XXIV AVANT-PROPOS
encore de Voraiio fidelium et de Voratio catèchumenorum. Les excommuniés ne peuvent pas prendre part à l'une plus qu'à l'autre.
Page 143. La prière pour l'empereur et pour l'empire est bien décrite par l'Ambrosiaster, commentaire des épitres paulines composé à Rome entre 370 et 375, donc au temps de Valentinien I^'. Notre exégète commentant / Tim. II, 1-2, écrit : « Haec régula ecclesiastica est... qua utuntur sacerdotes nostri, ut pro omnibus supplicent, deprecantes pro regibus huius saeculi, ut subîectas habeant gentes, ut inpacepositi, in tranquillitate mentis et quiète Deo nostro servire poseimus ; crantes etiam jJro iis quibus sublimis potestas est crédita, ut in iustitia et veritate gubernent rem publicam suppeditante rerum abundantia, ut amota perturbatione seditionis succédât laetitia; ... ut sopitis omnibus quae huic imperio infesta et inimica sunt, in affectu pietatis et castitatis Deo servire possimus » (P, L, t. XVII, p. 466).
Page 161. L'explication que je propose là du mot sécréta est fondée sur un texte de. saint Ambroise, Epistul. XIII, 3, où il est dit que l'aventurier Maxime a déclaré au concile de Milan avoir été consacré évêque à Constantinople, secretum esse. Pour dire consacrer évêque, on disait consecrare, on disait benedicere. Nous aurions dans ce texte d'Ambroise l'indice que l'on disait aussi zecernere, et de là on aurait fait sécréta, substantif de formation analogue à collecta de colligere, à missa de mittere. J'ai développé cette hypothèse dans une note parue dans la Strena Buliciana (1924), p. 373-376. Je suis tout le premier à la tenir pour fragile et ne demande qu'à en voir proposer une meilleure.
Page 180. La conception que je proposais là de l'essence du sacrifice de la messe, en 1918, s'est trouvée préluder
AVANT-PROPOS. xxv
de loin à celle du P. M. de la Taille, Mysterium fidei (1921), lequel a bien voulu signaler cette rencontre, op. cit., p. 106.
Page 188. On est heureux de pouvoir désormais renvoyer au livre de M. Lepin, L'idée du sacrifice de la messe d'après les théologiens depuis l'origine jusqu'à nos jours (1926), où l'on verra, p. 637-639, comment notre conception de l'essence du sacrifice, placée dans l'oblation que le Christ fait de lui-même, se rattache à la doctrine du P. de Condren et de Bossuet.
Page 202. Comme spécimen de préfaces latines et sans doute d'Italie du Nord (vers 380). A'oyez Sermonum arianoriim Ifragmenta, 7 (P. L. t. XIII, p. 611-612), G. Mercati, Antiche reliquie lilurgiche (1902).
Page 205. On relira avec fruit, sur le Te Deum, la critique de Dom Cagin par Dom Morin, « Le Te deum type anonyme d'anaphore latine préhistorique (?) », Bévue bénédictine, 1907, p. 180-223. Sur l'attribution du T. D. à Nicetas, BArdenhevver, Gesch. der altkirchl. Lit. t. III (1912), p. 603-605.
Page 210. M. Bréhîer, que j'ai interrogé sur l'âge de l'iconostase, croit que l'iconostase sous sa forme actuelle date du lendemain de la querelle des images, probablement du x^ siècle. Sans doute, il y avait eu auparavant des clôtures entre le sanctuaire et la nef (comme celle de Torcello), mais elles n'étaient pas pleines. Dans les
XXVI , AVANT-PEOPGS.
plus anciennes églises rupestres, fin du ix^, le P. .de Jetrphanion ne trouve que des clôtures basses. Dans /celles du x^-xi"^, il y a des iconostases,
Page 212. S. Ambroise déjà sent le besoin de protéger les saints mystères. De offlc. 1,250 : «Non omnes vident alla mysteriorum, quia operiun:ur a levitis, ne vjdeant qui videre non debent et •suxnant qui servare non possunt. •>
Page 224. Les Amen manquent encore dans nombre de manuscrits décrits par Leroquais, vin* siècle, ix«, x«, xi«, xii% et encore au xiii®. C'est au xii« siècle qu'ils apparaissent.
Page 225. Ce texte 4e Dom «Grerbert fait partie de VOrdo que C. Silva-Tarouca a publié à nouveau et attribué à l'archichantre Jean : « Ad agendas vero raortuorum... Ista est traditio secundum ordinem vel consuetudinem sancte sedis romane ecclesie. .In diebus aut-em s^ptimane, de secunda feria quod estusque in die sabbato, célebrantur missa vel nomina eorum commem.oi*ant, die autem dominica non célebrantur agendas aBaortuorum, nec nomina eorum ad missas recitantur, sed tantum yivorum nomina regum vel principum seuetsacerdotum., vel pro omni populo christiano oblationes vel vota redduntur ».
