il'. Dei, XXII, 8 ;éd. Hoffmann, t. H, p
LA MESSK DES CATECHUMENES. lui
dormirait, puis se relever, se tenir debout, délivré de ses convulsions : il était guéri. Aussitôt le peuple éclate en cris de louange à Dieu : « Clamanlium jratulantiumque vocibus eccleaia usquequaque compléta est ». On court prévenir x\ugustin à la place où assis il attendait le moment d'entrer dans l'église.
L'évêque se lève et entre dans léglise qui est pleine de peuple. Les cris de joie retentissent de toute part, on crie : Deo gratias, Deo laudes! Mors l'évêque, arrivé J'imagine) à son siège, salue le peuple : « Salutavi populum ». Les acclamations redoublent. Le silence s'établit enfin. Et on procède à la lecture des saintes Ecritures propres au jour de Pâques :
Facto tandem silentio, scripturarum divinarum siint lecta sollemnia ». Après quoi se place le sermon de l'évêque, où, dit saint Augustin, je parlai brièvement de la douceur de la joie pascale... Nous pouvons négliger le reste du récit.
Ce que nous en venons de rapporter donne une description dans laquelle, quelque trois cents ans avant VOrdo romanus /, on retrouve les traits de lavant-messe romaine. L'entrée de l'évêque est une entrée solennelle (processus). L'évêque attend dans un lieu voisin de la basilique, un sec/-emr/M/w apparemment; il attend assis le moment d'entrer [sedebam processurus). Augustin ne parle pas de chant qui accompagnerait l'entrée de l'évêque. Quant aux acclamations du peuple, dans le présent récit, elles ne semblent avoir rien de liturgique, et manifestent seulement l'émotion occasionnelle des fidèles témoins du miracle. Il convient de rappeler que les assemblées chrétiennes, à pareille époque, manifes-
taient facilement et bruyamment : le silence leur coûtait plus qu'à nous.
L'assemblée liturgique s'ouvre par une salutation de l'évêque à son peuple : « Snlutavi populuni ». Cette salutation, en Afrique, est le Dominus vobiscum^ . Etait-elle suivie dune oraison pareille à notre collecte? On ne le voit pas dans le présent récit, ni dans aucun autre texte que je sache de saint Augustin.
Aussitôt après la salutation, viennent les leçons scriptUTaires. A certains jours, on trouve trace de trois leçons ~ la première est dee prophètes, la seconde des épîtres, la troisième de l'Évangile. « Votre charité a remarqué la première lecture, qui était du prophète Isaïe... Puis est montée la lecture apostolique, à/eind-e ascendil apostolica lectio... » [Sermo XLV, 1). Cependant, Augustin le plus souvent ne parle que de deux lectures, ou, s'il en mentionne trois, c'est qu'il compte comme une lecture le psaume chanté entre l'épître et l'évangile.
Dans le Sernio clxv, prêché à Carthage dans la Basilica Maiorian, vers 412, et qui est une hoaaaélie sur un texte de l'épître aux Éphésiens (m, 13-18), Augustin commence en rappelant à ses auditeurs -qu'on vient de leur lire trois leçons : « Nous avons entendu l'Apôtre, nous avons entendu le Psaume, nous avons entendu l'Evangile : ces trois divines leçons s'accordent à nous inviter à mettre notre espoir dans le Seigneur, non en nous » [Sermo clxv, 1). Dans un autre sermon, qui, s'il n'a pas été prêché à Carthage, est du même temps que le précé-
1. AuG. Tractât, inédit, (éd. Mor.is, 1M8), vir. 3: ■< ûuod audiatis ad mensam Domini, Dominus vobiscum. hoc et quanflo de aliside salutamus dicere solemus, et qiiotiescumque oramus hoc dicimns. •
LA MESSlî L»K.S CATECHUMENES. 10:3
dent, Augustin conlirrnc la règ-le signalée par le sermon de Cartilage : « La première leçon que nous avons entendue était de l'Apôtre (/ Tint, i, 15,..)- Ensuite nous avons chanté le psaume (Ps. xciv). Puis est venue la leçon évan^lique qui nous a montré les dix lépretnc guéris [Luc. xv«, 11..,). Autant que le temps le permet, traitons de ces trois leooas ihas très lectiones), disons quelques mots de chacune » [Sermo clxxvi, 1). Ce second sermon confirme que les leçons sont au nombre de trois : une des épîtres, une des Évangiles, entre les deux un psaume ^
Le psaume n'est pas lu, comme est lue l'épître, comme est lu l'évangile : le psaume est chanté par un lecteur. Voilà pourquoi Augustin peut dire : « Psalmum audivimns ». Mais il est chanté avec reprise à l'unisson par toute l'assistance d'un verset choisi cosnme refrain et qui porte alors le nom de répons. "Nous avons chanté le psaume, noasexhorlant les uns les autres, et disant d'une seule voix, d'un seul cœur : Venite adoremus et prosterna mus ^i » {Sermo clxxvi, 1). Ce Vernie adoremus..., qui est le verset 7 du Ps. xciv, est le répons de l'assistance au chant en solo du lecteur.
L'évangile est suivi du sermon, qui se termine souvent par une prière, invariable dans sa formiule, et qui était prononcée par YoTAitnv post sermonem : Je texte s'en estconservé^. Aussitôt le sermon tini. il ne devait rester dans la basilique que les baptisés, on renvoyait donc les catéchumènes : « Ecce post ser-