Rapprocher Xuc. De dono persev. 3a
3. Le Dominus vobiscum de la préface est mentionné par sainl Augustin, Serm. inédit, vi, 3 (de la collection de Michel Denys) ;
par le Su/su/n corda et le Gratias agamus Domino Deo uostro. Dans un sermon encore [Sermo lxviii, 5) saint Augustin a dit : « Les fidèles savent où et quand on prononce Gratias agamus Domino Deo nostr-o : mais qui rend grâces à Dieu sinon celui qui a le cœur en haut au Seigneur, gui sursum cor habet ad Dominum? y> Les fidèles savent, eux seuls savent, parce que ces formules sont réservées à la sanctification du sacrifice, à laquelle seuls (au début du V* siècle encore) ils ont le droit d'assister.
Le Sursum corda-Hahemus ad Dominum est une formule liturgique que nous avons rencontrée déjà chez saint Cyprien. Elle se retrouve dans les liturgies grecques: à Jérusalem, oùelleestattestéeparles Catéchèses de saint Cyrille; à Antioche, par les homélies antiochiennes de saint Jean Chrysostome ^ Saint Augustin, en 390, peut écrire que chaque jour, dans l'univers entier, le genre humain comme d'une seule voix répond qu'il a le cœur en haut au Seigneur, « rcspoiidet sursum corda se habere ad Dominum » De vera relig. 5). L'universalité de la diffusion de cette formule liturgique suggère d'y voir une formule primitive, d'autant qu'elle n'est pas empruntée textuellement à la sainte Ecriture. Elle rappelle le « Quae sursum su?it quaerite » [Col. III, 1) de saint Paul, ou le « Levemus corda nostra cum manibus ad Dominum in caelos » [Lam. III, 41) de Jérémie, sans en dépendre nécessairement. Ilabemus ad Dominum est une expression
• Pûstsalutationeni (|uatn nostis, id est Dow /a ws i'o6t,5CHm, autlistis... a sacerdote : Sursum cor. Kespondetis : Habemus ad Dominum... Sccjuitur sacerdos etdicit : Domino Dca nostro gratias agamus. • I. Briciitman, p. i(w. 473. Srawi.f.y, p. 203.
LE CANOxN ROMAIN. 197
grecque : il est donc vraisemblable que la formule est une création de la liturgie clirétienne la plus ancienne.
On en peut dire autant de la seconde formule Gratias agamus Domino Deo nostvo, à laquelle le peuple répond : Dignum et iiisluni est. Cette formule se retrouve, en effet, dans la liturgie de Jérusalem décrite par saint Cyrille, dans la liturgie d'Antioche attestée par saint Jean Chrysostome, comme dans la liturgie africaine que commente saint Augustin, L'acclamation Dignum et iustum est ne semble pasavoir été exclusivement liturgique. Saint Augustin [Epistul. ccxiii), le jour où il consulte son peuple d'Hippone assemblé dans l'église sur le successeur qu'il s'est choisi, prononce une allocution où il expose son dessein. Le peuple à plusieurs reprises lui marque qu'il approuve tout ce qu'il a décidé, et il le marque par des acclamations répétées : « A populo acclamatum est : Deo gratias, Christo laudes [dictum es^xxiii'^;, Exaudi Christe, Augustino vita [dictum est wi^^).. . Dignus et iustus est dictum est xx*')... Fiat fiât [dictum est \\\^^)... Dignum est, iustum est[dictum xxviii*^*)...» Ces répétitions dacclamations étaient de règle dans les assemblées romaines, au Sénat par exemple. 11 n'y a pas trace que la liturgie ait jamais adopté ces répétitions (sinon dans les litanies, . Mais la liturgie pouvait adopter telle de ces acclamations, et inversement telles acclamations liturgiques devenir une acclamation populaire chrétienne : Tune ou l'autre hypothèse expliquerait que le peuple d'Hippone acclame : Deo ijralias, Christo laudes (notre La us iibi Christe), Exaudi Christe (notre
Christe exaudi nos], et mieux encore Digniis et iustus est, Digniim est, iiistum est\
L'invitation à rendre grâces est suivie immédiatement de la prière d'action de grâces : Vef-e dignum et iustum est... Saint Augustin fait de cette action de grâces le a grand sacrement » du sacrifice de l'Église, sacrement voulant dire ici rite sacré : « Gratias agamus Domino Deo nostro, quod est magnum sacramentum in sacrificio Novi Testamenti » [Epistul. cxL, 48). On souhaiterait que l'évêque d'Hippone nous révèle le contenu du grand sacrement qu'est cette prière, mais il n'en parle que par allusions 2. Nous sommes mieux instruits par les Grecs du iv^ siècle.
Saint Cyrille de Jérusalem résume en quelques lignes l'action de grâces usitée dans son Église : Ion y découvre sans peine qu'elle devait débuter par les mots açiov xal ofxaiov, notre Dignum et iustum est, qu'elle était une louange à Dieu créateur du ciel et de la terre, qu'elle s'achevait sur une transition qui amenait le Sanctus (Brightman, p. 465).
Tandis que saint Cyrille ne donne qu'un résumé, une découverte faite naguère nous a valu le texte même qui servait à un évéque égyptien contemporain de Cyrille de Jérusalem, Sérapion de Thmuis :
Prière de l'oblation de Sérapion évèque.
Il est digne et Juste de te louer, de te chanter^ de te glorifier, toi Père incréè du monogène Jésus Christ... ^.