TlIAI.IIOrEFl-ElSENUOFCR, t. I, p. (i02-W
certaines liturgies grecques. Ainsi la liturgie dite de saint Marc, immédiatement avant de congédier l'assistance, introduit une bénédiction prononcée parle célébrant sur le peuple, précédée d'une invitation adressée au peuple par le diacre et disant : « Inclinez vos trtes au Seigneur pour les bénédictions »,V//umiliate capita i>estra Deo qui précède chez nous l'oraison Super populum^.
Les oraisons Super populum font toujours allusion au peuple qui assiste à la messo et sur lequel elles appellent la faveur de Dieu. Je citerai quelques exemples :
Tuealur, I)oniine, dextera tua populum deprecantem, purificet, sustenlel, erudiat, ut consolatione praesenli ad bona lutura proficiat. Per.
Omnipotens et- misericor» Deus, qui beatum baptislam loannem tua providenlia deslinasti ut perfectam plebem < lliristo Domino praepararet, da, quaesumus, ut familia tua liuius intercessione praeconis etapeccatis omnibus exuatur, iH ad eum quem prophelavit perveniat. Per.
Super populum luum, Domine, quaesumus, benedictio copio«a descendat, indulf^entia veniat, consolatio tribuatui-, lides sancta succrescat, ivdemptio sempiterna firmetur. Per.
Oregem luum, Pater bono, placatus intende, et per beatos; apostolos perpétua protectione custodi, quos lotius Ecclesiae praestili>li l'illi lui vicarios esse pastores. Per'.
\. Brujiitman, |). 14-j. Autant dans la liturgie de saint Jacques, ihid. I». 6«-67. Rien d'analogue dans celles de saint Jean Ciirysostome et df saint Basile, les Benedictiones c/ns'-opales de la liturgie gallicane sont elles aussi précédées de l'invitation du diacre : Humiliatc.vos rid benedirtio/iem, formule donnée par l'Ordo de Ratoldus de Corbie /'. /.. t. I.XXVni, p. 24'»).
i. L'oraison Tueatnr csl auLéonien,et dans une rédaction un peu différente au Gélasien et au (Ircgorien. 1,'orai-ion Omnipotens est an Léonicn et au (;rt'gorien. 1. 'oraison Siii>er est au I.éonien, au Gélasien. l/oraison Greyem est au l.t'onien seul.
302 LEÇONS SUK I.A MESSE.
L'assemblée chrétienne nesL pas un spectacle dont on ait le droit de se retirer à sa guise : elle est une séance présidée par l'évêque, ouverte par lui, levée par lui. L'assistance est donc par lui congédiée en forme : Ite, missn est. Tertullien fait allusion à cette rèsfle : « Post transacta sollemnia dimissa plèbe... » De anima, 9} :1e peuple est congédié. On disait à Rome des séances du sénat : Senatum mittere ou dimittere^ . La formule Ile missa est, et aussi bien la réponse Deo gratias de l'assistance, est donnée par les Ordines romani purs romains du vm* siècle. Par sa latinité, par le sens qu'elle donne au mot missa, elle est antérieure au vi<= siècle.
Le diacre prononce Vite missa est, car il est d'e l'ofiice du diacre de donner à l'assistance les avis qui la concernent.
UOrdo romanns I 'dans sa seconde partie qui est plus récente que la première et doit être de l'extrême fin du viii^ siècle; décrit la liturgie du carême et mentionne que, à la fin de la messe papale tant des dimanches que des fériés, le diacre dit Ite missa est. Au xi^ siècle, au contraire, la coutume substitue' à Vite missa est le Benedicamus Domino dans toutes les messes qui n'ont pas de Gloria in excelsis : cette règle est celle que donne Bcrnold de Constance dans son Micrologus. 11 suppose que, le Gloria in
1. >lo.MMSE.\> Droit public romain, t. VII. p. 191, cf. Avit. V^E^N. Kpistul. I domno Gundobaldo régi : • ... in ecclesiis paialiis(jue sive pracioriis missa fieri pronuntiatur cum ])0i)ulu5 al) oJjservatioue diniittitur •. Ce texte est des environs de l'an 500. — Vuyez plus haut, p. 167.
excelsis étant un chant de joie, 17/6 missa est Test aussi, et donc doit être supprimé les temps de pénitence et de tristesse. Cette explication paraîtra fort arbitraire, encore qu'elle ait été acceptée par tous les liturgistes, car on ne voit pas en quoi dire : Bénissons le Seigneur, est plus triste que dire : Allez, on vous congédie. L'explication de Bernold suggère cependant que, le Gloria in excelsis ayant été réservé à la messe célébrée par l'évèque, il en a pu être de même de Vite missa est, qui implique une idée, non de tristesse, mais dautorité : un simple prêtre, qui n'avait pas le droit de dire le Gloria in e vcelsis, remplaçait Vite missa est par le Benedic'mus Domino qui est plus humble.
Nous avons dit ailleurs que ce qui suit aujourd'hui dans l'ordinaire de la messe est, le Placeat une première addition, la bénédiction une seconde addition, l'évangile de saint Jean la dernière, et nous
;i avons dit l'origine tardive. Nous n'y reviendrons
as.
l.'Ite missa est pourrait être le dernier mot de la messe, le peuple répond cependant au diacre : Deo ^ratiaSy et on se sépare sur cette acclamation de reconnaissance.