LEO. Sermo lui, 3 : • Nos spiritale semen Âbrahae
2. y.ne préface du Sacramentaire Léonien (Feltoe, p. IGl) est :«. rap proclierde ce passage du canon : • V. D. tuae laudis liostiam iugiter immolantes, cuius figuram Abel iustus inslituit, agnus quocjuc legalis oslendit, celebravit Abraham, Melchisedech sacerdos exhibuit, sed verusagnus et aeternus pontiiex hodie natus Chrislus implevit ■.
LE CANON ROMAIN. im
Supplices te rogamus, le célébrant s'incline, les mains jointes, dans l'attitude d'un suppliant que suggère le texte.
lube haec, le célébrant dit haec, comme peu auparavantil disait supra) quae. Le De sacramentis écrit : hanc oblutionem. Que « ces choses » soient portées sur l'autel sublime sous les yeux de la divine majesté par les mains du saint ange de Dieu. In sublime altare tuum in conspectu divinae maiestûtis tuae, per nianus sa net i angeli tui, ces trois traits sont une réminiscence de l'Apocalypse (viii, 3- 5) : « Puis il vint un autre ange, et il se tint près de lautel, un encensoir d'or à la main , on lui donna beaucoup de parfums, pour qu'il fît une offrande des prières de tous les saints sur l'autel d'or qui est devant le trône, et la fumée des parfums, formés des prières des saints, monta de la main de l'ange devant Dieu ». Saint Thomas d'Aquin enseigne que nous ne demandons pas que l'ange porte sur l'autel du ciel le corps du Christ, puisque le corps du Christ ne cesse pas d'être au ciel : l'ange porte sur l'autel du ciel 1 oblation que nous en faisons sur la terre, pour qu'elle soit agréée de Dieu *. L'interprétation qui consistait à identifier avec le Christ en personne lange dont il est parlé ici, est une interprétation aujourd'hui abandonnée. On ne saurait davantage lidentifier avec le saint Esprit. Le De sacramentis confirme notre interprétation, car il ne parle pas
I. S'. Iheul. 111, ixxxiii, 4, ad !». Et saint Tliomas interpiclo Vile mima est ("mal ainsi : • Propter hoc etiain missa nominatur, quia per angelum sacerdos preces ad Deum mittit... Liule et in fine missae diaconus in fcstivis dielius p>>pulum licenliat diccns : Jte missa est scilicet lioslia ad Deum per angelum, ut scilicet sit Deo accepta ». Saint Thomas doit cetle interprc-tation de Vite m. est aux liturgislcs du ix' siècle.
seulement d'un ange, mais d'anges au pluriel, a pei manus angelorutn tuo/'um )j ^.
L'autel sublime est Dieu même considéré dans l'acceptation qu'il fait du sacrifice que le Sauveur lui a offert sur la croix, et que nous lui offrons avec lui dans la messe. Saint Augustin a dit dans ce sens : « Est. et altore covam oculis Dei quo ingvessus est sacerdos qui pro nobis se primas optulit : est caeleste altare^ ». Et dans ce sens aussi l'Evangile ne dit-il pas que l'autel sanctifie le don (Mat. xxiii, 10)? Que donc le corps et le sang du Christ que nous offrons à Dieu soient sanctifiés par l'autel sublime qui est dans le ciel, en d'autres termes, soient agréés de Dieu en sacrifice, notre sacrifice.
Lesliturgistes récents qui veulent voir dans le Supplices te rogamus l'équivalent de l'épiclèse grecque, ont le tort d'interpréter la formule romaine en fonction de formules grecques (ou même gallicanes et wisigothiques) qui sont plus récentes et avec lesquelles elle n'a en réalité pas de points communs. On nous dit que c'est seulement après le prononcé du Supplices te rogamus qu'il est parlé de l'oblation comme du corps et du sang du Christ : cela même n'est pas exact, puisque déjà par le Unde et memores nous avons offert à Dieu « le pain saint de la vie éternelle et le calice du salut perpétuel». L'idée de l'intervention de l'Esprit saint dans le miracle de la consécration est absolument en dehors de la perspective du
\. Rapprocher Gregor. Di'a/og'. iv, 58 : « ... in illo lesu Christi mysterio angeloruin choros adesse, summis inia sociari... »
2. Enarr. inps. xxv, ii, iO. Ibid. xlii, .% : « Est enina quotidam 8ut)lime altare iiivisibile, quo non accedit iniustus,.. » (Mais l.\ autel est pris en un sens moral.) Saint rrcnée parle déjà aussi de l'autel t)ui est dans le ciel et où soni portées nos prit^res et nos offrandes, llaer. iv, 18, 6.
canon romain ', à condition que l'on veuille bien le considérer en soi et l'entendre lui-même par luimême.
En retour de loffrande faite sur 1 autel sublime du ciel, en retour de l'acceptation par la divine majesté du corps et du sang immolés du Christ, il nous sera donné par la communion de participer à l'autel (du ciel) et d'être inondés de toute bénédiction et de toute grâce. Participer à l'autel, cest avoir sa part de la victime immolée : « Ne savez-vous pas que ceux qui servent à l'autel ont part à l'autel? » [I Cor. ix, 13V L'épître aux Hébreux dit de même : « Nous avons un autel dont ceux-là n'ont pas le droit de manger qui restent au service du tabernacle » [Ileh. xni, 10). Que donc l'ange porte notre hostie immaculée à l'autel sublime qu'est Dieu dans le ciel, ut quotqiiot ex hac altaris participatione sacrosanctuni Filil tui corpus et sanguinem siimpserimus, et que tous ceux qui auront part à l'autel, c'est-à-dire à la victime offerte, c'est-à-dire au corps et au sang qu'ils vont recevoir dans la communion, soient remplis de la V)énédiction et de la gn\ce du ciel, omni henedictione vnelesli et gratia repleamnr per eumdem Christum Dnniinum nostrum. [Anwn],
Il ne resterait plus qu'à passer à la communion qui vient d'être annoncée, la prière consécratoire on canon d'action de grâces est en eifet achevée.