MANsr, t. VIII, p. 2.30. GuiSAii, t. I. p
souvenir monumental ne les rattache à Rome. Mais on doit rappeler que le pape Symmaque avait restauré la basilique de Sainte-Félicité et la basilique de Sainte-Agnès, qui toutes deux tombaient en ruine [Lib. pontif, t. 1, p. 203 1. Si on demande pourquoi le martyr saint Alexandre est mentionné de préférence à tant d'autres, on peut répondre que le pape Symmaque avait remis en état le cimetière lordanorum (sur la voie Salaria nova) « propter corpus sancti Alexandri » (p, 263). Indice plus frappant, la grande martyre de Catane, sainte Agathe, avait sur la voie Aurélia une basilique bâtie de fond en comble par le pape Symmaque (p. 262j, sans nul doute pour faire pièce à la petite église arienne de Sainte-Agathe des Goths, bâtie dans le quartier de la Suburra par Ricimer, du temps où Ricimer, chef des dernières milices romaines et patrice de Rome, était le maître de la Ville Eternelle 455-472). Le Nobis quoque peccatoribus nous ramène donc comme le Communicantes au pontificat du pape Symmaque, dont on sait par le Liber pontifîcalis que grande fut sa dévotion aux apôtres et aux saints.
Il est beaucoup moins aisé de donner une date à la prière Hanc igitur oblationem. On sait pourtant qu'elle figurait dans le canon romain au temps du pape saint Grégoire, à qui le Liber pontifîcalis (t. I, p. 312] attribue une retouche du liane igitur : « Ilic augmentavit in praedicationem canonis Diesque nostros in tua pace dispone et cetera ».
Le pape Vigile écrit en 538 à l'évêque de Braga ', Profuturus, qui l'a consulté sur divers articles, ceci
I JkFFE, 90" (39 juin 538).
entre autres : « Dans la célébration des messes en aucun temps et ea aucune l'été nous ne varions l'ordre des prières, ordinem precum » {ordo désigne auissi bien le texte des dites prières), et, ajoute le pape, « toujours nous consacrons les dons de l'oblation avec la même formule » [eodem tenore). — L'usage romain, ajouterons-nous, se différencie par là de l'usage svisigothique et de l'usage gallican qui ne maintiennent invariables que les paroles de la consécration le Pridie] et donnent à chaque messe un texte propre du post Sanctus et du post Pridie. — Toutefois, à Rome, continue le pape Vigile, on a poûr Pâques, pour l'Ascension, pour la Pentecôte, pour lÉpiphanie, pour les fêtes des saints, des paragraphes propres à la solennité, « capitula diebus apta subiungimus quitus commemorationem sanctae sollemnitatis auteorumfacimus quorum natalitia celebramus » ; mais le reste est invariable, « cetera çero ordine consueto prosequimur ». Pour bien fixer l'évêque de Braga, le pape lui transmet le texte du canon romain : « ... ipsius canonicae précis textum direximus subter adiectum, quem ex apostoloriim traditione suscepimus. » Et afin que l'on sache à Braga où intercaler ces paragraphes propres, le pape envoie le texte des preces (ou canon) du jour de Pâques : « Et ut caritas tua cognoscat quibus locis aliqua feslivitatibus apta connectes, paschalis diei preces sitnul adiecinius. » — Dune part donc pour consacrer les dons de l'oblation un texte invariable, qualifié de canonica prer, texte qui vient des apôtres. D'autre part, des morceaux propres à la solennité, morceaux où on rappelle, soit la solennité du jour, soit le saint dont on fait le natale.