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i. Les rubriques de la messe basse, en sus des deux cierges prévus pour l'autel, prescrivent irallumer une torche [intorlicium], inmK^diatement avant réiévalion : cette tnrclie doit rester allumée jusqu'après la cummuniou. Elle est posée sur l'autel du côté de l'épiire. Les Dominicains sont restés fidèles à celte rubri(iue, tonvbée en désucluflo à |)eu près dans toutes les églises, passé le xvr siècle. La grand'messe au contraire a conservé l'usage d'atnener soit deux, soit quatre intorlicUi. au i>ieil de l'autel pour l'élévation, quitte à les retirer aussitôt après l'élévalio n. Kegrcttons le ciorgo surnuméraire de la messe basse, dont le symbolisme exprimait lin hommage rendu à la présence réelle.
L'oraison dominicale est au seuil de la préparation à la communion. Elle est une invitation à la communion quotidienne : Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien, TEacharistie. Et parce que, conformément au précepte de saint Paul, Tliomme doit s'éprouver soi-même avant de manger de ce' pain, nous demandons au Père qui est aux cieux de nous pardonner nos ofienses comme nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés. Qu'en retour Dieu nous donne la paix, comme nous allons la donner nous-mêmes à nos frères dans le baiser de paix. Dieu, qui s'est réconcilié le monde dans le Christ, veut que dans le Christ aussi nous nous réconciliions nos frères, ou que tout au moins nous leur témoignions laffection dont le Christ a fait pour les chrétiens un devoir.
Le geste du baiser de paix n'est plus* guère reconnaissable aujourd'hui dans la liturgie. Il n'existe plus qu'à l'état d'indication. Les fidèles en sont exclus. Souhaitons que la charité, qui seule importe, n'y perde rien.
Le rite de la fraction du pain a perdu son relief, dommage plus sensible, puisque la fraction du pain était un geste du Sauveur à la cène. Le rite a perdu pareillement de sa simplicité, du fait de la divi&ion de l'hostie en trois parts dont l'une e&t trempée dans le précieux sang. Les sens mystiques attachés à cette division en trois n'ont pas contribué à dégager le sens vrai et littéral. Vous les écarterez, pour ne penser qu'au mot évangélique : Fregit.
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Vous imiterez les disciples d'Emmaiis qui reconnaissent le Seigaeur à la fraction du pain (Llx. XXIV, 35). Vous vous direz que ce pain est rompu pour VOUS; et que par le rite l'invitation vous est adressée à en prendre votre part.
La pratique de la communion quotidienne, redevenue si chère à tant de nos fidèles d'aujourd'hui, en France, est un retour à la piété romaine du iv*^ et du v*^' siècle. Sainte Mélanie « communiait au corps du Seigneur » chaque jour, « et telle est la pratique des Romains », raconte sa 17/(7, qui fait remonter cette pratique à Tépiscopat du bienheureux apôtre Pierre*. La foi de sainte Mélanie lui montrait dans la communion quotidienne une préservation pour son âme, « tiitelam animae ». Nous avons relevé dans les oraisons de la liturgie romaine Post cornmunionem la vertu purificatrice et sanctificatrice do la communion : rien n'est moins janséniste que la liturgie, étant bien entendu cependant qu'elle interdit la sainte table aux indignes.
Les trois j)rières que le prêtre prononce à voix basse avant de communier, Domine lesu Christefili Dei vivi...^ peuvent être pour les fidèles les plus belles prières de préparation à la communion. Nous leur conseillons de les adapter, de les méditer, d'en
1. \'ila,^-l. Sur la communion qiiolulienne à Home à celte époque, Rami'OLla, p. ioO-i">â, qui signale le ivliciienient de l'Orient (déploré l>ar S. Jean Clirysoslome) en rontinslc avec la lerveiir do l'Occident. Rapprochez De sucramenlis, \. •2i,
nourrir leur dévotion : ils ne trouveront pas daliment plus sain.
« Qui vult vivere, habet ubi vivat, liabet unde vivat : accédât, credat: incorporètur, ut vivificetur » , ainsi s'exprimait la piété de saint Augustin. Et celte piété aussi s'émouvait à la pensée que, par la communion de ses fidèles aîi corps sacramentel du Christ, l'unité de l'Eglise arrivait à sa perfection. Nous sommes moins sensibles à cette vue, mais elle n'est pas négligeable. Vous devez apprendre à dire avec Augustin de la sainte communion, particulièrement de telle communion mensuelle que vous avez la joie de faire en union avec tels de vos frères : « O sacramentum pietatis, o signum unitatis, o vinculum caritatis * ! » Votre pensée devra s'élever plus haut encore, embrasser toute l'Eglise, demander à Dieu l'avènement de son royaume, même en ce monde, même et surtout en cette heure où la chrétienté est en sang. Vous ferez vôtre cette prière qui se disait dans la primitive Eglise et que nous a conservée la Didachédes Apôtres (un écrit delà fin du i"" siècle :
« Comme ce pain rompu, autrefois disséminé sur les montagnes, a été recueilli pour devenir un. qu'ainsi ton Église soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton royaume, car à toi est la gloire et la puissance par Jésus Christ dans les siècles. »
J'ai eu loccasion d'exprimer, voici quelques années, le vœu que quelqu'un entreprenne d'écrire une histoire de la piété eucharistique dans les premiers siècles. Que d'admirables expressions on recueillerait de la dévotion de l'Église et des saints envers