Grâce à l'inventaire descriptif de Leroquais nous savons maintenant que le mémento dès défuiïts manque au canon de nombreux saoramentaires du ix« siècle, «t encore du x® et du ixi«,
Page 226-229. Je ne vois rien à retenir du travail de A. Baumstark, « Das Communicantes und seine Heiligen-
AVANT-PROPOS^ nxvu
liste », paru dans le Jahrbuch de Dom Casel, 1921, p. 5-33. Dom Wilmart, « Une exposition de la messe ambrosienne », ihid. 1922, p. 60 et 64, rapproche la liste de saints du canon ambrosien de la liste ducanoa romain, et conjecture qu'une liste commune, primitive, romaine, existait, tant à Rome qu'à Milan. Les diptyques du canon milanais paraissent à Dom W. indiquer une intervfôQtion de L'évêque Laurent (490-512).
Page* 247. Sur incolnmitas, voyez Cyprian. Epistul. LXVII, 2 : « ... in precibus... quas (sacerdotes) feciunt pro plebis' dominicae incolumitate. »
Page 251. Le texte Aug. In loa. tract. CXVIII, 5, vaut d'êti^e cité : «. Quid est quod omnes noverunt signum Christi nisi crux Christi? Quod signum nisi adhibeatUr sive frontibiis credentium, sive ipsi aquae ex qua regenerantur, sive oleo quo chrismate unguntur, sive sacrir ficio qiio aluntur, nihii horum rite perficitur ». Rapprocher ce Post pridie mozar-abe : « ... hanc hostiam... per signum crucis sanctifiées et benedicas. » Ferotin, Lih. mozaraà. sacrum. (1912), p. 321.
Page 260. Je ne puis traiter ici la question de i'épiclèse. Je ne puis qu'indiquer deux points capitaux. \°- Il n'y a pas d'invocation consécratoire à l'Esprit saint dans le canon romain, et on ne peut pas prouver qu'il y en ait jamais eu. 2° L'épiclèse grecque, c'est-à-dire l'invocation au saint Esprit pour que par Lui soit opérée la conséGration du pain et du vin, n'est pas ancienne et on ne peut la faire remonter plus haut q.ue le milieu du IV® siècle. Je suis sar ces deux points en parfait accord avec J. A. Robinson,arf . cit. plus haut (p.XIII) du Guaxdiwi.
xxvm AVANT-PROPOS.
Page 261. Aux textes cités de S. Ambroise, joignez In. ps. XXXV III, enarr. 25 : « Et si nimc Christus non yidetur offerre, tamen ipse olîertur in terris quando Christi corpus offertur, imnio ipse offerre manifestatur in nobis cuius sermo sanctiticat sacriticium quod offertur. »
Nous avons, p. 261-264, sur l'institution de l'élévation, adopté la théorie du P. Thurston. La critique faite de cette théorie par E. Dumoutet, Le désir devoir l'hostie et les origines de la dévotion au Saint- Sacrement (1926), apporte ici une précieuse correction.
Il est acquis, et M. D. le confirme, que l'opinion, qui professait que la consécration du pain et du vin n'était effective qu'après la consécration du vin, était une opinion enseignée à Paris par Pierre le Chantre (f 1197) : M. D. verse (p. 38) au débat un passage de sa Summa de sacramentis inédite, qui en apporte la preuve. On sait, grâce à la Gemma ecclesiastica de Girard le Cambrien (-{- 1220) que cette opinion avait été partagée par Pierre le Mangeur 1 1178) etparl'évêque de Paris, Maurice de Sully (f 1196). Elle avait d'autres tenants : M. D. cite une Somme inédite, qui se réclame sur cet article de l'autorité de Pierre le Chantre et parle avec feu de quelques-uns (quidam) qui « presumptuose asserunt et sine omni auctoritate quod una confectio possit esse sine altéra » (p. 40). L'auteur de cette Somme, que l'on croit être Robert de Courçon, fait allusion comme à un événement récent au concile de Paris qui condamna Evrard de Chateauneuf en 1201.
L'évêque de Paris, Eudes de Sully (1196-1208) intervient ici par un de ses statuts synodaux. Mais quel est le sens de ce statut?
L'évêque de Paris ne veut pas que les prêtres, dès qu'ils commencent le Pridie, tiennent l'hostie élevée de telle sorte qu'elle puisse être vue du peuple, mais qu'ils la tiennent devant leur poitrine jusqu'à ce qu'ils aient dit :
AVANT-PROPOS. xxix
Ceci est mon corps, « et tune élèvent eam ita quod possit ab omnibus videri >. L'évêque interdit une pratique qui peut prêter à confusion, en laissant supposer que le pain est déjà le corps du Christ quand il ne l'est pas encore, et il en prescrit une autre qui est proprement l'élévation du corps du Christ, M. D. ne veut pas qu'il ait eu dessein de condamner l'opinion de Pierre le Chantre, qui était une pure opinion d'école, et l'opinion seulement de quelques-uns : en fait, il édictait une rubrique qui interdisait de montrer l'hostie au peuple avant qu'elle fût consacrée, et qui prescrivait de la lui montrer sitôt consacrée.
