I.NCIPIT CANON ACTIONIS
Sursum corda.
Resp. Habemus ad Dominupi.
Gratias agamus Domino Deo nostro.
Resp. Dignuin et iustuni est.
Vere dignuni ol iustuin est...
Le Sacramcntaire Grégorien n'emploie pas le terme actio ^. Ija liturgie romano-carolingienne en
1. EnNF.u, p. 39S-3'Jti, signale le Wire Inciijil canon actionia dans le Sacrainentaiie Gt;lasien, et en outre dans le Missale Fraiicorum (vii« sii'Cle), dans le Sacramcntaire de Gcllone (vin» siècle), etc.
'2. Toutefois le supplément du Sacramcntaire Grégorien — c'est-àdire toute la seconde partie dudit Sacramcntaire en tète de laquelle (Wnsoji.p. li.") liOise lilla Praefnliuncula d'Alcuin (fSOi) — continue de se servir de l'expression infra actionem [lour désigner les rédac-
héritera cependant, comme du mot canon, auquel elle donnera la même compréhension que lui donne le Gélasien. Ainsi le litargiste carolingien Amalaire (au début du ix^ siècle), fidèle à la tradition ancienne romaine, comprend sous le nom de canon tant la préface que ce que nous appelons le canon : le Te igitur, qui est pour nous en tète du canon, est pour Amalaire au milieu [medio canone).
Que voulait donc dire le langage liturgique romain du vi^-vii^ siècle en appelant la préface et le canon canon actionis, actioP Supposerons-nous qu'il faille suppléer actio sacrificii ? C'est peu plausible, car agere sacrificium ne se dit pas. Un sens est au contraire tout indiqué : Vaclio en effet s'ouvre par l'invitation que le célébrant adresse an peuple de rendre grâces avec lui : Gratias agaim/s Domino Deo nostro. Rendre grâces est le thème de la prière que le célébrant va prononcer : Vers dignum et iustuni est ae~ quum et salutare nos tibi semper et ubique gratias agere... Nous avons là bien vraisemblablement l'explication du mot actio, qui sera l'abrégé de gratiarum actio. Or qui dit gratiarum actio ne fait que traduire en latin le mot grec eô/api-jria.
Rendre grâces est une forme de la prière individuelle et aliturgiquc : saint Paul en parle dans ce sens maintes fois, et il en fait une obligation de tous les instants à tous les chrétiens ' . Cependant, rendre grâces s'entend, déjà au ii^ siècle, de la prière prononcée sur le pain et le vin dans les saints mystères : saint Justin, au milieu du ii siècle à
lions propres à certaines messes du Hanc iffilur oblationem (|»»t CTsemple Missa pro reffiOus. p. t87\ 1. Eph. V, 20. Col. in, 17. / Thess. n, 13 ; v, 58. etc.
RiHne, atteste que la métonymie est reçue qui, désignant par le mot eucharistie la prière par laquelle le pain et le vin sont sanctifiés, consacrés, « eucharisties » (comme il dit , désigne par le mot « eucharistie » aussi ce pain et ce vin « eucharisties » ^ . Faisons l'effort indispensable pour réaliser que, dans le langage primitif de l'Église, l'eueharistie est la prière au cours de laquelle et par la vertu de laquelle le pain et le vin sont consacrés. TertuUien parlait ce langage quand il disait : « Super panem Deo gratiarum actionibus fungi » [Adv. Marcion. i, 9],
Un autre terme, archaïque aussi, pour désigner la naesse, est doftunicum.
Dans des interrogatoires de martyrs africains de la persécution dioclétiennc, les martyrs avouent qu'ils ont pris part en dépit des édits qui les interdisaient à des assemblées du culte chrétien, a con/ileba/itur in passionibus suis se collectam et doniinicuin agisse^ ». L'expression dominicuni agere exclut l'hypothèse que dominicuni puisse ici désigner (comme xupiaxo'v en grec) une basilique : le mot désigne sûrement la célébration de l'eucharistie, comme coliecta désigne l'assemblée chrétienne. Saint Cyprien l'emploie avec ce sens. Tu es riche, dit-il à