‹ Leçons sur la messeChapitre 24 sur 80 · LE CÉRÉMONIAL DE L'ORDO ROMAXUS I · texte numérisé non relu

LE CÉRÉMONIAL DE L'ORDO ROMAXUS I

les diacres l'accompagnent. Pendant qu'il descend, les évèques (prêtres et évoques restent à leurs places au presbyterium) lui disent : lube, domne, lenedicere. Le pape bénit, en disant : Denedicat îios Dominas. Et les évèques répondent : Amen. Après les évèques, les prêtres font de même, et le pape leur repond de même. L'Ordo I mentionne que le pape est salué ainsi à tour de rôle par les moines [monachî), par la Scola, par les « milites draconarii id est qui signa portant » ', par les acolytes qui gardent la coupée des cancels, par les porte-croix (des régions), par les mansionarii iuniores (de la basilique). Et le pape bénit.

Les sept chandeliers et l'encensoir conduisent le pontife au secretarium et s'arrêtent devant la porte du secretarium, où pénètre le pontife et où il se dépouille de ses vêtements sacrés, que reçoivent les sous-diacres pour les passer aux cubicularii. Pendant ce temps, les diacres, aidés par des acolytes, quittent leurs vêtements sacrés en dehors du secretarium. Ces détails sont donnés par VOrdo de Saint- Amand, qui en ajoute un autre plus familier. Le inansionarius prier de l'église où la station vient d'être célébrée, se présente : un mansionarius est depuis le v*-vi° siècle^ le fonctionnaire laïque qui est chargé de la garde et du matériel d'une église : il offre au pape des petits pains [pastillos) sur un plateau d'argent. Viennent alors successivement les diacres, le primicier et le secondicier, le vidame, enfin les sous-diacres, et de la main du pape ils

I. A\cc le I*. Bctsscl (|i. h-2'é), Viu: draconarii. pas diaconarii : ce sont (les |)urtc-drapeaux, seul indice de la pr(?8cnce de gens de la milice r":nainc à la messe i>a|iale.

reçoivent de ces gâteaux. L'Ordo ajoute : « Deinde miscitur pojitifici et celeros suprasci'iptos ». Ce qui signifie que Ton verse à boire au pape et aux susdits. Ce petit rinfrescho serait la fin de la solennité, si nous ne savions d'ailleurs qu'elle est suivie de deux repas : l'un est offert par le pape, l'autre par le vidame. C'est au moment où se chante VAgnus Dei que le pape a donné les noms des invités et que le nomenculator a intimé l'invitation à ceux qui viendront à la table pontificale [ad mensam pontifîcis), tandis que le notaire du vidame l'intimait à ceux qui sont réservés à la table du vidame [ad mensam vicedomini). h'Ordo II témoigne que la liturgie romano-carolingienne n'a pas suivi cet usage bien romain, que VOrdo letVOrdo de Saint-Amand décrivent avec autant de scrupule qu'ils font de rites plus sacrés.

Nous venons de décrire le cérémonial de la messe papale, tel qu'il est fixé à Rome, autour de l'an 700, et que le présente VOrdo ?-omanus I. Partout où la liturgie romaine s'établit, la messe papale est la messe solennelle modèle. On la simplifie nécessairement. Déjà VOrdo romanus I prévoit que, si à Rome la messe est célébrée par un évêque rempla çant le pape, l'évèque devra dire la collecte à l'autel, au côté droit de l'autel, et qu'il procédera à la fraction sur le corporal de l'autel. Joignez à cela qu'il ne devra pas s'asseoir dans la cathedra du pape. Toutefois, à ces détails près, il accomplit tout le reste

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comme le pape, « reliqua omnia similiter ut sum~ /nus pontifex facit ». Quant aux évêques qui sont dans leur cité propre, ils font tout comme le pape : « Episcopi qui cwitatibus praesident, ut su/nmus pontifex ita oinnia peragunt ». La messe papale a une ampleur exceptionnelle du fait du nombreux clergé, soit des titres, soit de la curie, qui y prend part, mais au vii*-viii* siècle la messe papale ne diffère pas d'une messe épiscopale. On comprend qu'elle ait été adoptée telle quelle par les évêques carolingiens.

{jOj'do romanus I ajoute que, si la messe stationale est célébrée par un prêtre, ce prêtre n'a pas le droit de dire le Gloria in excelsis, sinon le jour de l*âques, mais que, pour tout le reste, il célèbre la messe comme la célèbre l'évêque qui remplace le pape. Ainsi la messe papale est aussi bien la messe d'un prêtre. A la limite, la messe privée n'est que la messe papale réduite à sa plus simple expression. Kien n'est plus juste qiie la maxime qui veut que les rubriques de la messe basse s'expliquent par les rubriques de la grand'messe, comme les rubriques de la grand'messe trouvent leur premier état dans les Ordines romains du vTn<' siècle.

Au livre xxn de la Cité de Dieu (ce livre xxii a dû être écrit en 4261, saint Augustin* rapporte un miracle qui s'est produit à Hippone, la guérison soudaine le matin de Pâques d'un étranger nommé Paul, qui, venu de Césarée de Cappadoce, était arrivé à Hippone deux semaines avant Pâques, et émouvait la pitié de tous par le tremblement dont étaient secoués ses membres, effet, disait-on, de la malédiction qu'il avait encourue de sa mère. Ce malheureux venait chaque jour à l'église, et là il demandait sa guérison à des reliques récemment apportées à Hippone de saint Etienne premier martyr, en l'honneur de qui on avait construit une f^orte de memoria ou martyrium adjacent à la basilique. Le jour de Pâques arriva.

Le matin du dimanche, le peuple étant déjà nombreux dans l'église, on vit le malade qui priait en se tenant à la balustrade {cancelli] du martyjium, se prosterner soudain immobile comme un homme qui

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