‹ Leçons sur la messeChapitre 22 sur 80 · I.E CEREMONIAL I>E L'OIîDO ROiMANUS I · texte numérisé non relu

I.E CEREMONIAL I>E L'OIîDO ROiMANUS I

vent être ces Sancta, demanderons-nous, sinon les espèces eucharistiques réservées d'une messe antérieure, que Toft a présentées au pape quand il entrait dans la basilique, et qui assurent en une forme sensible la continuité du sacrifice?

Cette énigme n'est pas la seule. On ne voit pas, en eiïet, en quoi la comraixtion des Sancta de la veille au calice du jour se rattache à la parole Pax Domini sit semper vobisciim . Le Pax Domi'ni est essentiellement une formule pour le baiser de paix. Et en effet sitôt que le pape a prononcé Pax Domini, l'archidiacre donne la paix au premier des évêques assistants, puis la paix passe aux autres à tour de rôle, et enfin au peuple. Notez que le pape n'a pas donné la paix à l'archidiacre, il a seulement prononcé le Pax Domini. On peut imaginer qu'un tassement s'est produit; que la commixtion des Sancta au calice se faisait d'abord en silence ; puis venait la paix donnée par le pontife à l'archidiacre et qui passait de proche en proche à toute l'assistance, paix dont le Pax Domini donnait le signal et qui était la préparation prochaine à la communion.

signes de croix et bculeinent : « ... miuil in caiiccm de Sancta, suIjiiinKcns : Fiat tommistio et consecratio corporis cl sanguinis -> etc. VOrOu de Saint-Amand a laissé tomber cette rubrique. — L'Ordo II note que la patène présentée à l'ardiidiacrc est vide {patena Jiuda), et i\ écrit ensuite que l'ofliciant ^ mittit incaiicem de sancta oblata" , ne comprenant plus ic sous de ^iancta et en faisant uue épiiliète à obUtla.ona fiasse du rite désuet à un rile nouveau, celui-là même qui s'est perpétué. — Mabillon, (|ui a très bien vu que les Sancta sont l'eucLaristie réservée d'une messe antérieure, rapproche ce que dit iOrdo / des rites observés à Rome quan<t la messe est célébrée par un évëque, au lieu d'être célébrée |)ar le pape : • Quando diri débet l'ar Domini m t aeniper vobiscum. deportatur a subdiacono oblatiimario particula (èiiucuii quod al. aposi''lico consecratuui est. et dalnr anbidiacouo, ille vcro purrigit episcopo. Al ille, consignandd tribus «icilius et dieeu-lo Par Pomini sit semjier vo'Asrum, mittit in raliceni •.

Un dernier geste : le pontife prend une de ses deux oblatae, il la rompt de manière à laisser une portion (particulam)snv l'autel, et il dispose ce qui reste des deux oblatae sur la patène. — Il quitte alors l'autel et retourne à sa cathedra. — Le geste par lequel le pape vient de déiachemne pa}-ticula de l'un des deux pains qu'il a consacrés, n'est pas encore la fraction, à laquelle il procédera bientôt et avec plus de solennité, Amalaire (III, 35) sait que cette particula restera sur l'autel jusqu'à la fin de la messe. VOrdo I explique ce rite en disant que l'autel ne doit pas demeurer sans sacrifice [altare sine sacrificio non sii] tant que dure la solennité de la messe ^ . Cette explication n'explique pas grand'chose. Peut-être serat-on plus près de la solution, en conjecturant que cette parcelle eucharistique est réservée à la messe d'un autre jour à titre de Sancta.

Le pontife étant retourné à sa cathedra, l'archidiacre est demeuré à l'autel. Il commence par soulever le calice (dans lequel est le vin que le pontife a consacré), et ce calice, confié à un sous-diacre régionnaire, est posé à l'extrémité droite de l'autel. Puis s'approchent, à droite et à gauche de l'autel, les acolytes portant les saccula que nous avons vus entre leurs mains dès le moment de la préface : les sous-diacres ouvrent ces sacs devant l'archidiacre, qui y dépose les oblatae consacrées qui sont sur

1. Au XIII « .sitck', cette rubrique n'e^l plus observée, assure saint Thomas, III, lxxxiii, .j, ad 8 : • Hic tamen ritus non servalur modo, ut scilicet pars servelur us(|ue in fincm missae, propter pericuium •. Il est curieux de noter que la disparition de celte observance coïncide avec l'apparition (xii" siècle) de la suspension disposée au-dessus de l'autel et dans laquelle on place désormais la réserve eucharistique. On en voyait une telle à l'autel majeur de Notre-Dame de Paris encore au xviir siècle

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