‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 71 sur 97 · Sermo vï, 3 (coll. Michel Denys · texte numérisé non relu

Sermo vï, 3 (coll. Michel Denys

La grande prière eucharistique est achevée et ce qui va suivre peut être désigné par le terme post precem qu'emploie saint Grégoire. Mais la messe étant la cène réitérée, il reste à joindre à la prière ou eucharistie la fraction du pain et la communion. Nous avons à décrire ces deux actes, auxquels la religion de l'Église ajoute la postcommunion.

Dès l'abord, un petit problème se pose dont la solution restera indécise^ .

En Afrique, au temps de saint Augustin, on récitait le Pater après la fraction et avant le baiser de paix qui précède la communion : « Ad hoc dicitis : Amen... Deinde dicitur dominica oratio... Post hoc dicitur : Pax vobiscum ^. » Saint Jérôme,

l.Dans Le génie du rit romain (1920), adaptation de E.fiishoppar DomWilmart, on trouvera p. 84-87 une brève discussion de ce problème.

2. Sermo vi, 3 (colleclion de Micliel Denys). Cf. Serm. xlix, 8; xuii, 13; ccxxvii. Epistul. cxux, 16 : t in celebratione sacramentorum...

LA SAINTE COMMUxNION. 277

dans le Contra Pelagianos \n\, 15), c'est-à-dire sur la fin de 415, suppose que l'oraison dominicale est dite « tous les jours dans le sacrifice du corps » du Christ; ainsi en était-il sans aucun doute à Jérusalem, où résidait saint Jérôme depuis plus de vingtcinq ans ^ . Peut-être l'oraison dominicale a-t-elle été introduite dans la messe par les Églises où l'on célébrait la messe chaque jour, en considération de la demande : « Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien*. » Lasynaxe liturgique quotidienne était, en effet, l'usage de l'Afrique au temps d'Augustin, de Jérusalem au temps de saint Jérôme.

On ne trouve pas trace de la présence de l'oraison dominicale à la messe chez saint Ambroise (Srawley, p. 164). Pas trace dans la liturgie de saint Sérapion de Thmuis {ibid. p. 70), donc en Egypte au temps de saint Athanase, ni chez aucun auteur alexandrin du IV' siècle, y compris saint Cyrille d'Alexandrie (p. 56). Mais il figure dans la messe décrite par l'auteur du De sacramentis (v, 24).

A Rome même, le pape saint Grégoire donne à entendre que l'oraison dominicale a été introduite à la messe par lui à la place où nous la trouvons encore. Il s'en explique dans la lettre à l'évêque de Syracuse Jean, qui lui a marqué sa surprise de voir qu'il fait dire le Pâte?- immédiatement après le

benedicitur (quod eâtinDominl mensa) et sanctificalur et ad distribuendum comminuitur, quam tolaai pelitionem fera omnis Ecclesia dominica eratione concludit ». Soulignez fere : Augustin connaît donc des exceptions.

4. Ub demi-sifede avant saint Jérôme, saint Cyrille est témoin que l'oraison dominicale est dite à Jérusalem quand finit le canon. BniGHTMAN, p. 466. Autant à Antioche d'après saint Jean Chrysostome. Ibid. p. 474.

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