Ibid. p. 3i7-3i
i. Pour saint Ambroise, ibid. p. 33«-338. La doiHrine d'Anibroise devient celle d'Augpstin : Sermo vi, 3 {de la coll. Michel Denys).
3. Sur ce point j'abonde dans le sens préconisé par Dom Cacin, Eucharistia, p. 70-71. .le m'en cl:iisexpli(|ué dans la Revue du clergé f'ratirais, décembre V.H)H, p. M\-Gt}-2, et dans une lettre au Guardian, 15 décembre I90!i. I.e sentiment do M. Edm. Uisliop était conloroie, dans CosNOLLV, p. 131 cl suiv. Nous avons éti; rejoints depuis par M. Armitagc Rohinson, Guardian, 12 avril lon, p. "292-293.
iiW LEÇONS SUR LA MESSE.
crés successivement, ou faut-il attendre que la parole consécratoire ait été dite sur le calice pour que du même coup la parole prononcée sur le pain sortisse son efficacité? Cette seconde opinion avait des tenants considérables à l'université de Paris, tels que Pierre le Mangeur 7 1178 , Pierre le Chantre (-f- 1197), qui furent l'un et l'autre chanceliers de l'université. Avec d'autres, Pierre de Poitiers (-{- 1207!, qui fut lui aussi chancelier, énonce que le moment de la consécration n'est pas révélé, et que les deux opinions sont soutenables. encore qu'il incline à la première, qui est défendue notamment par un autre théologien de Paris, plus tard cardinal et archevêque de Cantorbery. le célèbre Etienne Langton'. Innocent III, dans son traité De sacro altaris ?npsterio (tV, 22;, mentionne la controverse sans vouloir prendre théoriquement parti.
Plus décidé, l'évêque de Paris, Eudes de Sully (1196-1208i, dans des statuts synodaux dont on ignore la date exacte, prescrivit à ses prêtres d'élever la sainte hostie après avoir prononcé le Hoc est coi' pus meum, afin qu'elle pût être vue de tout le peuple, « ut passif ab omnibus videri^) -. L'acte d'Eudes de Sully est la plus ancienne attestation de cette ostension de la sainte hostie au peuple. La pratique s'en répandit de Paris dans la chrétienté -^ Inno-
\. l/liisloirc (la rite de l'élévation a été laite naguère ;iOO") mlinirablement par le P. Thurston. dont les recherches, publiées dans The Tablet, sont rapportées dans l'ai tiole " Êlcvaliou • {I9ll\ du Dictionnaire de Vacam. <
2. OnoN. Parisien. Synod. Constitul. Comm. praecepl. 28 (Mansi, t. XXU, p. ii8-2).
3. Saint Thomas d'Ai(uin (HI. Lxxvni, 6) a tout un article sur la question de savoir « utrum forma consecraliouis panis consequatur suum efTectum antequam perficiatur forma c<nisecrationis vini ».
LE CANON ItO-MAIN. 263
centHI (1198-1216, dans le traité du sacrement de l'autel qui est antérieur nous lavons dit) à son pontificat, ne connaît rien du rite de l'élévation de Ihostie, que son successeur Honorius 111. dès 1219, suppose au contraire établi, acquis, et qu'il prescrit aux évèques d'Irlande de faire observer'. L'Ordo romanus XI II, qui est du temps du pape Grégoire X (1271-1276), nous apprtud quelle est observée à Home : « In elei^alione corporis Christi », y est-il dit fn. 19) des clercs qui entourent le pape célébrant pontificalement la messe, « prosternant se ad terrant et adorent... ». Il n'est parlé que de rélévalion de la sainte hostie, non de l'élévation du calice. il faut attendre le xiv^ siècle pour rencontrer la pratique de l'élévation du calice. Elle est mentionnée pour la première fois dans YOrdo romanus XIV (en 1311;, qui est un cérémonial pontifical du temps du pape Clément Y, le premier des papes d'Avignon. Le pontife, y lisons-nous, « prononce distinctement et dévotement les paroles de la consécration, lesquelles étant dites, lui-même d'abord adorera d'une inclinaison de lèle le corps sacré de Dieu; puis, avec révérence et attention, il l'élèvera en haut pour le faire adorer du peuple, et. fjuand la sainte hostie
mentionne la controverse d'antan {quidam antiqui doctores di.verunt...), qui discutait si les<leux formes s'attendent pc^ur agir. Il se pronon.-e dans le sens désormais rci-u, en taisant valoir que, eitùi prononcées les [)aroles de la consécration du pain, • tioslia conse- ( rata pruponitur populo adoramla, <|Uod non lîeret, si non il>i csset lorpus Christi, (|uia hoc ad ididolauiam periineret ■•. On sait que la compiisition de la Somme se place entre liW» et 1:27*.
1. l'OTruAST, Hegcsta jiontif. rom. aUt-i : « Sacerdos quilibet Irequenter doceat pli-bem snam, ut cum in celehratione missarum clevaiur liostia saluiaris. quilibet roNcrcnter inclinet. •• Lettre au\ •irche\éque8 et évé(|uc3 d'Irlunde, p» nov. tilM, insérée dans le L'orl'ii» iuriacan. De cctebr. 10.
aura été adorée, il la déposera à sa place ». Le pontife fera de même pour le calice : ayant dit les paroles sacramentelles, qui finissent à remissionem peccatoîum, « il inclinera un peu la tête pour adorer le sang sacré du Seigneur, puis il élèvera (le calice) pour le faire adorer du peuple, comme il a été dit plus haut du corps r.K
La génuflexion en signe d'adoration s'est substituée à l'inclinaison de tête seulement à l'extrême fin du xv'^ siècle. Elle est prescrite par VOfdo missae de Burchard, publié d'ordre du pape Alexandre VI en 1502.
L'usage s'est établi de sonner la cloche trois fois à l'élévation de la sainte hostie, « pour que les gens qui ne peuvent chaque jour assister à la messe, puissent, où qu'ils se trouvent, dans les champs ou à la maison, se mettre à genoux et gagner l'indulgence accordée par maints évêques »^. Ainsi s'exprime un concile de Lambeth, de 1281. Le xiii® siècle est l'époque où, en Angleterre et en Allemagne, se répand l'usage de cette sonnerie, d'une si dévote inspiration, qui remonte peut-être à Eudes de Sully, et, comme le rite de l'élévation, à la piété de Paris.
Les prières du canon qui suivent la consécration sont comme celles qui la précèdent des prières de présentation. Mais, avant la consécration, le célébrant présente à Dieu l'offrande matérielle des offe-
i. p. L. LXXVni, 1166.
•i. BniDGETT-TUUItSTON, p 98-99.