M. D. croit que cette élévation prescrite par Eudes de Sully lui a été inspirée par la dévotion à voir l'hostie qui se répandait alors. On avait foi que le fait de contempler l'hostie est une faveur, et que les demandes adressées à Dieu à cet instant sont le plus souvent exaucées. De cette dévotion on a un témoin dans la Summa aurea de Guillaume d'Auxerre (f 1232) de peu postérieure à 1215, où on lit : « Multorum petitiones exaudiuntur in ipsa visione corporis Christi », et ailleurs : « Sub utraque specie est totus Christus. Quo facto sacerdos élevât corpus Christi, ut omnes fidèles videant et pétant quod prosit ad salutem. » Dumoutet, p. 18 et 49.
Il nous semble que cette dévotion populaire explique adéquatement l'institution d'Eudes de Sully.
Sur la génuflexion (p. 264) et son apparition tardive, voyez l'article du P. Kramp, « Von der Kniebeuge vor der Eucharistie », Zeitschrift fur kath. Théologie, 1924, p. 154-160.
Page 270, Sur l'ange du sacrifice, et à propos de l'in terprétation par nous maintenue, on pourra consulter M. DE LA Taille et A. d'Alès, « Le sacrifice céleste et l'ange du sacrifice », Recherches de science religieuse , 1^3, p. 218-243, spécialement p. 238, où le P. d'Alès écrit : « Avec quelque bonne volonté on peut inclure
éan» cette désignation) vagàe, Angelm: tuus,le Sefgneur des anges. Y somiïïès-nous rêelïeïû'ent invités pailla tra"ditâ'on Mttéi'alTe: et lâtu-rgique? A mon avis, cela reste d'oitteûx. » — A l'appui de ïïotre interprétation, voyez S'. Gregor-. Merul. XXVI'II, l : « (Scriptura) nunquamPatrem, nunqaaiû Spîritum' sanetum, et non^ nisî pe» incarnationis suae praedicatîonem Filiura angeltim? vocat v. Bapproehez la vision d'e l'ange qui se tient « ex altéra partie aWarîs » où révêque- (îe'Ravenne Jtean (f 433^'^ récite ïes « eanonica verba », Agnèll. LiÔ. pmtif. 4i ('éd. EOh- BfiR Egoer, p. 307>i
Piage 285. J'avais écrit que VOrd'o romanns IIÏ (rx«-x« siècle) est le premier témoin du rit'e qui consiste à mettre d'ans le calice une partie d'e Volilalio du jour. Ce rite est attesté par VO'rdo romantis de rarchichanl're Jean, remis en honneur par S'il va TarOuca, p. 199': « SacerdEos post orationem dominîcam, oratione subsecuta, accipïens oblationes, et ponitipsas in paténam, et frangitmodicum de ipsa obîatione, et miltit in calîcem ter faciendo crucem, et dicit : Fax Domini sit semper vobiscum ».
Page 290, Sur l'Amen prononcé par le communiant, HiERONVM. Epislul. LXXXII,. 2 : « Si munera nostra absque pace offerre non posàumus,. quanto magis Christi corpus accipere ! Qua conscientia ad eucharistiam Cbris*i respondeboAmen, cumde caritate dubitem porrigeatis? i Soulignez munera offerre, eucharisHam porrigere.
Page 292, On consultera G. Constant, Concession à V Allemagne de la communion sous les deux espèces (1923), p. 1-7, pour l'histoire ancienne de l'usage c utraquiste » et sur ses vestiges au xiv* siècle et au xv«. Sur l'utra-
AVANT-PROPOS. xxxi
quisme hiissite et protestant, ibid., p. 7-35. L'auteur, p. 35 et suiv., relève les progrès de l'utraquisme chez les catholiques allemands au xvi« siècle. En 1551, la question est portée à Trente au nom de l'empereur, p. 40. Le concile décide de s'en remettre au pape Pie IV, qui concède la communion du calice, 16 avril 1564, aux germaniques, p. 521-531. Mais la concession est abolie par la suite, en Bavière en 1571, en Autriche en 1584, en Bohême en 1621. Voir tout le copieux récit de Canstant.
Page 294. Leroquais, t. I, p. 82, note dans un sacramentaire du x« siècle cette rubrique, qui provient d'un Ordo romanus évideminent : < Quando apostolicus duas missas célébrât una die, inter eas non lavât os nisi post officium. ■»
Page 321. L'usage du cierge de l'élévation est attesté dès la première moitié du xiii« siècle. Il aurait pour raison, de permettre aux fidèles de voir le corps du Christ, au moment où à l'élévation on le leur montre. DUMOUTET, p. 59-60.
Le présent tirage (1927) diffère des précédents par des retouches ou corrections de détail, p. 7, 8, 10, 14, 17, 30, 45,60, 66,78, 79, 83,86, 95, 101, 105, 118, 124, 128, 129, 135, 137, 139, 141, 150, 161, 170, 173, 190, 192, 193, ?05, 210, 212, 216, 217, 220, 225, 226, 238, 239, 240, 241, 242, 244, 246, 247, 250, 251, 252, 261, 267, 269, 270, 280, 282, 285, 294, 299, 315, 324.