, p

2. Pour saint Ambroise, ihid. p. 336-338. La doctrine d'Ambroise devient celle d'Augustin : Sermo, vi, 3 (de la coll. Michel Denys). A rapprocher Pseudo- Augustin. Quaestiones, cix, (1 éd. Sou- TER,p. 237) : c domini mysterium in lis verbis quae ipsum complectuntur ac memorant opéra lur (régula traditionis dominicae) •.

crés successivement, ou faut-il attendre que la parole consécratoire ait été dite sur le calice pour que du même coup la parole prononcée sur le pain sortisse son efficacité? Cette seconde opinion avait des tenants considérables à l'université de Paris, tels que Pierre le Mangeur [f 1178), Pierre le Chantre [f 1197), qui furent l'un et l'autre chanceliers de l'université. Avec d'autres, Pierre de Poitiers (-f- 1207), qui fut lui aussi chancelier, énonce que le moment de la consécration n'est pas révélé, et que les deux opinions sont soutenables, encore qu'il incline à la , première, qui est défendue notamment par un autre théologien de Paris, plus tard cardinal et archevêque de Cantorbery, le célèbre Etienne Langton^. Innocent III, dans son traité De sacro altaris-mysterio (ÏV, 22), mentionne la controverse sans vouloir - preûdre théoriquement parti.

Plus décidé, l'évêque de Paris, Eudes de Sully (1196-1208), dans des statuts synodaux dont on ignore la date exacte, prescrivit à ses prêtres d'élever la sainte hostie après avoir prononcé le Hoc est corpus meum, afin qu'elle pût être vue de tout le peuple, « utpossit ah omnibus viderir) ^. L'acte d*Eudes de Sully est la plus ancienne attestation de cette ostension de la sainte hostie au peuple. La pratique s'en répandit de Paris dans la chrétienté'. Inno-

1. L'histoire du rite de l'élévation a été faite naguère (1907J admirablement par le P. Thurston, dont les recherches, publiées dans The Tablet, sont rapportées dans l'article « Élévation » (1911), du Dictionnaire de Vacant.

. 2. Odon. PabisieS. Synod. ConstituL Comm. praecept. 28 (Hansi, t.. XXII, p. 682).

3. Saint Thomas d'Aquin (III, lxxviii, 6) a tout un article sur la question de savoir « utrum forma consecrationis panis consequatur sunm effectum antequam perficiatur forma consecrationis vini ».ril

cent m (1198-1216), dans le traité du sacrement de l'autel qui est antérieur (nous l'avons dit) à son pontificat, ne connaît rien du rite de l'élévation de l'hostie, que son successeur Honorius III, dès 1219, suppose au contraire établi, acquis, et qu'il prescrit aux évoques d'Irlande de faire observera VOrdo romanus XIIl, qui est du temps du pape Grégoire X (1271-1276), nous apprend qu'elle est observée à Rome : « In eleçaiione corpoins Christi », y estril dit (n. 19) des clercs qui entourent le pape célébrant pontifîcalemènt la messe, « prosternant se ad terram et adorent... ». Il n'est parlé que de l'élévation de la sainte hostie, non de l'élévation du calice. Il faut attendre le xiv' siècle pour rencontrer la pratique de l'élévation du calice. Elle est mentionnée pour la première fois dans VOrdo romanus XIV (en 1311), qui est un cérémonial pontifical du temps du pape Clément V, le premier des papes d'Avignon. Le pontife, y lisons-nous, « prononce distinctement et dévotement les paroles de la consécration, lesquelles étant dites, lui-même d'abord adorera d'une inclinaison de tête le corps sacré de Dieu; puis, avec révérence et attention, il Télèvera en haut pour le faire adorer du peuple, et, quand la sainte hostie

mentionne la controverse d'antan {guidam antiqui doctoi-es dtxerunt...), qui discutait si les deux, formes s'attendent pour agir. Il se prononce dans le sens désormais reçu, en faisant valoir que, sitôt prononcées les paroles de la consécration du pain, « hostia consecrata proponitur popuIô adoranda, quod non fieret, si non ibi esset corpus Christi, quia hoc ad idololatriam periineret ». On sait que la composition de la Somme se place entre 1265 et 1274.

1. POTTHAST, Regesta pontif. rom. 0163 : « Sacerdos quilibet fréquenter doceat plebem suam, ut cum in celebratione jnissarum elevaiur hostia salutaris, quilibet reverenter inclinet. » Lettre aux arclicvêques et évêques d'Irlande, 19 nov. 1219, insérée dans le Corpus iuris ean. D$ eelebr. 10.

aura été adorée, il la déposera à sa place ». Le pontife fera de même pour le calice : ayant dit les paroles sacramentelles, qui finissent à remissîonem peccatorum, « il inclinera un peu la tête pour adorer le sang sacré du Seigneur, puis il élèvera (le calice) pour le faire adorer du peuple, comme il a été dit plus haut du corps »^.

La génuflexion eh signe d'adoration s'est substituée à rinclinaison de tête seulement à l'extrême fin du xv^ siècle. Elle est prescrite par VOrdo missae de Burchard, publié d'ordre du pape Alexandre VI en 1502.

L'usage s'est établi de sonner la cloche trois fois à l'élévation de la sainte hostie, « pour que les gens qui ne peuvent chaque jour assister à la messe, puissent, où qu'ils se trouvent, dans les champs ou à la maison, se mettre à genoux et gagner l'indulgence accordée par maints évêques »^. Ainsi s'exprime un concile de Lambeth, de 1281. Le xin* siècle est l'époque où, en Angleterre et en Allemagne, se répand l'usage de cette sonnerie, d'une si dévote inspiration, qui remonte peut-être à Eudes de Sully, et, comme le rite de l'élévation, à la piété de Paris.

Les prières du canon qui suivent la consécration sont comme celles qui la précèdent des prières de présentation. Mais, avant la consécration, le célébrant présente à Dieu l'offrande matérielle des offe"

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