‹ Leçons sur la messe [microform]Chapitre 74 sur 97 · Rapprochez BASa. Epistul. xcin · texte numérisé non relu

Rapprochez BASa. Epistul. xcin

a. Vita s. Melaniae (éd. Raupolla, p. 39) : « Gonsuetudo autem est Romanis ut cum animae egrediuntur communie Domini in ore sit... Accepitque eadem bora commonionem de manu episcopi et compléta oratione respondit : Amen. Exosculatur vero dexteram sancti episcopi ;et recubans laeta aspexit angelos... » Sur ce baisement delà Qiain de l'évêque, voyez la note du cardipal BampoUa, p. 257-259.

En recevant, soit les espèces du pain, soit les espèces du vin, le communiant répondait : Atnen^ . . Ce rite ne s'est conservé qu'à la messe des ordinations, où, quand l'évoque a dit au communiant en mettant sur ses lèvres la sainte hostie : Corpus Domini nostri lesu Christi custodiat te in vitam aeternam, le communiant doit répondre : Amen.

L'évêque distribuait la communion sous l'espèce du pain, le diacre tendait aux communiants le calice ; « Sollemnibus adimpletis^ calicem diaconus offerre praesentibus coepit », écrit saint Cyprien, et l'on voit, en effet, dans son récit, le diacre approcher le calice des lèvres d'une enfant pour la faire boire à même le calice [De laps. 25). VOrdo romanus I nous à montré que, à Rome, au vin^ siècle, les communiants communiaient au calice au moyen d'un tube [pugillaris). Il était malaisé, en effet, de communier tout un peuple à même le calice. Les Orthodoxes, qui ont conservé la communion sous les deux espèces, résolvent la difficulté en trempant le pain dans le vin et en donnant au communiant le pain trempé, intinctum pane?n, en souvenir apparemment du geste du Sauveur à la cène (Ioa. xiii, 26). Cette pratique a eu cours en Occident : au xi^ siècle, déconseillée par Bernold de Constance [MicroL 19) comme contraire à l'authentique règle de Rome, elle est recommandée pour communier le peuple par Jean évêque d'Avranches, comme une précaution à prendre par respect pour le précieux sang, « non auctoritatSf

1. LEO. Sermo xci, 3 : « Sic eacrae mensae communicare debetis ut ûihit prorsus de veritate corporis Christi et sanguinis ambigatis, et frustra ab illis Amen respondetur a quibus contra id quod accipitur disputatur. » Du même, Epislul. ux, 2. Cf. Aug. .Sermo clxxxi, 7 et TracùaL inédit, vu, 1. Psbodo-Ambuos. De sacramentis, IV, 25, Hieuo- NYM. Epislul. ixwiu 2.

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sed summa necessitate timoris sanguinis Christi effusionis ^ ». Au xn" siècle, au contraire, cette pratique de riiostie trempée dans le précieux sang {hostia intincta) est en voie d'être éliminée par la pratique de la communion sous la seule espèce du pain. Le cardinal Robert Pulleyn, grande autorité à Paris et à Oxford, enseigne que les modalités de la communion des laïques ont été par le Sauveur laissées au jugement de l'Église son épouse, a cuius consilio et usu pulchre fit ut caro Christi laids distribualur » [Sentent, lih. viïi, 3).

La piété de l'Occident était amenée insensiblement à s'attacher plus au corpus Christi : n'était-ce pas la sainte hostie, et non le précieux sang, que l'on réservait? N'était-ce pas elle qu'on adorait à l'élévation? La dévotion au- saint Sacrement de l'autel, si encouragée au début du xiii* siècle par les révélations de la bienheureuse Julienne de Mont- Cornillon, à Liège, et provoquant la création en 1246, à Liège, de la fête du corpus Christi, confirmée par Urbain IV en 1264 à la suite du miracle de Bolsène, n'est-elle pas une particulière exaltation de la sainte hostie? Dans les missels décrits parEbner, la communion sous les deux espèces se pratique encore au xii® siècle (Ebner, p. 297, 311), même au xii®-xiii' (p. 346) : elle disparaît alors.

Saint Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique (111, Lxxx, 12), pose la question de savoir s'il est permis de communier au corps du Christ sans communier au sang, et il tranche la question dans le sens de l'affirmative en se fondant sur « l'usage

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